LE COMTE DE VAULGHENANT
Sa MajesW. Par consi^quent. il seroît difficile qu'il ne blAmât également et l'aclion el les eirconslanccs dont on ne lui a pas donnd des détails assez amples ni importants, pour justifiiT entièrement i!i ses yeux une action qui d'oUe-m^rae jette une fatale prévention dans les esprits. Sa Majesté veut épargner cette morlificatton au roi de Sardaigno. déjA assez & plaindre dans le malheur qu'il a, ou forcément ou volontairement, de tenir son père prisonnier.
Ce silence, s'il est vrai que les ministres craignent que le Roi ne s'explique sur l'événement on question, les contiendra davantage qu'une improbation, qui demeureroit sans pffet : car alors, non seulement leur crainte fmiroit, mais encore elle feroit place au ressentiment qui les porleroit & traverser tout ce que la France tonteroit auprf-s du roi de Sardaigne. Des hommes qui ont été capables de conseiller ii leur maître ou seulement de ne pas combattre le parti qu'il u pris à l'égard de son père, ne seroient pas plus scrupuleux j\ le porter, contre ses vrais intérêts, à se livrer à l'empcreiir.
Le Itoi ne donne pas dans ce mémoire au sieur comte de Vanlgrenant une définition du earactttrc du roi de Sardaigne et de ceux de ses ministres, parce qu'il a pu s'en faire une idée assez juste dans la lecture qu'il a prise des négociations du comte de Gambis, et du compte rendu depuis par le sîenr Blondel. Ce dernier, actuellement chargé des affaires du Roi i Turin, s'est acquitté pendant plusieurs années de ce soin que Sa Majesté a daigné lui confier, d'une manière qui donne lien de présumer qu'il ne laissera rien à désirer au sieur comte de Vnulgrenant, sur les éclaircissements cl los connoissanraa nécessaires tant de ces caractères que de l'étal, à tous égard») de la cour de Turin, et, Sa Majesté estime que pour commencef l'exercice de son ministère, il peut se régler sur les idées el teft notions que le sieur Blondel lui fournira sur toutes sortes dft personnes et d'affaires.
Il y en a une dont, depuis quelque temps, il fait espérer îi heureuse conclusion : c'est celte de l'interdiction dans les États du roi de Sardaignc, de quelques-unes de nos manufactures de laine. L'ambassadeur du Roi s'en fera donner ua«