‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 158 sur 223 · CONCLUSION DE L'ALLIANCE DE HANOVRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE L'ALLIANCE DE HANOVRE

A l'alliance h îspano -allemande, le duc de Bourbon et Georges l" d'Angleterre opposèrent l'alliance de Hanovre, signée le 3 septembre )7S&, entre la France, la Grande-Bretagne el la Prusse. Quoique, chaque groupe de Puissances pri^tendit n'avoir pour but que de maintenir la paix, de chaque cAté, on fit des préparatifs de guerre et chacun s'efforça de recruter des adhérents.

Il était probable que, dans ces conditions, le roi de Sardaigne serait l'objet de vives sollicitations. Le comte de Cambis reçut l'ordre de retournerimmédiatement àson poste (octobre I72S). De nouvelles instructions très détaillées lui furent données avant son départ. Il devait empocher Victor-Amédée d'entrer dans l'alliance hispanoallemande, lui communiquer le traité de Hanovre, et tâcher de le décider & j donner son adhésion.- Dans le cas où le roi de Sardaigne manifesterait le désir d'obtenir certains avantages pour prix de son alliance, l'ambassadeur du Roi devait tâcher de l'amener à indiquer lui-même ce qu'il souhaitait.

Rentré k Turin le 14 novembre 1725, le comte de Cambis s'auvril aussitôt, suivant ses instructions, à Victor-Amédée. Mais il ne put amener le prince picmontais & sortir de sa réserve. 11 quitta Turin [avril 1728), sans avoir atteint le but assigné à ses efforts.

Les instructions suivantes furent remises au comte de Cambis pour la mission à la cour du roi de Sardaigne. Les diverses pièces dont illes Se composent portent toutes la date de l'année 1725. Charleseau- Baptiste Fleuriau d'Armenonville , comte de Morville, était lors secrétaire d'État des Affaires Étrangères.

ÉHOIRË POUR SERVIK D INSTRLCTIOK AU SIBI!B COMTE DE CAMBIS, LIEU- TENANT DES GARDES DU CORPS DD ROI, GRAND-CROIX DE l'oBDRE DE SAINT-LOUIS, MARÉCHAL DE CAMP DES AHMËES DE SA HAJESlé, GOU- VERKEUn DES VILLE, VIGUEBIE ET CITADELLE DE SISTE&ON ET DES TOURS DE VILLENEUVE-LES- AVIGNON. ALLANT EN QUALITÉ d'aHBASSA- DECR DU ROI AUPRÈS DU BOI DE SARDAIGNE.

Aff. Elr. Carr. Turin, vol. CXLI, fol. 49, et Toi. CXLIII. fol. S.

VersiiUeï. 25 février i72&.

Quoique le roi de Sardaigne ne soit pas au rang des princi- Ics tètes couronnées de l'Europe, cependant il a su de tout

temps s'attirer une considération fort au-dessus de celle qu'aiiroit pu lui procurer la médiocrité de sa puissance, et le pett d'étendue de ses Etats héréditaires. C'est ce qui fait que la Roi regarde l'emploi de son ambassadeur auprès de ce Princ* comme très important : iiussi Sa Majesté le confie-l-ellc aujourd'hui au sieur comte de Cambis, dont les talents aussi bien que le zèle pour son sorvico. et rattachement pour la personne de Sa Majesté, sont depuis longtemps éprouvés et reconnus.

Lorsqu'elle le destina, il y a plusieurs mois, à ce mèrac emploi, elle avoit lieu de croire que l'on ne tarderoît pas à étp» en état de juger quelle seroit l'issue du congrès de Cambrai.

Il seroil véritablemcnl foi't à désirer, pour donner au comte de Cambis un objet fixe et déterminé à suivre, de savoir si ce congrès produira la consommation de la paix à laquelle oB travaille depuis si longtemps, ou si, se séparant sans aucune conclusion, il laissera l'Europe exposée au renouveltemcnt d'une guerre qui sera h craindre, aussi longtemps qu'un traiU délinitif, entre l'Empereur et le Roi Catholique, n'aura pu éteint pour toujours les dilTérends auxquels la succession à U monarchie d'Espagne a donné lieu.

Mais les négociations ayant fait si peu de progrès qu'ellet laissent encore dans une entière obscurité sur le sort dU' congrès. Sa Majesté juge qu'il ne convient plus de différer départ de l'ambassadeur qu'Elle envoie auprès du roi de Sar^ daigne, el elle veul que le comte de Cambis se rnett très peu de jours, en chemin pour se rendre à Turin. Tout qui revient depuis quelques mois, porte à croire qu'il y vu et reçu avec plaisir par le roi de Sardaignc, qui a lar échapper plusieurs fois des témoignages du désir de l'avoir h il cour.

Quel que soit le motif d'une pareille démonstration de pari de ce prince, la présence du comte de Cambis à Turin peut être que 1res utile au service du Roi. Car si le roi di Sardaignc n'a souhaité son arrivée que dans l'espérance faire croire à la cour de Vienne qu'il est recherché par le Roi] on en doit conclure qu'il y a entre cette même cour et celle di Turin qm;lquc négociation, ou du moins, qu'elles y sont dii

PROJET DE LUISO^ AVEC LE ROI DE SARDAiGNE. 31S

posées. Alors le séjour à Turin d'un ministre du Roi aussi intelligent et aussi pénétrant que l'est le sieur comte de Cambis, peut servir à faire découvrir, au moins en partie, ce qui se passe. Et l'avantage qui résultera pour les iatérèts du Roi d'Ôtre éclairci à cet égard, est plus à désirer que celui qu'il y auroit à priver le roi de Sardaigne d'un moyen de se faire valoir à Vienne. Si au contraire ce prince, en souhaitant un ambassadeur de Sa Majesté, a de bonnes intentions, il n'y a point de temps à perdre pour tâcher de les rendre effectives.

Dans l'incertitude oii l'on est du tour que prendront les all'aires de l'Europe, le Roi n'estimeroit rien de plus convenable et même de plus nécessaire, que de former des liaisons «vec le roi de Sardaiguc. C'est sur cette connoissance des intentions du Roi que le comte de Cambis, non seulement commencera son ministère, mais encore il s'y conformera, aussi longtemps que les ordres et les instructions qu'il recevra de Sa Majesté dans la suite, ne lui marqueront point qu'Elle ait changé de sentiment.

Outre cet objet qu'il aura toujours présent, il y en a quelques aulres qu'il doit avoir aussi conslamraent devant les yeux.

Premièrement, le Roi désire plus que toutes choses, la continuation de la paix dont l'Europe jouit aujourd'hui.

Secondement, 8a Majesté veut que ses ministres dans les pays étrangers s'appliquent à persuader les souverains auprès desquels ils résident, que son union avec le roi d'Angleterre, lussi intime que jamais, est invariable.

Troisièmement, son intention est qu'ils n'apportent pas noins de soin à faire regarder la bonne intelligence, l'amitié ;t la confiance entre Sa Majesté et le Roi Catholique comme )ortées au plus haut point et établies d'une manière bien pcrnanente.

Quatrièmement, il faut qu'un ambassadeur du Roi, en [Uelquc lieu qu'il se trouve, ne laisse jamais rien échapper ;ui ne tende à convaincre que Sa Majesté, contente de la puisancc et des Etats que Dieu lui a donnés, n'est et ne sera point Qsceptîble de vues ni de désirs d'agrandissement; qu'elle ne

raile donc autre chose que l'accomplissement des traités

316 LE COMTE DE CAMBIS. 172S-)7a8.

faits pour perpétuer la paix dans l'Europe; qu'ainsi dans les mesures que les autres souverajus pourroient prendrn avec elle, soit pour assurer cotte paix, soit pour Is rétablir «laii» le cas où elle viendi-oil à être rompue, ils ne suuroienl jamais y trouver que de t^^s grands avantages, puisque les stipulations qui seroient faites, ou leur procurrroient la guranlie du Roi pour ce qu'ils possèdent aujourd'hui, nu bien kur promet- Iroient tout le fruit du succès que l'on auroit contre l'aggresseur, Sa Majesté, dans les sentiments ofi elle est aujourd'hui, ne pouvant se proposer de rien gagner pour elle-même, dans une guerre qu'on l'obligeroit à renouveler. C'est ce qu'il importe que le roi de Sardaignc rcconnoisse et sente plus qu» toute autre puissance.

Cinquièmement, un ambassadeur du Roi, en quelque cour que ce soit, doit toujours parler de la IJuadruple Alliance comme d'un traité dont le Boi procurera l'accomplissement à quelque prix que ce puisse être. Mais ce m&mo traité ayant été si peu satisfaisant pour le roi de Sardaigne, il ne faut pas que le comte de Cambis s'cîtudie autant que le feroit un ministre de Francs en un autre pays, à en faire l'apolngic. Il se contentera, dan* les cas oîi le roi de Sardiiigne discutera cette matière avec lai, de le jusliticr plutôt par l'objet que l'on a eu en le faisant, que par les conditions qui le forment ; car il seroit difficile de le persuader qu'il a dû être content d'avoir la Sardaigne pour dédommagement do la Sicile.

L'accomplissement de ce traité, si l'on en excepte la d(?livrance qui fut faite, il y a troi2e mois, dos investitures éventuelles des Etats de Toscane et de Parme pour l'infant Don Carlos', n'est pas plus avancé aujourd'hui qu'il l'étoît lorsque le congrès do Cambrai a commencé de se former et, jusqu'i présent, on n'est encore convenu, ni même prêt de convenir sur aucun point do ceux qui restent à régler pour perfectionner l'ouvrage de paix, les parties intéressées n'ayant jamais laissé entrevoir la moindre disposition à se relâcher. Le Roi instruit

I . Don Carto», flU de Philippa V, Pirme en 1131, puia roi de Nitplo* 17X8 sous le □om de Chu-lel lU.

le comte de Cambis de cette vi?ritable situation des choses, aRn i[ue, dans ses entretiens avec le roi de Sardaiguc, il puisse en parler avec l'air de franchise et do liberté que donne une conaoissance certaine, et que, par ce moyen, il ne laisse à ce Prince aucun soupçon de mystère de la part du Roi à son égard. Quoiqu'il iiit un plénipotentiaire à Cambrai, il y a quelque chose de si extraordinaire dans la longue inaction et inutilitf^ du congrès, qu'il n'est pas impossible que ce Prince n'en soit aussi surpris que le reste de l'Europe, et qu'il ne pense quelquefois qu'il s'y passe des choses que l'on cache à son ministre.

Cela supposé, le comte de Cumbis s'attachera à faire cesser les inquiétudes et les mé&ances du roi de Bardagne, qui, s'il en avoil, seroient certainement mal fondées. De là peuvent naître des questions que ce Prince feroit h l'ambassadeur du Roi pour éprouver s'il lui parle sans dissimulation et affectant d'ignorer quelles sont les difficultés principalçs qui arrêlent les affaires à Cambrai : il le lui demandera vraisemblablement. Mors !e comte de Cambis lui dira que ce sont les intérêts du duc de Parme, dont on veut assurer la tranquillité et les possessions. Que, quand mûmc cet article seroit terminé, ceux de l'ordre de la Toison et des titres, sont des points sur lesquels )n n'a pu encore imaginer de tempérament capable de conenter l'empereur et le roi d'Espagne.

Le roi de Sardaigue, soil par le désir de s'assurer s'il a affaire i un homme bien instruit, soit par l'intérêt que tout souverain I d'être informé de ce qui se passe entre les Puissances princiales, soit par simple curiosité, soit enfm, par une suite de envie d'éprouver la sincérité du sieur comte de Cambis, ne lonquera pas d'essayer de tirer de lui quelques éclaircisselents sur ce qui a fait l'objet de la mission et du séjour du larquis de Montéléon ' auprès du Roi. L'ambassadeur de Ba lajcsté le satisfera en lui disant que le Roi Catholique envoyant

t. Uidore Caudo, marquis de MonlcUonc, Milanùs, créUura du princa de V>0mont. ■ C'éUit un compagnon de boaucoop d'aspril, d'adresse, d'ioainnalion el .nlrigae, hudi avec cela et enlreprenunl. - (Saint-Sinion.) Il occupa BiicceaaîTetnlles fonctions de ministre d'Espagne à Qènei, puis k Hanloue (1^01], M fui mite amlianiiadeiir d'Espagne en Hollande el en Anflelerve.

318 LE COMTE DE CAMBiS, 17îr.-)7î8,

le marquis de MonL<^1i^on auprès du Grand Duc. a voulu qu'il piiBsâl en France et ensuite en Angleterre, pour s'assurer de plus en plus, de la garanlic du Roi el de celle du roi de la Grande-Bretagne, h r<!-gard de l'exécution de ce qui est stipulé dans la Quadruple Alliance, dans le cas où le congrès de Cambrai se lermineroit infructueusement; que le passage da mar([uis de Monti^Mon dans les deux Cours, a eu une seconde vue qui est d'y former le concert qu'il doit y avoir, et qu'il y aura etTectivcmeQl entre le marquis de Monléléon, le marquis de la Baslie ' qui va se rendre en Toscane en qualit<^ d'envo)'é du Roi, et l'envoyé d'Angleterre dans le même pays, pour di^'lerminer le Grand Duc à consentir de bonne grâce à ce qui a Hé sttpul<^ dans la Quadruple Alliance, par rapport à •■ Etals. Enfin, le comte de Cambis, toujours dans lu vue de montrer une entière confiance au roi de Sardaigne, el de l'enl^ager il en prendre on lui, lui dira que le Roi lui u permis donc poinl cacher à ce Prince, qu'il y a quelque fondement au bruit qui a couru, que le marquis de MonWléon avoit propo^ un nouveau Iniité entre le Roi, le roi d'Espagne el le d'Angleterre; que le projet de ce traité a même élé form^; qu'il n'est poinl encore signtï, mais qu'il est de telle nature^' que, quand mOme on vîendroit à le conclure, il n'y a aucuofr puissance en Europe qui pût en prendre le moindre ombrage,, non pas in^me l'Empereur, ce projet ne portant rien qu'uo» confirmation et une garantie de ce qui a él<^ stipulé dans U Quadruple Alliance concernant les successions destinées 1 l'infant Don Carlos.

Au reste, le comte de Cambis sent bien qu'il ne doit faii^ usage de toutes les connoissanccs que le Roi lui donne e( Id ponnet de donner au roi de Sardaigne, qu'ft mesure que c IVince cherchera à les tirer, sans qu'il soit besoin de le prfc venir.

Il faut pareillemenl voir venir ce Prince sur le délai! tiev intérêts qu'il a droit el qu'il se propose de faire traiter i congri^s de Cambrai. L'ambassadeur, donnant d'ailleurs i

1 , Pierrp B.lihïïarde KunRï-sf, maiiiui!. .1- 1. Unmir. V. |.li» loin pagp îil.

général au roi de Sardaigne, suivant les intentions de Su

Majesté, les assurances les plus fortes et les plus sincères de

l'amitié qu'Elle a pour lui et dont il ne tiendra certainement

qu'à lui que les effets ne soient portés aussi loin qu'il peut

raisonnablement le souhaiter, ce Prince ne sauroit savoir

mauvais gré de ce que le comte de Ganibis no lui parle pas te

premier des points qui sont à n'f,'ler entre l'Empereur et lui ;

d'autant moins qu'ils n'ont pas été mis en discussion depuis

que le mémoire on a été produit à Cambrai par le comte de

Provana'. Le Roi on l'ait joindre ici une copie et celle* de ce

que Sa Majesté écrivit pour lors à ses Plénipotentiaires. Cette

dernière instruira le comte de Cambis des sentiments de Sa

Majesté sur les demandes du roi de Sardaigne, et il verra que

>es sentiments sont tels, qu'il peut, lorsqu'il en sera question,

iaos craindre de se trop avancer, donner ù ce Prince toute

espérance que Sa Majesté appuiera sans réserve les prétentions

lu foi de Sardaigne ; car les observations qu'Elle a fait faire

i ses Plénipotentiaires non seulement sont tr^s légères, mais

ncore elles ne sont pas do nature à en faire mention, en trai-

int personnellement avec ce Roi, et ne doivent produire leur

Ifut qu'au temps de la conclusion.

Celui où le rot de Sardaigne meltroit avec le comte de Cambis

;tte matière sur le tapis, seroit le plus propre que ce dernier

H choisir pour {non pas dire expressément), mais laisser

ilendre que la bonne volonté du Uui à l'égard du roi de Sar-

tîgiie, ne se renferme pas à ce qui doit se passer à Cambrai,

qu'il ne dépend que de lui de s'en assurer les elfets pour

us les temps. Cependant, s'il tardoit trop  fournir cette

casion, il sera de l'habileté du comte de Cambis de la faire

litre, car, en un mot, le Roi ne veut pus qu'il se passe beau-

up de temps après son arrivée à Turin, sans qu'il amène le

i de Surdaigne au point de ne pus douter de la disposition

est Sa Majesté, d'écouter ce qu'il voudrolt lui faire pro-

, Le comte Josoph Pi'Oi:

i de septembre 172U à I, après quelques mois lui de la guerre.

f« ei-d«ssou!i. p. 3Î1 e

a reprcseuta le l'ui (le Sardaigne uu congrès Je Canù l7St. U lui alors lubilenieiil dis);racié et rappelé;

pospr. Ci'tti- disposition est si favorable quo le Roi n'hésite pas h (li^claror nu comtf do Cambis qu'elle va jusqu'au di^sir. En lui donnant la connoîssance de ses plus secrMcs intentions» Sa Majesté s'attend qu'il en fera un usage si prudonl, qu'il saura tout à la fois et engager le roi de Sardaigne à Ir rechercher et ne pas commettre !a dignité et l'intérêt du Roi, parcA que l'une et l'autre pourroîent souffrir quelque préjudice si» les avances étant portées trop loin, elles donnoient Heu ft c«- Prince de se persuader que Sa Majesté a besoin de lui.

Ce qu'elle vient de faire expliquer au comte de Cambîa^ l'instruit suffisamment sur les vues qu'ElIe a en l'pnvoyant, et sur les matières qu'il peut avoir à traiter dans les premiera temps de son ambassade. Elle va présentement le ractlrc oa élat de se former une juste idée du roi de Sardaigne.

Il est un des plus habiles princes de l'Europe, tant par s qualités naturelles que par les connoissances que la nécessité^ et l'expérience dans des conjonctures difficiles et très épineu&ef lui ont acquises. Il a beaucoup d'humeur et il s'y livreroil volontiers, mais la réllexion le retient. Il tire tout de son propre fonds et du grand usage qu'il a des affaires, ne devant rien ft l'éducation ni à l'étude. H ne fait cas que de cx! qui a rapport au bien et à l'utilité de ses affaires, k quoi il se donne entièrement. Sa politique et ses maximes sont puisées dans ses propres idées, sacrifiant tout aux vues d'agrandissement qu'il a et qu'à aura vraisemblablement toujours. Il gouvernoit autrefois (et il y a grande apparence que c'est encore la même chose), uniquement par lui-même, remplissant tout à la fois ce que poiH voit faire le Prince le plus capable et le ministre le plus habile et le plus expérimenté. Ses desseins et ses négociations ont * souvent conduits au point d'exéculion et de conclusion, que ceux de ses ministres, en qui il uvoit le plus de cooGance, y eussent eu la moindre part. Il a le talent d'amener 1rs peP. sonnes avec qui il s'entretient, ii parler de ce qu'il veut «I d parvenir à les bien connoîtrc. Il n'y a pour ainsi dire rien dont il ne sache les détails, soît guerre, soit finance, soit comincrce. S'il n'est pas changé, le comte de Cambis trouvera en lui un Hvei'siun [wiur In llalterie lelle que personne n'oseroit lui dunnef

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