‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 31 sur 223 · Ï DIFFÉREND AVEC GÈNES · texte numérisé non relu

Ï DIFFÉREND AVEC GÈNES

t sieur (lac de Savoie toutes les choses ci-dessus avec la ! et l'adresse qu'il jugera les plus coavenables, il déterminera aisément ce prince à tout ce que Sa M:iJ6slé désire.

Mais, en cas qu'il y (rouvût de l'opposition et qu'il le vît Jans le dessein de continuer une guerre qu'il est de la dignit<Ç de Sa Majesté de faire fînir, depuis que sa médiation y est engagée, il lui témoignera l'ordre qu'il a reçu d'elle, ou d'obtenir ceux qu'il est chargé de lui demander ou de lui faire connoîtrc le juste sujet de plaintes qu'il donneroit à Sa Majesté lorsqu'elle s'emploie avec plus d'affection pour ses intérêts.

Il lui déclarera en mt^me temps que. Sa Majesté voulant faire paruilre à toute l'Italie combien elle a travaillé sincèrement à pacifier uo différend capable d'en troubler le repos, elle a ordonné audit sieur deServien de sortir de la cour dudit sieur duc el Je se retirer à Pignerol, iLcdit sieur de Servien ne viendra qu'à l'extrémité à ces lignages de la juste indignation de Sa Majesté. Il emploiera 'avant toute sortes de raisons, ainsi qu'il a déjà été dit, faire entrer le sieur duc de Savoie dans les justes senli- Is de èa. Majesté,

le si, comme il y a sujet de le croire, ledit sieur duc se it embrasser les moyens que Sa Majesté a jugé les plus impts et les plus convenables pour avancer la paix, ledit sew île Servien supprimera les ordres qui lui sont donnés, et Be laissera point pénétrer le commandement conditionnel qu'il aurait eu de se retirer.

Du reste, îl contribuera par ses offices, apri>s que lesdils oHrcï auront été donnés et exécutés de part et d'autre, pour la cea:<ation d'armes et la restitution des lieux occupés, à faire lue les commissaires soient envoyés dans le lieu nommé pour Ici conférences cl que la médiation de Sa Majesté ait au plus IWson effet pour faire cesser des troubles qui pourroieut par les suites devenir plus considérables.

ta brusque apparition de Louvois à Pignerol eu août 1G7â', qui causa une si vive émotion ea Europe.l'excursioDsIratégiquequcljt au

l'Cf. Camille Rouiiot : llisloire de LouuoU.

même moment Vauban en Piémont, ne purent que contribuer, d'autre part, à démontrer à la cour de Turin que Louis XIV, tout en multipliant les prévenances à Tégard de Charles-Emmanuel, ne reculerait pas au besoin devant les procédés d'intimidation pour assurer la sauvegarde de ses intérêts en Italie.

Le 5 juin 1675, mourut le duc Charles-Emmanuel. Quelques mois après, Servien, usé par la vieillesse et la maladie, fut relevé de ses fonctions (octobre 1675).

« Sa parenté avec Tillustre négociateur du traité de Westphalie » et avec M. de Lionne, mais surtout les qualités de son caractère et » les défauts même de son esprit, l'avaient recommandé au choix de » Mazarin. Le Président Servien était précisément Thomme qui conve- >» nait pour calmer les inquiétudes et pour endormir la vigilance des * ministres piémontais. Il apportait dans les négociations une naïveté, » une candeur qui désarmaient ses adversaires et leur inspiraient

> cette confiance qu'avec un tel représentant si simple et si bon

> homme, il était impossible que la France eût de mauvais desseins ^ » La médiocrité de cet ambassadeur fut, sans doute, le motif pour

lequel Louis XIV, lorsque quelque négociation délicate se présentait, envoyait à Turin des agents en mission temporaire, bien que le président Servien séjournât alors à son poste. De 1650 à 1676, on ne compte pas moins de quatorze Envoyés chargés d'aller entretenir le duc de Savoie des affaires du Roi. On trouvera ci-après les instructions relatives à la plupart de ces missions.

1. Ct, Camille Roussel : Histoire de Louvois, t. III, ch. ii.

M. D ARGExNSOxN

EN MISSION TEMPORAIRE

Dans le courant de l'année 1650, Louis XIV désigna René d'Argenson * pour l'ambassade de Venise. Arrivé à son poste le 18 juin 1651 , cet agent tomba aussitôt malade, et mourut, le 14 juillet suivant, sans avoir pu entrer effectivement en fonctions.

Devant passer par Turin, il avait été chargé d'exposer au duc de Savoie et à la duchesse douairière les vues générales de la cour de France sur Tltalie.

L'Espagne avait refusé de désarmer à Munster. La guerre continuait avec une âpreté sans égale. Non content d'attaquer la France sur les champs de bataille, le cabinet de Madrid fomente à Tintérieur ^e nos frontières les plus cruelles discordes civiles. Reprenant la «Dite déjà poursuivie au delà des Alpes, avant les premiers troubles ^e la Fronde, Mazarin désire tenter un nouvel effort pour chasser les Espagnols de leurs possessions italiennes. Pour arriver à ce résultat, il a besoin de la coopération des Princes et des États de la

1- René de Voyer, cheyalier, seigneur d'Argenson, de la Baillolière, de Chastres

«iTouraine, et de Vieil -le-Ménil en Berry, né le 21 novembre 1596, conseiller au

l^Iement de Paris, le i5 novembre it>19, conseiller d'Etat le 2 août 1625, inten-

<itot du Dauphiné et des pays adjacents pour la guerre d'Italie et de Savoie, le

n octobre 1630, intendant de Berry, Touraine, Angoumois, Limousin, le 12 août

'G3, intendant d* Auvergne le 30 juin 1634, intendant de Tarmce dltaUe le 21 mars

f637, chargé de négociations en Catalogne le 18 septembre 1641, conseiller d'Elat

ordinaire le 8 mars 1643, intendant de Poitou, Saintonge et Angoumois le 1" avril

fW4, chargé le 24 mars 1646 de négocier avec le pape, le grand-duc de Toscane et

autres princes d'Italie, ambassadeur à Venise le 24 juin 1650. Il embrassa l'état

ecclésiastique le 24 février 1651 ; après quoi, il se rendit à Venise où il mourut

le 14 juillet 1651.

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