LE DUC DE BOCRBON AU COMTE DE CAXBIS
Aff. étr. Corr. Turin, vol. CXUII, fol. SI.
VcmfllM, 4 M» 1715.
Je TOUS ai pressé, Monsieur, de vous rendre à Turin pour tous mettre en état, en commençant les fonctions de votre ministère, de porter au roi de Sardaigne un témoignage éclatant de la coiifiance que le roi a en ce Prince.
Sa Majesté pressée, d*un côté, par le roi d'Espagne, de fiancer Tlnfante, el de Tautre, retenue par les représentations que tous les ordres de son royaume lui ont faites sur Tâge disproportionné de cette jeune Princesse, sur la situation où se trouveroit la famille royale, tout le royaume et même l'Europe entière, si, pendant l'espace de huit ou neuf ans qu*il faudroit encore attendre avant que Tlnfante pût donner des successeurs au trône de France, il arrivoit des accidents, source d'une infinité de malheurs trop grands pour oser les prévoir sans frayeur; enfin, sur ce que Sa Majesté deroit à elle-même et à sa conscience. Elle n'a pu se dispenser de céder aux instances de ses sujets, qui, tous unanimement, lui demandent de calmer leurs vives alarmes, en assurant dès à présent sa postérité. Sa Majesté obligée de sacrifier en cette occasion sa propre satisfaction aux puissants motifs qui lui ont été rapportés, s'est adressée avec confiance au roi d*Espagne même, persuadée, qu'après les premiers mouvements qu un père ne peut refuser à la nature et à sa tendresse pour ses enfants, ce Prince entreroit de lui-même dans les considérations qui déterminent Sa Migesté. En sorte que la résolution forcée qu'Elle a prise de renvoyer rinfante n'apporteroit aucune altération à la bonne intelligence et à l'union qui subsiste entre Sa Majesté et ce Prince.
Après cette première démarche que Sa Majesté devoit à un père, que la résolution qu'Elle prend, intéresse si particulièrement, son premier soin a été d^en faire part au roi de Sardaigne, en qui elle a une confiance telle ;|ue ce prince peut l'attendre d'un prince son petit-fils ; et Elle écrit au roi de Sardaigne la lettre ci-jointe, de sa main, dont je vous envoie une X)pie avec l'extrait des représentations qui ont été faites au Roi.
U faudra. Monsieur, qu'aussitôt après votre arrivée, vous fassiez naître "occasion de voir le marquis del Borgo, pour lui dire, qu'étant chargé de a part du Roi, d'une commission dont l'exécution ne souffre point de délai, ous le priez de vouloir bien savoir si le roi de Sardaigne agréeroit que, lonobstant les usages ordinaires, vous lui fissiez part, dès votre première .udience particulière, de ce que vous avez ordre de lui communiquer.
LE COMTE DE CAMBIS, i7S5-)7S8.
Dans ce cas, il sera nécessaire, qu'après avoir fait conooltre an roi i Sardaigne, les sentiments tendres et sincères qne le Roi cooserte toojoi) pour Ini, vous cgoutiei que Sa Majesté n'a pas cm pouvoir lui ea donn un témoignage plus certain, qu'en lui confiant sans relardenteot U rés Intion qu'Elle vient Je prendre, et les motifs qui l'ont déterminée, «t to remettre! à ce Prince la lettre que Sa Majesté lui écrit de sa main.
Vous vous rendrex ensuite chei le marquis del Dorgo, k qui tous coi mnniquerez révénemeni dont il s'agit, en liti faisant part aussi des mol de la détermination de Sa Majesté.
HtHOIRE rODB SEBVIH D IKSTBUCTIO.I AU SlEDIl COMTE DE
AHBASSADEEB DU ROt At:FnËS UC ROI DE SIRPAIGSE, HETOCIIIiA5T
TCBIK APh6s AVOIR SÉJOURISÉ Ql'ELQlTES XOtS AUPRÈS DE SA MAJKST1
Aff. ÈIT, Corr. Turin, roi, CXUl, foL l!î. el »oL CXUfl, foi. !«.
Fi.iiil»inel»leau, lï nctobr« ITÏ5.
Oa apprend de toutes parts que te minjsti^ de l'emperea destiné pour la cour de Turin, y doit arriver inccssammenl On ne saurait douter que l'objet principal, et mémo l'uniqa de sa mission, ne soit de presser vivement le roi de Sardaign de prendre part aux liaisons que l'empereur u rorm^es bvm le roi d'Espagrie : et c'est pour l'empéchor d'y n^ussir que ] Roi veut que son ambassadeur parte assez promplement pua que son arrivée à Turin pr<^c?de celle de l'envoyé de l'emperem
Les inquiétudes que l'on a remarquées dans le roi de î daigne sur les traités de Vienne, et plus encore sur les i ciatîonsdu duc de Riperda ' qui en sont la suite, donnenl li d'espérer que ce Prince sera beaucoup plus porté k écouler! comte de Cambis que le comte d'Harrach ', surtout lorsque I premier se présentera à lui, non pas seulement avec de simpk assuminces de bonnes dispositions du Roi, mais avec des oiarqw
1. JuD-GoilliiuDe dac de lUperda, né en Donands vert 1680, lut da 1TI8 fc IT miiiutrc des Affaires Elrui^res i Madrid el mourui ta 1737.
S. Aiolt-ThomaS'n.ajinood comls de Harrach (IMS-ITIS) accompagna «on pi ambaatadcur de l'Eluiperear k Muirid, puis remptil {ilnsienn imstioiti dmloH liquM. fBt Tice-roi de Naplei en I71>. ministre d'^al, cberidier 4» U ToiMU tt el monnit en 1713-