‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 186 sur 223 · GUERRE DE LA SUCCESSION D*AUTRICHE · texte numérisé non relu

GUERRE DE LA SUCCESSION D*AUTRICHE

exhortations que je me proposais de vous faire là-dessus, fondées sur la connoissance que j'ai que jusques à présent vous êtes craint à la Cour de Turin, c'est ce que j'ai cru ne devoir pas vous cacher, et il suffit que vous en soyez instruit.

Il paroit que le roi de Sardaigne est en disposition de prendre le titre de duc de Milan. Nous n'avons certainement ni droit ni intention de nous y opposer, mais nous souhaiterions que vous pussiez (sans que cela fût trop marqué) trouver les moments et les moyens de le porter à réfléchir lui-même s'il convient bien qu'il prenne ce titre présentement.

Je vous envoie copie de quelques articles d'une lettre de M. de Chavigny', où vous verrez ce qu*il a fait pour engager les ministres de Londres à parler au chevalier Ossorio '. II n'est point question pour vous de communiquer cette copie à M. d'Orméa ni au roi de Sardaigne; mais seulement d'être instruit du fait, et de pouvoir parler avec preuves convaincantes de notre attention en tout à faire connoitre notre concert et notre intelligence avec le roi de Sardaigne ; cela ne peut que vous attirer de la part de ce Prince les mêmes protesUitions.

Au cours de sa mission qui se prolongea pendant neuf ans, le marquis de Saint-Nectaire dut en outre amener le Roi de Sardaigne à adhérer aux préliminaires de paix signés à Vienne entre le Roi de France et TEmpereur, le 3 octobre 1735. II y parvint non sans rencontrer quelque résistance' (août 1736).

L'empereur Charles VI étant mort, le iO octobre 1740, l'archiduchesse Marie-Thérèse sa fille fut, conformément à la Pragmatique Sanction^ proclamée souveraine de tous les États autrichiens. Mais cette succession fut vivement conleslée et fut le signal d'une nouvelle guerre en Europe.

La Cour de France prit parti contre Marie-Thérèse. Il y avait pour elle un grand intérêt à s*atlacher le roi de Sardaigne. Les visées ambitieuses de l'Espagne résolue à profiter des circonstances pour procurer en Italie des États à l'Infant Don Pliilippe, ne permirent pas au marquis de Saint-Nectaire de mener à bien la négociation dont M. Amelot, ministre des Affaires Étrangères, le chargea pour faire entrer Charles-Emmanuel dans l'alliance française. Les directions suivantes furent adressées, à cette occasion, au marquis de Saint- Nectaire :

1. Anne-Théodore ChaTÏgn^rd de Chavigny reprêsenflkit alors le roi à Londres en qualité d'envoyé extraordinaire.

2. Don Joseph Ossorio. chevalier grand-croix et grahd- conservateur de l'ordre militaire des Saints Maurice et Lazare, envoyé extraordinaire du roi de Sardaigne à Londres. II ivprésenu le roi Charles-Emmanuel au congrès d'Aix-la-Chapelle en 1>48 et devint ministre dos Aâ'aires Etrangères à Turin en 1750. II mourut en 17d3.

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