‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 16 sur 223 · Mémoirtê de NoailUê, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoirtê de NoailUê, t. III, p

2. Comte de Saloces. Histoire militaire du Piémont, t. V, p. 289.

VUES DE CHAIIVELIN SUR LITALIE. t\xv

d^veloppi^e : ellu compte m;tinteDiinl ili'x-liiiil mille hommes i|i> trt)iipes rentières cl dix mille hommes de milices bien disdpliiK^es. Les arsenaux sont approvisionnés pour armer soixante mille Fombattants. Le mati^riel d'artillerie vient d't^lrc renoiiïfilf. Le triîsor possède des avances qui permettraient do faire i:&inp.igRe pendant deux années sans recourir à un emprunt'. IJuoi que fassent les princes de Savoie, l'Italie entière a désormais les yeux fixés sur eux. ils sont toutefois plutôt redoutés que recherchés ; l'élan des aspirations unitaires n'a pas encore fait place à 1» torpeur produite par de longs siècles d'asservisst'meiit' Pour le moment, UdMe à sa tradition, la maison de SavDie n'a pas eacorc d'autre but que d'absorber pro^ressirement le Milanais, en proHtant des chances que peut lui oITrir la politique d'équilibrcqu'elle continue k observer vis-àm de la France et de l'Autriche '. Maintenir des rapports intimes avec la Grande-Bretagne demeure toujours l'une des (irincipales préoccupations de la cour de Turin. Afin de faciliter les relations du Piémont avec les escadres anglaises de la M^lilerraaée et avec ses nouvelles possessions de la Sardaigne, Charles-Emmanuel va chercher à s'ouvrir de nouveaux débouchés sur la côte Ligurienne.

En 1132, l'ambassade de France à Turin fut confiée au comte dp Vaulgrenant. La Sardaigne continuait à être recherchée simultanément par l'Empereur et par la France. Pressé d'avoir à Piposer ses prétentions vis-à-vis de la maison d'Aulriehe, le Roi Charles-Emmanuel, par l'entremise de l'Angleterre, exigea pour prix de son alliance, le droit, dffat il était privé jusqueli, <Ie fortifier toutes les villes de ses Etats, y compris Casai et Mortara. le paiement de sommes importantes réclamées par la msiBon de Savoie, une rectification de frontière nolanimenf <lusla Lumelline, la cession des Langhes et du marquisat de il. L'imtente ne put s'établir sur ces bases. Du côté de la ice, il devait être plus facile de se mettre d'a'ccord. Chau-

•I acIueUes du rci dt Sardaignt, i^%2.

' Mfmoire du titur Blondtl sur « Eiç. Corr. Tnrin. toI. CLX. M ^^^ï- MjlrjJoRt tur l'amboisadt dt Turin (I7îi). AI. Ete. Corr. Turin, Svpp',

HXVI INTRODUCTION,

velin, ministre des afl'aires étrangères de Louis XV de 1727 i 1737, avait des idées très personnelles et des dispositions particulièrement favorables, en ce qui concernait l'Italie. Depuis deux siècles, Français, Espagnols, Impériaux s'étaient disputé la possession de la Péninsule. Désormais plus de maîtres étrangers. Chauvelin veut faire disparaître la domination de l'Autriche et y substituer des principautés indigènes. L'ambition d'Elisabeth Farnèse, en qm>te de couronnes pour ses deux fïls, les infants Don Carlos et Don Philippe, fournit au ministre français un utile appoint en même temps que l'instrument dont il avait besoin. " Les deux princes réunissaient les qua- " lités requises moitié Farnèse et moitié Bourbon, moitié ita- ■< liens et pour l'autre moitié, faat-il dire français? mais en « tout cas sans une goutte de sang espagnol dans les veines. -. Chauvelin, d'un clair coup d'œil, reconnu! le terrain et " associa à l'ambition maternelle d'Elisabeth, qui était toute i< la politique de l'Espagne, la politique française qui était la Il revanche des traités de 1714'. » Les instructions remises au comte de Vaulgrenant, lui prescrivaient de rechercher avec la cour de Savoie les bases d'un traité d'alliance. Ses ouvertures furent accueillies sans difficulté, et une négociation s'engagea, au mois de décembre 1732, entre lui et le marquis d'Orméa. Au début, la France offrit au roi de Sardaigne le Milanais, et réclama comme compensation la Savoie et le rétablissentent de la frontière des Alpes, telle qu'elle existait avant le traité d'Utrecht '. Une correspondance très active, échangée directement entre le roi de Sardaigne et le cardinal de Fleury, contribua à faire progresser les pourparlers. La mort du roi de Pologne et l'intervention impériale dans l'élection du successeur d'Auguste 11, faisaient en même temps pressentir comme ' inévitable une guerre prochaine entre la France et l'Empire. Le roi de Sardaigne, intéressé à tirer parti des circonstances, pressait d'agir et conseillait de diriger l'effort de la campagne

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