PÉRIODE DE NEUTRALITÉ
« Le roi de Sardaigne, » disait le marquis d'Argenson, « ne « craint rien tant que la fin des guerres et la cessation des « occasions de s'agrandir. » Tel fut cependant le sort auquel
î. Lettre de Voltaire du 8 janvier 1746. Cf. Mémoires du marquis d'Argenson, IV, p. 266.
2. Cf. Histoire abrégée des traités de paix y par Koch et Schœll, H, p. 422 et suiT.
L'ALLIANCE FRANCO-AUTRICHIENNE DE 175G. lxxxvii dut se résigner la maison de Savoie pendant la seconde moitié du dix-huilifme siècle.
Lo traité d'Aix-ln-Chapelie avait laissé subsisler de graves causes de conflits enirc les Puissances. En prévision de complications prochaines, la cour de France crut devoir, dès le iendemain de la signatare de la paix, rechercher l'alliance du roi Charles-Emmanuel. Le marquis de la Chétardie et le mari|uis des Issarts. ambassadeurs à Turin de 1749 à nS3, cl M. de Chavigny qui y remplit une mission temporaire en 1750, reçurent pour instruction de travailler à préparer un rapprocliement entre la France et la Sardatgne. La Lomhardie. objet dfs convoitises piémontaises, était encore entre les mains de l'Empereur; on pouvait espérer que Charles-Emmanuel cherchersil du préférence, du côté de la France, un appui propre à servir SCS ambitions. En présence des ouvertures qui lui étaient fùtftf, I« prince savoyard, suivant la tactique favorite de son P^, se lint d'abord sur une prudente réserve, prenant note des diverses propositions, attendant son heure, opposant à luules ces avances une 'neutralité voulue et systématique. En (TS2, certains, détails d'exécution du traité d'Aix-la-Chapelle l'amenèrent à conclure avec i'Impératrice-reine et avec le roi d'Espagne une convention, signée le 14 juin h Aranjuez'. et qui cntrainait garantie mutuelle des possessions territoriales de chacun des États contractants. La cour de Versailles avait él^ lenuc en dehors de ces pourparlers et en conçut quelque nmbmge. En passant à Turin, au mois d'octobre 1752, l'abbé de Bwnis obtint de Charles-Emmanuel et de son ministre, le cheïiiier OssoHo, des éclaircissements qui semblent Hvoir dissipé 1m ilffiances prèles à naître ', Les instructions du chevalier, puis marquis de Chauvelin, qui succéda en 1753 à M. des IsMrts à Turin, furent conçues dans le même sens que celles
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pu incident vint, comme un coup de foudre, Iroubler en Blés relations des deux cours. En capturant le fameux Man-
BCl. Koeh et Sfhœn. Hittoire ahrtgét det traité» dt paix, It, [ KCC MHnoirrs du cardinal de Bernii.