Aff. Etr. Corr. Turin, LVII, LVIII
10 LE PRÉSIDENT SERVIEN, I6i8-I676.
La guerre de dévolution mit un instant Louis XTV dans la nécessîU de chercher sur quelles alliances il pourrait compter, dans le cas oi le théâtre des hostilités viendrait à s'élargir. Le 29 décembre 1661 Lionne chargea le président Servien, par ordre du Roi, de sonder l( duc de Savoie pour savoir s'il serait disposé à s*allier avec Sa Majest en vue d'une action contre les Espagnols en Italie, et moyennan la promesse d'avantages territoriaux dans le Milanais. Ces ouvei tures furent accuellies avec réserve à Turin. La paix d*^x-la>€hapell fut signée avant que, de part et d'autre, on eût eu le temps d'exa miner'sérieusement les conditions dans lesquelles pouvait interveni Tentente projetée *.
De 1670 à 1673, la Savoie eut de graves difficultés de conûas ave Genève et avec Gênes, Le roi de France interposa ses bons office pour faire cesser ces différends et chargea, à cette occasion, Fabb Servien et le sieur de Gaumont de missions spéciales à Gênes et Turin. Pour mettre un terme au conflit entre les Piémontais et le Génois, Louis XIV, qui voulait à tout prix arrêter les hostilités» ec grand'peine, en 1672, à imposer au Duc Charles-Emmanuel unesok tion que celui-ci jugeait insuffisante. En dépit des tendres sentiment dont il faisait profession vis-à-vis du Prince son cousin, le Roi, e de pareilles circonstances, avait le verbe haut. Dans le mémoire sui vant, adressé au président Servien, Louis XIV, comme on peutl voir, va jusq[u*à menacer la cour de Turin d'une rupture des rela lions diplomatiques, dans le cas où celle ci s'obstinerait à repousse ses conseils.