‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 163 sur 223 · AVANCES A FAIRE AC ROI DE SARDAIGNE · texte numérisé non relu

AVANCES A FAIRE AC ROI DE SARDAIGNE

ïubitables de la plus parfaite connancc de Sn Majesté. Il semble que le roi do Sardaigne ne pourra s'empôcher de reconnaître et sentir celte confiance dans la communication que le comte de Cambis lui donnera plus particulière que celle qui a été donnée au marquis de Courtance ' à Hanovcr, et au comte Maffei' à Paris, du traité que le Roi a conclu le 3 du mois dernier avec les rob d'Angleterre et de Prusse. L'ambassadeur du Roi aura à faire valoir et avec raison, une conduite qui porte de si grandes preuves de considération, d'estime et d'amitié de la part du Roi ot de ses alliés qui lui donnent connoissance de leurs vues et de leurs projets non pour l'engager, comme sans doute TempereuP auroit envie de le faire, à souscrire à des Iraili^s contraires à l'équilibre de puissance en Europe et Si la durée de son repos ; mais pour le mettre en état de voir s'il lui convient de prendre part à des mesures formées oalre de si grandes Puissances pour le bien général.

Le conito de Cambis s'appliquent donc à profiter des dispositions que l'on a lie» de supposer dans le roi de Sardaigne, et des moyens qu'il a de les animer davantage, pour le déterminer à entrer dans ces mesures et dans celles que le Roi pourra prendre encore pour prévenir les elfets dangereux de la trop «îtroite union des coursde Vienne et de Madrid.

Dans cette vue, il aura soin de relever sans cesse, les avantages immenses que cette union assure h l'empereur et l'escës de pouvoir qu'elle lui promet dans les trois parties de l'Europe où il a des états.

Dans les Pays-Bas, au moyen de la compagnie d'Ostende, dont les Autricbiens se llattent de voir le commerce s'élever sur les ruines de celui de toutes les autres nations, à la faveur des stipulations qui la concernent dans les traités de Vienne.

En Allemagne, par la facilité que l'empereur {malgré tous ^ubstacles que le Roi avec ses alliés tAcheront d'y apporter

^^Hnflrcnle-Tlioraas Rocro, marquis do Coctanie, «oua-gouiernc^uF du prince de FUnWQt, en mission à Vienne{l70X].ininislre i Undns (1719), ginéral d'artîUerie et gouverneur d'Alexandrie (1727), ïice-roj de Sardaigne, gouTerneor de la cîUdelle de Turin, cheTiilier de l'Annonciade.

S Annibiil Msffei, anibassadem- du roi de Sardaigne i Paris.

par la voie des négociations) trouvera à faire souscrire les princes do l'empire à ces mfmes trailés de Vienne ; les uns lui (^tant acquis et dévoués de tout temps, et la crainte de lui déplaire augmcnlanl dans les autres à mesure qu'ils Je voient devenir plus oiaitre d'assurer l'ordre de sa succession tel qu'il l'a réglé.

En Italie, parla liberté ofi il est d'y agir suivant son boa plaisir, depuis que le roi d'Espagne a changé de maximes, et semble aimer mieuxque l'Infant Don Carios, lor.s de son établissement en ce pays-là, y entre comme crt^ature et commedépendant de l'empereur, que comme un prince destiné à en> maintenir la liberté.

A ces réflexions auxquelles la teneur des ti-aités de Vienne donnent lieu, doivent j>tre jointes celles qui sont à faire sur les négociations du duc de Itïperda, qui subsistent plus vivus que jamais et qui ont sans doute pour but, un ou même plU' sieurs mariages des Princes d'Espagne avec les arrbiduch<^Hse4 tilles de l'empereur.

Ce ne sont pas seulement les conséquences de semblubW alliances qui doivent attirer l'attention, mais le simple projet suffît pour donner de justes alarmes ik toutv l'Europe, puïsqu'avec lu seule espérance du mariage d'une archiduchesse ainée ou cadette, et d'un des infants d'Espagne, l'empereur (lis> posera toujours de l'esprit de la Reine catholique, et par Ell4 de celui du Roi son époux. Ainsi l'on peut dire avec virité, qu'entretenant celle Princesse dans cette idée, il est lo i de l'Espagne, et de faire embrasser à cette couronne tons Iflt partis qui lui conviendront.

Après les relations que le comte de Cnmbis a faîtes au Roîj Sa Majesté n'ignore pas qu'aucune des réflexions et des considérations qui viennent d'Ctre exposées, n'a échappé à l'esprit du roi de Sardatgne. Mais cela n'empAche pas qu'il ac coa^ vienne de les rappeler à ce Prince, et de leur donner toute Ik force et tout le poids dont elles sont susceptibles. Il en ! peut-être encore plus frappé, quand il connoitra qu'elles agi»* sent sur l'esprit de Sa Majesté aussi puissamment qu'il témoigné désirer qu'elles le lissent.

RÉFLEXIONS SUR L'ALLIANCE HISPANO-ALLEMANDE. 33B 'Ëomin^ il n'a pas borné ses souhaits & voir le ministère pri5sciit donner une sérieuse attention à la situation où l'union de Fempereur et du Roi catholique mettoit l'Europe, et que, m^me en prt^sence du comte de Cambis, il a fait des vœus pour que, cette attention fut portée jusqu'au soin d'acquérir de nouveaux, de solides, enfin de puissants amis et alliés, il semble que, sans trop se flatter, on peut présumer que le roi de Sardaigne aiu-a appris avec plaisir la conclusion du traité d'Hanover, Mais, comme tout ce qui vient d'âtre dit, n'est fondé que sur la supposition d'une entière sincérité dans les discours que le roi de Sardaigne a tenus au comte de Cambis, et qu'il n'est pas impossible que cette supposition ne soit fausse, le Roi recommande à son ambassadeur de ne pas se livrer si absolument à l'objet d'engager ce Prince à entrer dans les mesures de Sa Majesté, qu'il nu puisse donner une partie de son application à découvrir le fond dea intentions du roi de Sardaigne. Elles pourront se laisser apercevoir dans la nature des réllexions qu'il fera sur le traité, lorsque le comte de Cambis, suivant l'ordre que le Roi lui en donne, le lui communiquera, en le lui lisant ou lui laissant lire, car il ne faut point on laisser échapper de copie.

Si le roi de Sardaigne n'incline point à des liaisons avec le Roi, il prendra vraisemblablement le parti d'affoiblir, dans ses observations, l'utilité dont ce troité peut Ctre au bien général de l'Europe, et particulièrement des pays auxquels lui, roi de Sardaigne, est le plus intéressé, il prétendra que ces stipulations ne regardent que le nord ; qu'on y a pris trop de soin d'y ménager l'empereur et le roi d'Espagne; que pour contenir l'un et l'autre, il auroit fallu marquer avec le dessein de n'entrer dans aucun engagement qui pourroit être contraire aux intérj^ts des contractants, une résolution fixe et déterminée de s'opposer de concert et de toutes ses forces à l'exécution des Lraîtés, qui peuvent avoir été faits ou qui pourront l'être ù l'avenir, contraires en quelque chose à ceux qui depuis la deraière guerre générale ont servi à établir le repos de l'Europe ; )ue ce repos ne dépend pas seulement des traités de Westphaa: que les articles séparés permettroient de penser, qu'à la

réserve de l'alTaipe de Thora cl de quelques convenlions sur I contingent h fournir ou à ne pas fournir de la part du i d'Angleterre el du rot de Prusse, on n'a eu aucun objet parti culier.

EqBd, que si celui que l'on s'est proposé en gén^^ral dai cette alliance a été d'imposer à l'empereur, et de pr^venj l'abus qu'il pourroil faire de son union avec l'Espagne, et i l'ascendant qu'il a pris k la cour de Madrid, il y avoil d'aulrl trait(5s que celui d 'OUI va, dont le maintien et la garantie ^•(oïea à stipuler.

Voilii vraisemblablement les raisonnements qu'emploiera 1 Roi de Sardaigne, si son inclination actuelle n'est pas pour I France. Quoiqu'en ce cas, il fut difficile de le faire subïlemei changer de sentiment, le comte de Cambis ne laissera pas i réfuter tout ce que ce Prince alléguera pour diminuer 1 mérite du traité. Il le peul mi^me faire avec un grand aval tage, ayant pour lui les effets qu'en a produits la signature efîets déjà sensibles k toute l'Europe, qui est témoin dt inquiétudes et des alarmes que cette alliance cause ft la co« de Vienne. 11 représentera que, pour inspirer de la retenue I de la modération à l'empereur, il Euflîl qu'il »ac)ie que le Rd a pour alliés les deux plus puissants Princes de l'empire, ( dont un est roi d'Angleterre ; que si le traité paroil n'avoir c d'objet que l'Allemagne et le nord, il n'exclut pas ceux qa l'on pourroit faire qui réflécbîroient plus particulièrement H d'autres parties de l'Europe el sur les intérêts des Prinoi avec qui l'on contracteroit ; que la confiance el l'estime qi les Rois alliés et singuli^^ement Sa Majesté ont pour lui, len feront écouler avec plaisir ce qu'il croiroîl devoir proposer i cet égard, et, par rapport h lui, qu'il n'y a point de doute qq quelques-unes des plus considérables Puissances de l'Europe a s'empressent à accéder au traité d'Ilanover, ce qu'on peu espérer entre autres de la république des Provinces-Unies.

Ces vérités exposées dans toute la force et dans toute l'é due que le comte de Cambis est capable de leur donner, si convaincantes el si propres à faire impression, qoo, ( Roi, par les relations de son t

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