RBCDBIL DES TN8T. IIII'LUM. \IV
838 LE COMTE DE CAMBIS, ITâB-lTSa.
son ambassadeur doit éviter, le plus qui) pourra, de disputer sur le plus ou le moins de fondement de ce droit, si cela ne devient nécessaire pour obliger le roi de Sardaigne et ses ministres ù se contenter de ce que Sa Majesté fait olTrir h ce Prince, ou pour les engager à ne pas former la prétention d'une somme trop considérable pour l'abonnement auquel Sa Majesté permettra aux commerçants de Marseille et de Languedoc de s'engager, et en quoi consiste l'oiTre à faire à la cour de Turin.
En effet, si cette cour sentant comme elle le devroit, qu'une pareille condescendance est plus qu'elle ne pouvoit espérer, se rendoit facile sur le prix de l'abonnement, il seroit mieux que l'affaire se terminât sans discussions, qui ne sauraient être que désagréables de part et d'autre.
Dans cet esprit, le Roi veut que la première chose que le comte de Cambis fasse à son arrivée à la cour de Turin, soit de dire au roi de Sardaigne, que, Sa Majesté, après un mûr examen de tout ce que l'on a pu trouver de mi^moires, de lettres, et généralement d'écrits de toute nature ayant rapport au droit de Villefranche, et que l'on a été obligé de rechercher ici, pui!ique ce Prince sail bien que. de son cAlé. il n'ti point été remis d'éclaircissements à beaucoup près suflisants, elle a bien voulu prendre la résolution d'ordonner au commerce de Provence et de Lunguedoc de s'abonner avec le fermier de Villefranche.
(Jue pour parvenir fi cet abonnement, il paroil qu'on nesauroil suivre une règle plus sûre et plus juste que les dilTércnls bfiux qui ont été faits avec ce fermier depuis un certain temps, en prenant uu milieu entre les dilTérenls prix de ces baux : que le produit du droit de Villefranche ainsi Cxé, on peut convenir amiablemeiit de la somme qui en peut compétcr au com-mercc de France.
Le comte de Cambis en faisant cette proposition, essaiera de la faire valoir autant qu'elle le mérite, el d'engager le roi de Sardaigne & recounoitru, en cela, les égards que le Koi s pour lui, mais sans renouveler, si cela est possible, aucune contestation sur la validité du droit par rapport tant au fond qu'aux circonstances.