‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 191 sur 223 · RUPTURE AVEC LE ROI DE SARDAIGNE · texte numérisé non relu

RUPTURE AVEC LE ROI DE SARDAIGNE

que la reine d*Espagne ne s'impatiente de tous ces délais, et qa*elle ne prenne son parti indépendamment de la France pour faire passer les troupes par mer.

Cest ce qui détermine Sa Majesté, quelque répugnance qu'elle ait à former d'elle-même le plan de partage, à proposer de laisser au roi de Sardaigne la portion du Milanois comprise entre TAdda et le Pô, et le surplus à l'Espagne. Vous comprenez que, par cet arrangement, la Tille de Pa?ie tomberoit dans le lot du roi de Sardaigne.

En proposant cette idée à M. d'Orméa, vous ne lui cacherez point que j'ai écrit, par ordre du roi, dans le même sens à Madrid, mais sans répondre que le roi de Sardaigne TapprouTât. Gonune Sa Majesté ne répondit point que le roi d'Espagne veuille y donner son approbation, Sa Mig^sté, n'ayant d'autre intention que de faire les premières ouvertures pour satisCeûre aux instances des deux parties, qui, jusqu'à présent, n'ont pas voulu s'expliquer. Sa Majesté a jugé que le plan qu'elle propose, étoit de nature à concilier leurs prétentions réciproques. C'est présentement aux cours de Madrid et de Tiùrin à en juger.

Il n'y a encore aucun changement dans les affaires d'Allemagne assez important pour vous en instruire.

Amelot.

Le Roi de Sardaigne refusa obstinément de céder une parcelle du Milanais à l'Infant Don Philippe. Marie-Thérèse profita de ces dispositions pour faire proposer secrètement certains avantages à Charles- Emmanuel, qui, sans prendre encore d'engagements fermes pour Tavenir, signa avec la Reine de Hongrie une convention provisionnelle, le l** février 1742.

Pendant ce temps, les hostilités avaient éclaté entre l'Espagne et le Roi de Sardaigne. Traversant le midi de la France à la tête d*une armée, l'infant Don Philippe s^empara de la Savoie (septembredécembre 1742). Cependant, le marquis de Saint-Nectaire résidait toujours à Turin et, bien que les rapports entre la France et la Sardaigne devinssent chaque jour plus tendus, Amelot lui adressa, le 6 mars et le S mai 1743, les deux lettres qui suivent, et qui contenaient encore différents projets d'arrangements. Ces pourparlers furent les derniers poursuivis par le marquis de Saint-Nectaire à la cour de Charles- Emmanuel. Le 13 septembre 1743, ce prince signa avec Marie-Thérèse le traité d*alliance de Worms * , et peu après (5 octobre 1743) l'ambassadeur de France quittait Turin, les relations diplomatiques étant rompues entre les deux Cours.

1. Voici quelles étaient les stipulations de ce traité relatives à la Sardaigne : Le roi de Sardaigne renonçait à ses prétendus droits sur Tétat de Milan qu*il

s'était réservés par la dernière convention et garantissait la Pragmatique Sanction.

La reine s'engageait à porter k 30.000 hommes, aussitôt que la situation des affaires

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