‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 18 sur 223 · VUES DE D'ARGENSON SUR · texte numérisé non relu

VUES DE D'ARGENSON SUR

Lonilres sut amener l'altiëre princesse à faire à Charles-Emma- Dui'l les concessions nécessaires. Lo 13 septembre 1143, un pacle fut conclu à Worms entre î'Autriche, l'Angleterre et la Sïrdaigne. Par ce traité, Sa Majesté sarde s'engageait à tenir sur pied une armée do 45 000 hommes. L'Angleterre lui assurait une pensiuu annuelle de deux cent mille livres sterling. U reine de Hongrie cédait à Charles-Emmanuel la partie du Miluiais à l'ouest du Tessin, les districts du Pavcsan situés au )uJ ilu Pli. Plaisante et la partie du Plaisantin sise à l'ouest <le la \ura. Elle abandonnait en outre au roi de Sardaigne le marquisat de Final, alors possédé par les Génois, et qui J?ïait procurer aux Piémontais un nouveau port sur la Méditermnée.

Bien que les relations devinssent chaque jour plus tendues, l« hostilités n'avaient cependant pas encore éclaté entre les cours de Versailles et de Turin. Jusqu'au dernier moment, ie marqui-i de Saint-Nectaire s'efforça de retenir le roi de Sar- <lui^edansle parti français. Il ne quitta la capitale du Piémont 4ue le II octobre 1743, les relations diplomatiques se trouvant ri'inpuea par suite du traité de Worms. La déclaration de guerre *fil celle fois dans les formes les plus courtoises, el Cliarles- Emmanuel offrît son portrait h l'ambassadeur qui prenait congé *if lui. Une armée fnmco-espagnole opéra sur les Alpes en nil, mais sans infliger de revers décisifs aux Piémontais.

Ll' marquis d'Ai^enson, qui recueillit en 1744 la succession «i'Âinelot aux affaires étrangères, était de l'école de Chiuivelin, dont il avait adopté 1» plupart des vues politiques. Parlant 'les traités qui avaient réglé la situation de l'ilalie, après la guerre de lu succession de Pologne, il avait dit : < La France • et ses alliés jouissent de la gloire d'avoir affranchi une si li^^&ineuse partie de l'Europe, mais, veut-on rendre cette révo- ^^Htfion immortelle, il faut y bannir toute sorte de guerre ^^Hpr l'établissement d'un équilibre italique, dont la première ^rtoudilion est l'entière expulsion des Allemands'. « L'étranger expulsé, ajoutait-il, on e(it formé <■ une république ou

HUIT INTRODUCTION

u association étemelle des puissances italiques, comme il y tf en a une germanique, une batavique et helvétiqae ' ». De- %'enu ministre, d'Ai^genson exposa an roi ses projets snr Iltalie dans un long mémoire dont nous croyons deroir reproduire le passage suivant :

c La France peut proposer à l'Italie une tranquillité durable, *.* un partage égal et une indépendance qui loi assurerait le V repos et l'égalité. On commencera par les conditions de ce « partage. ^

» Plan. L'Italie ne serait désormais composée que de six « puissances, quatre monarchies ou souverainetés et deux M républiques : on ne parlera point ici des petites républiques i< de Lucques et de Saint-Marin.

« Ces quatre monarchies seraient le pape, le roi des Deuxa Sicilesy le roi de Lombardie, et le duc de Modène et de Tos- « cane ; et les deux républiques de Venise et de Gènes.

c Le pape, le roi des Deux-^iciles et la république de Venise « resteraient comme ils sont.

« Le roi de Sardaigne, devenu roi de Lombardie, augmen- « icraii son état de tout le reste du Milanais, en lui confirmant « et garantissant ce qu*ii a acquis par le traité de Worms u excepté Final, du Crémonais, du Mantouan, de Parme et « Plaiisance ; mais il laisserait la jouissance de ces deux deru niers États à la reine d'Espagne, sa vie durant.

'( Il céderait : i"" la Savoie à Don Philippe ; 2® l'île de Sar- « daigne au m6me; 3^ le comté de Nice et toutes ses autres « possessions maritimes, depuis la Provence jusqu'à Loano, u seraient cédée aux Génois.

« Les Génois acquerraient ce que je viens de dire.

a Le duc de Modène acquerrait le Grand duché de Toscane. (( La maison de Lorraine aurait en échange les Pays-Bas « catholiques en tout ou partie, et s'appellerait maison de « Flandres ou de Brabant, si on ne lui cédait que cette pro- « vince.

« La Savoie serait réversible à la France faute d'hoirs mâles

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