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L'EMPEREUR ET LE ROI DE SARDAIGNE

avoil pour alliés, lui a laissé une liberté aussi entière qu'avantageuse.

Il ne suffit pas pour bien placer, par rapport soit au temps, soit aux personnes, les ouvertures et les insinuations que le sieur comte de Vaulgrenant emploiera, de savoir s*il s'agit de prévenir ou de combattre une négociation du général Philippi. Il importe encore de connoître bien précisément le point où seroit cette négociation, Je prix que Ion propose au roi de Sardaigne pour les engagements auxquels il se livreroit, et qui sont ceux des ministres qui favorisent les propositions de l'empereur et ceux qui y sont opposés.

Si Ton en croyoit les dernières relations de Turin, on regarderoit la plupart de ces ministres comme gens qui appréhendent de donner des sujets de mécontentement au Roi. Ils présument, dit-on, que Sa Majesté, à titt'e de petit-fils du roi Victor, pourroit exiger du roi de Sardaigne de l'informer des motifs de l'emprisonnement et de la détention de ce Prince, et par là, lui inspirer des réflexions peu avantageuses aux personnes qui, conseillers mal habiles, n'ont pas su lui faire éviter, et peutêtre politiques trop hardis lui ont suggéré une action qui ne doit pas seulement inspirer de la surprise à tous les Princes de l'Europe, mais qui doit au moins engager à plaindre bien sincèrement un Prince dont l'on ne peut excuser la démarche, qu'autant que l'on aura pu le juger dans une nécessité aussi triste qu'indispensable de frapper le coup qu'il a porté, qui, outre ce qu'il présente de contraire aux droits et à la force du sang, le prive des conseils, fies avis et des remontrances d'un père, qui venoit de faire tant en sa faveur et de qui il n'eii pouvoit recevoir trop et trop longtemps pour son vrai bien et pour sa véritable gloire.

Quoi qu'il en soit, et sans considérer si les ministres de la Cour de Turin craignent ou non que le Roi ne fasse parler làdessus à leur maître, le Roi prescrit au sieur comte de Vaulgrenant un silence absolu avec tout le monde sur cet événement. Il ne pourroit, étant revêtu du caractère d'ambassadeur, toucher cette matière, que l'on no prit tout ce qu'il diroit, comme une déclaration expresse de la manière de penser de

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