‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 171 sur 223 · AVANCES FAITES AU ROI DE SARDAIGNE · texte numérisé non relu

AVANCES FAITES AU ROI DE SARDAIGNE

mon attachement pour le Roi de Sardaigne, et de Tenvie extrôme que j'aurois de le voir uni indissolublement avec nous.

Je ne lui recommande pas de bien observer tout ce qu'il pourra, parce que je suis persuadé qu'il le fera mieux qu'un autre ; mais il doit commencer par s'observer fort lui-même, ne doutant pas qu'il ne connoisse l'esprit défiant de ce Prince.

[Signé] A. H., anc, ér. de Fréjus.

M. DK FLEURY A VIGTOR-AMÉOI^.E II, ROI DE SARDAIGNE

Aff. Étr. Copr. Turin, vol. CXXXVIII, fol. 303.

Versailles, 2 août 1726.

Sire, D*ayant pas trouvé ici un homme tel que Voire Majesté le désire pour lui envoyer, par la crainte que le secret ne fut pas assez bien gardé, j'ai jeté les yeux sur le sieur Anfossy, d'Avignon, qui étoit secrétaire de feu M. le comte de Grignan *, et que j'ai connu autrefois en Provence. Il est homme d'esprit, sage, sûr et très capable de secret. Pour mieux cacher sa marche, il a dit qu'il venoit à Paris sur Tespérance que je lui ai donnée de l'employer, et certainement sa commission ne sera sue de personne. Je lui ai donné une adresse pour m'écrire sous un nom emprunté, et si Votre Majesté avoit quelque ordre secret à me donner. Elle pourroit sans scrupule m'en honorer par cette môme adresse, en mettant une enveloppe à sa lettre.

Gomme le sieur Anfossy part d'Avignon et que je n'ai pas de temps à perdre pour le faire arriver à Ghambéry en môme temps que Votre Msyesté, je n'ai pu lui donner aucune instruction particulière, et je lui mande seulement d'exécuter tous les ordres qu'Elle voudra bien lui donner. Elle pourra se fier à lui, et, sur sa première lettre, je serai en état de lui donner une instruction plus précise. *

Tout ce que je puis avoir l'honneur. Sire, de dire à Votre Majesté, est que le Roi est entré à merveille dans le ministère de cette commission ; qu'il m'en demanda hier des nouvelles, et qu'il désire ardemment d'être uni avec Votre Majesté par des liens aussi étroits que ceux qui vous unissent déjà tous deux.

Quoique je sache que Votre Majesté est parfaitement instruite de tout ce qui se passe en Europe, je crois pourtant qu'il est à propos que j'aie l'honneur de l'informer en détail de notre situation présente, afin qu'Elle puisse régler ses idées suivant cette connoissancc, et Elle peut compter que ce

1. Prançois-Adhémar de Monteil, comte de Grignan, colonel du régiment de Champagne, lieutenant général du roi en Languedoc et Provence, cheTalier des ordres du roi, mort le 30 décembre 1714, à Tâge de quatre-vingt-deux ans.

Page 1