EN SES CONSEILS
Aff. Etr. Corr. Venise, t. LVI, fol. 448.
Paris, 2i mars 1651.
Sa Majesté voyant, par cet enchaînement d'iniquités dont l'Espagne se rend coupable dans sa conduite non seulement envers
la France, mais envers tous les autres Etats, qu'il faut perdre absolument toute espérance de paix, et connaissant fort bien qu'il ne lui est pas possible, tant que ses ennemis seront en cette humeur, de procurer le repos à ses peuples, elle a appliqué depuis quelque temps toute sa pensée aux moyens qui se pourroient pratiquer pour essayer, malgré toute l'aversion qu'y ont les Espagnols, à donner au moins ce repos à l'Italie, et à la mettre en sûreté contre les efforts de leur ambition, et de l'envie démesurée qu'ils ont toujours fait paroître de se rendre maîtres absolus de cette grande province. Ce sont sentiments d'amour et de tendresse qu'elle a hérités