‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 161 sur 223 · TIAIRSS DE SA MAJESTE AU CONGRÈS DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

TIAIRSS DE SA MAJESTE AU CONGRÈS DE CAMBRAI

(Aaneie à rinstracUon da eonte d« Canbit) Aff. Ëtr. Fonds divers. Mém. et Docaments, vol. CCCCLXXXVII, fol. 1 .

VerMOUw, 17 nui 1724.

Tai reçu vos lettres du 6 et du 12 de ce mois. J'ai approuvé le parti que TOUS avez pris de joindre vos instances à celles des ministres du roi d'Angleterre pour porter le comte de Provana à faire venir de nouveaux pouvoirs dans lesquels les Rois médiateurs soient nommés comme TEmpereur et le Roi d'Espagne. Il est important en effet qu'il paroisse jusque dans les moindres choses un concert parfait entre vous et les Plénipotentiaires du Roi de la Grande-Bretagne.

Je n'ai rien à ajouter à ce que je vous ai prescrit sur la manière de prévenir les suites de la dernière déclaration que le Comte de Provana a donnée aux ministres de l'Empereur ; et je m'en remets entièrement à vous sur ce sujet.

A l'égard des demandes du Roi de Sardaigne qui vous ont été remises pour être délivrées aux ministres de l'Empereur, il eût été à désirer que vous eussiez pu être instruits des sentiments des ministres d'Angleterre sur ce mémoire. L'on peut croire qu'il ne sera pas difficile de convenir de ces demandes. Elles donnent cependant lieu à quelques réflexions dont il n'est pas à la vérité encore temps que vous fassiez usage, et que vous garierez pour votre instruction particulière jusqu'au moment où l'on traitera i Cambrai des intérêts du Roi de Sardaigne.

Ce Prince demande par exemple que l'Empereur promette de lui donner, t à ses successeurs les honneurs et titres de la Royauté de la même manière 'U*il kt a accordés aux autres Rois contractants. Vous remarquerez non eulementque l'expression d*accorder blesseroit la dignité des têtes couroniées, puisqu'il sembleroit qu'elles ne jouiroientdes honneurs qui leur sont us, que par une grâce de l'Empereur ; mais encore que toute cette partie e la demande du Roi de Sardaigne, depuis les mots soulignés, auroit un sus plus étendu que ce qui est porté par l'article 2* des conditions de la aiz entre l*Empereur et le Roi de Sardaigne convenues à Londres, et u*clle établiroit en faveur du Roi de Sardaigne une égalité de traitements ^ec les autres têtes couronnées ; ou qu'au moins elle donneroit à ce Prince ^ prétexte pour le prétendre , surtout lorsque cette stipulation auroit ^ faite sous ma médiation et sous celle du Roi d'Angleterre. Ainsi il Udra avoir attention, lorsqu'il en sera question, à ce qu'on s*en tienne ^a.ctement aux termes de l'article 2*, avec tous les honneurs attachés à la ^autéf comme le Roi de Sardaigne avoit possédé le Royaume de Sicile.

' • Fr&nçois-Dominiqae de Barberie, soigneur de Saint-Contest, intendant de ^^ogne ; il représenta la France aa congrès de Cambrai et fut ministre des ^^itti Etrangères de 1751 à 17r4.

•• Conrad-Alexandre comte de Rottembourg, diplomate français, envoyé près voi de Prusse en 1714, plénipotentiaire de France au congrès do Cambrai, bassadeur en Espagne en 1730.

1^ même attenlioD doîtavoirlîeu pour l'article qui regardn lapotteui^ et jouissance du du^hé de Mont ferrât, sur lequel il faudra s'en Unir exacb meut aux termes de l'article 3 îles conditions de la paix entre l'Emp^ rear et le roi de Sardaigne.

Si les quatre lieux de Campo Haggiore, Torre de Tortl, Trivrdo et Sao- Fedele font partie de la Lumelline. comme le Roi de SardnigDe le prvtenA, il sera aisé de couTcuir sur ce point ; et il est Traisemblable qu'il ne doa nera pas matière & de longues discussions.

L'article par lequel le Roi de Sardaigne demande que l'Empereur i porte point le litre de Roi de Sardaigne, ou, qu'en ce cas, il sonfTre qn' prenne celui de roi de Sicile paroit raisonnable et il ne doit non plus t'~ susceptible d'aucune difficulté principale.

Vous avet joint à votre dernière lettre les réponses i d'Espagne aux demandes de l'Empereur, et le mémoire que le ( Saint-Séverin ' tous a remis, concernant les moyens de conT«iiir | arbitres des sujets de conleslalions qui se sont élevées depuis le tnùtéfl Londres entre l'Empereur et le duc de Parme.

Il n'y a qu'à approuver l'usage que vous ave» fait des réflexions que je vi avois envoyées sur les demandes de l'Empereur. Il paroit par les répou des ministres d'Espagne, qu'il y a plusieurs points sur lesquels ils ne m pas instruits. Il y avoit lieu de croire par exemple, qu'ib nuroient été û état de répondre sur celui des titres, qui sembloit naturellement dei être traité le premier. Je compte que vous m'informerei incessanUDeat à l'usage que vous aurei fait, avec les ministres de l'Empereur, des réponi de ceux du Roi d'Espagne et de ce qui se sera passé en celte occasion.

A l'égard du mémoire qui a été dressé par le comte de Saiot-SJvjt' insiste principalemeut à ce qu'il y ail aussi un arbitre nommé, soit m du Roi d'Espagne, soit au uom de l'Infant Don Carlos. L'on pottrroit s doute contester plusieurs des principes sur lesquels ce mémoire e, la possibilité, puisque l'Infant Don Carlos ne peut a*oir aucnn droit d nommer un arbitre pour traiter de l'alTaire des limites entre VÎM i Milan et le dnché de Parme ; que ce droit seroit sans doute dispnU • ~ d'Espagne, et que, si ce Prince a sujet de se plaindre de quelqiu M vention faite par l'Empereur aux traités de Londres, c'est à moi et « d'Anglerre comme garants que l'on doit avoir recours. Hab ces réflen bien fondées en elles-mêmes, ne doivent être que pour votre i particulière : vous ne devei les communiquer ni aux ministres d'E ni A ceux d'Angleterre ; et vous vous contenterez A l'égard des prcmicraï les assurer du désir que j'ai véritablement de contribuer en tout ce qmi s possible à la satisfaction du duc de Parme. Et à l'égard de ceux-cj, i apporterez toute votre attention à vous instruire de leurs sentiments.

11 est à souhaiter que ce que vous conjecturez des dispositions de I Cour d'Angleterre par rapport aux garnisons, soit aussi bien fondé qne T croyei avoir lieu de le juger. En général, il peut être bon d'en r l'exécution jusqu'au temps oii l'on pourra se concerter amiableroinil i ce point avec les présents possesseurs des Etals destinés à llnfsot II Carlos. Hais il est toujours nécessaire ipie ta stipulation des f>amisoiu a

t. Octave Joseph- U «rie comte de Sûnt- Se vcrin d'Aragon (1666-nS&}. oùabtni duc de Ptrmo A Paris. U fui ^gilcmeot plcnipotsnlùira de la maison da ~ aax cooE'^* dlltevcht, de Bade et de Cambrai. Son fils AlphoD>e-U*rï*-Li comte ds Sainl-Sirerin {I7l)ti-I7b7), natnraliaé franfais en 1131. fut anbMSad* Suède et en Pologne et reprcnenU le France au congrès d'Aii4a-Chapalt».

renourelée et confinnée telle quelle est dans le traité qui sera conclu à Cambrai, si Ton ne parvient pas à obtenir des changements en faTenr de l'Espagne. Je n*ajonterai rien à ce que je vons ai marqné sur ce point dans ma précédente dépêche. Sur ce, je prie Dieu, M. de Saint-Contest et M. le comte de Rottemboorg, qu'il tous ait en sa sainte garde.

écrit de Verttilles, le 17 mai 1724.

[Signé.]

Locn.

FLiURun.

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