‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 185 sur 223 · LA REINE DESPAGNE ET L'INFANT DON CARLOS · texte numérisé non relu

LA REINE DESPAGNE ET L'INFANT DON CARLOS

guerre, de la part de ta dièle ? Et qnand la paix se fera, ne faudra-t-il pas ((ue loul ce qui étoit llef de l'emjjire, demeure tel, puisque ce n'est pas de leiopire, mais de l'empereur dont tous les alliés veulent diminuer la puissance? D'ailleurs l'accession, telle que le projet la porte, ne Tournil point à l'empire le sujet de reprocbe que l'uu suppose â Turin. Il est vrai qu'il n'y est point dit expressément que. Hontoue sera possédé en lief par Don Carlos; mais il n'y est point dit non plus qu'il ne le possédera pus en Oef. El, en pareil cas, il est censé, dès qu'il n'y a point d'exception stipulée, que l'État en question ne sera point dénaturé.

3° Quant à ta protestation si souvent et si affirmative me ut renouveliïe de ne jamais Tournir ni tronpes ni artillerie pour lu siège de Mantoue, à la bonne heure que le roi de Sardaigne conserve le dessein, pour le temps de ce siège, de faire servir ses forces à l'observaliou plutôt qu'au siège : en quoi certainement nous l'aiderons autant que nous pourrous. Hais qu'il veuille faire éclater ce dessein, et en faire même une condition avec nos alliés communs, c'est ce qui ne paroit pas bien propre à faire naître la confiance et Ions les sentiments nécessaires entre amis et alliés. Lorsque M. d'Orméa appuie si fort sur ce'poînt, peut-il croire que, dans le cas où l'empereur acquéreroit des alliés contre nous, ces mêmes alliés, en s'engageanl avec lui , stipal£roient que pour toutes les places qu'ils attaquerelient et qui devroient lui revenir, ils ne fourniroient jamais des troupes et de l'artillerie, mais qu'ils s'craploieroient seolement aux armées d'observation? Ils savent tous trop qu'il faut plus de concert el d'autres disposî* tiens dans une alliance pour réussir contre son ennemi.

Je ne rélléchis sur les propos que H. d'Orméa vous a tenus, en disant que son maître sera environné par la maison de Bourbon et qu'il risque tout en cédant Uantoue à l'Infant, que pour souhaiter que pareilles expressions ne parviennent jamais il la cour de Madrid, dont les oreilles ne se familiariseroienl pas aisément avec tes termes de cessions faites des Étals d'Italie par le roi de Sardaigue.

Nous ne sommes pas fichés d'apprendre que le roi de Sardaigne ait eu intention de se justifier de n'avoir pas voulu donner de bataille : cela nous peut faire espérer que, si une fois nos généraux lui proposent quelque opération plus considérable qu'il n'y en a eu depuis le commencement de la campagne, il ne pensera pas pouvoir y refuser son consentement sans des raisons solides el convaincantes.

Quoique nous ae puissions disconvenir que le roi de Sardaigne a quelque raison de dire que la Reine Catholique n'a pas de prédilection pour lui, il n'est pas absolument dans la juste fa^on de penser, quand il croit que cette Princesse s'en prend uniquement à lui, de ce que le Pannesan est fourragé par notre armée. Elle met la chose sur notre compte autant pour le moins que sur celui du roi de Sardaigne. Il faudrait du moins tâcher qu'elle pût oublier tout ce que le Parmesan a soulTert et pourra soulTrir encore cette campagne, et ce ue pourroit être qu'en lui apprenant les Impériaux recnlés et hors de situation de fourrager aussi les Etals de Parme et de Plaisance.

Il faut avouer aussi que le roi de Sardaigne a raison de trouver singulier de n'avoir pas entendu parler de Don Carlos, surtout depuis qu'il a pris possession de Naples comme Roi, mais la considération des circons- Uuces, de l'importance de l'union, et du caractère des personnes qui ne doivent pas absolument être réputées manquer à ces sortes d'égards par ^»enion particulière, puisque le procédé est le même avec presque toutes '^issances, devroit beaucoup arioiblir l'attention et la sensibilité de U

380 LE MARQCIS DE ^AiNT-NKCTAIRH, 1734-1743.

Cour Ae Turin. Je ne pr^tendroi pas qu'elle soit la première k fûre !<• démarches de cérémonial, mais Je soutiailerois toujours qu'elle se fonn»^ lise moins du déraut de celles qui devroieut se faire enrers elle. Le Roi est danii le même cas que le roi de Sardaigue : Don Carlos n's point encore écrit à Sa Majesté sur la nouvelle dignité dont il est revêtu ; ci dantSa Majesté ne s'an-éle poinL à cela, et elle se fiardc Men de toute démonstration qui ponrroit Taire soupçonner qu'il n'y a pas entre lea Cours alliées, un parfait concert et une intelligence intime. Il est bien vrai que l'Infant n'a fait aucune des avances au roi de Sardaigne, qnaud il est entré en Italie, mais il n'en avoit pas personnellement fait davanto^ au lloi, lorsque Sa Majesté, non contente d'avoir ordonné qu'il ffit traiU* à son passage en France, comme un fils de France, l'envoya complu menter par H. le Grand Prieur.

En comparaison des grands intérêts, tous ces faits ne doivent pas empé^ cher ni retarder même l'effet important que feroit contre no» enoerai$i une union véritable et alTermic entre les trois Puissances. L'accessioD uaa fois faite, rout le reste viendra de lui-même. L'ambassadeur d'Espagw envoyé, en est un commencemenl. J'ai même lieu de croire que l'on n'«»« roitfail nulle difficulté de notifier la prise de possession du royaume d Naples,

N'appréhendeï jamais, Monsieur, df faire vos dépêches trop él^odoeir Les circonstances et les détails des propos, du Ion, de l'air et des g des , personnes à qui l'on a iilTaire, rendns exactement par an hontM' comme vous, font souvent juger de l'intérieur de ces mêmes personnes.

Il me seroit difficile de rien ajouter sur le fait de votre cërémnnial avM MH. les maréchaux de France, h ce que nous en avons dit iri et i u je vous ai envoyé encore en dernier lieu ; vous et eux également an pour le bien du service du Hoi, saurei bien être d'accord, quaad niK ré fléchi rex tous sur l'importance de ne rien prétendre de leur part saf' vous qu'il fallfil que, contre votre caractère, vous accordaNsiei daj suite à an capitaine général espagnol, s'il en vanoit un à l'armée de Loinhardie; et, de votre pari, de ne rien exiger d'eux an delà de re qulli pourront accorder à l'ambassadeur d'Espagne, qui, eu tout, exigera tu mêmes choses que vous.

Ce qui ra'aR'ecte, dans ce que l'on a dit de vrai on de supposé, de l'objiri du voyage du Prince et du minisire h Turïn, est la vraisemblance do mauvais état des finances du roi de Sardaigne.

tl est tr^s possible que les Anglois fassent des tentatives auprès de M Prince, et certainement vous devei employer votre application i découvrir ce qui en est.

Cependant, ce n'est pas à la Cour de Turin qu'ils me paroltroienl I* plus â craindre : ils ne sauroient avoir beaucoup à lui pri'ienter it ^ part de l'empereur, qu'ils ne diminuent la part de l'Espagne; el, tàm parvenant i dissoudre l'alliance, et ft faire finir la guerre, ils sonhaiMl préférablement qu'une Puissance demeure plus contente d'eux qu* h* autres, il semble que les Anglois tournerolent leurs vues en faveur d» l'Espagne.

Je trois que vous pouvez prendre dans le sieur de Buis quelque eonlîâDM pour avoir des avis, <^an.^ les payer d'autre chose que de propos qui lui marquent que les inléréLs de la Cour d'Espagne nous sont e.itrémeinfiil ^ ctBur, el sans lui rien dire de votre secret.

Je suis ravi de vous voir aussi occupé que vous le dites à gagner la confiance du roi de Sardaigne el du marquis d'Orméa; vons prévcoei 1»*

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