Atf. Etr. Corr. Turin LIX
DIFFÉREND AVEC GÈNES. Il
Majesté a vu par les lettres du sieur dp (iomonf. son \yé Pitraordinairo pour cette atTain;, qui^, quelque peine ladite république eitt fait paroilre à remettre lu [ilace églia et tous les lieux qu'elle avoit occupi^s dans les terres it sieur «lue en m^me temps que la suspension d'armes ai arr^l&sdes deux cdtés, elle sV-toit néanmoins soumise ft condition lorsqu'elle aroit \*u qu'elle étoit désirée par Sa
roi aroil sujet de croire qu'ayant procuré cet avantage it sieur duc de Savoie avec tant de marques de son amitié mr lui, jusqucs à avoir bien voulu ordonner h ses gal^^es il'aji;ir en sa faveur si la république ne lui rcstiluail entièrement Udile place et comté d'Onéglia, dans un temps que ce prince n'occupait aurun poste dans le Génovcsat, Sa Mujesté trouvcroit en lui la mfmc disposition pour finir la guerre, par la
nsion d'armes qu'elle avoit jugée équitable.
apr^s qu'elle a vu, autant par les lettres du sieur Ser-
qnc par celles dudtt sieur de Gomont, qu'en suite de la communication qui avoit été donnée h ce prince des ordres pir lesquels la république avoit ordonné In restitution de la susdite place d'Om'glia et de tous les postes qui étoient occupés par SCS armes, il avoit, par de nouvelles difficultés, dilféré non seulement i^ accorder de semblables conditions qui lui ^tûicnt demandées au nom de Sa Majesté, mais avoit encore formé de nouveaux projets pour continuer la guerre, Sa Majesté sera, qu'ayant tant donné ii sonalfection parliculitre pour ce prince, elle devoit donner aussi à sa dignité, et lui faire connoltre qu'elle ne pouvoil dissimuler l'étonnement qu'elle avoit lie sa conduite.
C'est ce que Sa Majesté ordonne au sienr Servien de lui tfmoigner de sa part, et de lut représenter que, lorsque Sa Majesiti avoit fait toutes choses on sa faveur, qu'elle avoit même fa***' en quelque sorte au delà des termes do la médiation [""ir obliger les Génois h lui remollre ces pinces, et qup, par ^ Bulorité, elle lui uvoil fiiil obtenir les conditions qu'il
' Au sujet de câUe mûsiaii de M, de Gauiiioiil, voir plus lohi [jugo (i'i
roit en I Ëwnmu
avoit pu désirer, elle se trouve extrêmement surprise qu'i] réponde si peu aux intentions de Sa Majesté pour la paix.
Qu'après avoir porté la république de Gênes au point qu'elle le pouvoit le plus désirer, elle ne pourroit souffrir qu'une affaire dans laquelle toute l'Europe a vu sa médiation employée, fut arrêtée de la part dudit sieur duc, et qu'après avoir satisfait à toute son amitié pour lui, elle se trouve de même obligée à satisfaire à ce qui est de sa justice et de sa réputation. Qu'ainsi, en cas que ledit sieur duc n'eût pas encore envoyé ses ordres pour suspendre les hostilités et pour remettre tous les lieux que ses armes auroient occupés sur la république de Gênes, en même temps que ladite république (ainsi qu'elle y a déjà donné les mains) feroit exécuter la même chose de son côté, Sa Majesté désire qu'il fasse expédier lesdits ordres incontinent pour les envoyer au sieur de Gomont qui se trouve déjà chargé de ceux de ladite république.
Que Sa Majesté désire de même qu'il convienne, comme aussi la république le fera de sa part, d'un lieu commode pour les conférences sur les frontières de leurs Etats, telle que seroit la ville d'Aqui dans le Montferrat, et que Sa Majesté n'approuve point que ledit sieur duc fasse naître une difficulté pour la négociation de la paix par la demande que les prisonniers lui soient remis au même temps delà suspension d'armes, puisque la liberté des prisonniers qui auront été faits de part et d'autre, doit suivre et non précéder la conclusion de la paix, aux conditions mêmes qui sont toujours spécifiées dans les traités de la réserve des rançons qui auroient été convenues durant la durée de la guerre.
Ledit sieur de Servien témoignera de môme audit duc que Sa Majesté a vu avec quelque étonnement que, lorsqu'il tenoit des offices et de lautorité de Sa Majesté, la sûreté de la restitution d*Onéglia, il ait voulu non seulement faire marcher ses troupes à la reprise de ladite place, mais ait écrit au commandant des galères de Sa Majesté pour demander qu'il le favorisât dans cette entreprise comme l'effet d'un ordre qu'il auroit de Sa Majesté.
Il est à croire que, lorsque ledit sieur Servien aura insinué