M. D'ARGENSON
d'en être sollicitée à mesure qu'elle Ta cru en état de les pou voir défendre de Tinvasion des Espagnols.
Et plût à Dieu que cette vérité eût été bien reconnue de Princes d'Italie dans le temps que la France en faisoit tant d protestations avec toute sincérité ; car, comme ils y avoient l plus d'intérêt, s'ils eussent voulu y contribuer de leur partie efforts qu'ils pouvoient faire facilement pour chasser les Espa gnols de l'Etat de Milan et ensuite des royaumes de Naples e de Sicile pour partager après le tout à ceux qui se seroien intéressés avec cette couronne en ces entreprises, Tltalie s verroit aujourd'hui délivrée de toutes les armes étrangères c ne seroit pas à la veille de retomber dans les mêmes crainte qu'elle a eues par le passé avec raison de la trop grande puis sance des Espagnols, puisqu'on les voit faire présentement d plus grands efforts qu'ils n'ont encore fait pour y remporte des avantages considérables et conformes à leurs premiers pro jets de la monarchie universelle ; témoin les négociations c les vives poursuites qu'ils font dans la cour de TEmpereui pour faire repasser les monts aux troupes allemandes au pré judice du traité de la Paix de l'empire et les grands apprêt d'hommes, de vaisseaux et d'argent que fait le vice-roi d< Naples avec des violences, des injustices et des extorsions qu n'ont point d'exemple, tirant pour cela la plus pure substanc et le plus pur sang des peuples, et se glorifiant lui-même d faire, par cette cruelle politique qui ruine un Royaume entie deux grands coups d'État pour le Roi son maître, l'un d'e] tirer de grandes sommes d'argent pour entretenir en Italie un armée puissante et d'autant plus capable d'y faire de grand progrès, que la France, à cause des divisions domestique qu'elle a eues depuis quelque temps, ne sera pas en état d s'y opposer si fortement que par le passé, et l'autre de châtie les rebelles qui ont eu part à la dernière soulevation dudi Royaume, les obligeant par une extrême misère et nécessité s'enrôler pour aller à la guerre et mettant le pays en état d ne pouvoir plus par pure inanition lever les yeux ni songer aucun moyen pour secouer le joug insupportable de la tyranni qu'il y exerce.
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POLITIQCE FRANÇAISB ES ITALIE. Pour venir mûnleDanl au point principal qui a obtig«< Sa tMijesté i jeter les yeux sur une personne de la suffisance du Heiir d'Ai^enson pour l'envoyer en Italie, Sadilc Majeslj vouht par tous moyens possibles emp^her que les Espagnols ne l'agrandissent aux dépens des Princes de c«tte province-là, cl qu'ils ne profitent d'un cMé de la ni5cessilé où la Rt'publique qui a toujours maintenu avec grand courage la commune liberté, se trouve aujourd'hui d'employer ailleurs toutos ses forces, et de l'affoiblissement aussi où les guerres passées onl laissa d'autres Princes qui sans cela auroicut bien te cœur, la volonté et les moyens de s'opposer vigoureusement i!l leurs deascias, et qu'enfin ils ne se pi'évaillcnt de la conjoncture des mouvements intestins dont la France est travaillée et qui l'empfcbeot de pouvoir continuer les mêmes grands efforts qu'elle ï faits jusqu'ici pour la défense de l'Italie : Sudite Majesté a résolu de faire toutes les offres et avances qui peuvent dépondre d'elle pour finir au moins présentement la guerre en cette Province-là, puisque l'aversion exlri^mc qu'ont ses ennemis pour la piii générale ne lui laisse pas de lieu d'en espérer la conclusioD en tous les endroits où les armes agissent.
Sa Majesté ne doute point que si les 8inc^re3 intentions lo'ellc a pour le repos et la liberté de l'Italie sont fortement Hcondées par la République et par les autres Princes, comme '6ur intérêt propre le requiert plus que celui de cette couronne, les Espagnols ne soient contraints d'y acquiescer et d'y donner les mains malgré toute l'aversion qu'ils y peuvent avoir; car folin il faudra qu'ils s'expliquent de leur dessein, et s'ils n'en Uni point d'autre que celui de la conservation des États qu'ils possèdent en Italie, comme ils l'ont si souvent protesté, ils trouveront cnlî^rement leur compte dans cette ouverture, que si les grands préparatifs qu'ils font avoiunt pour but de s'agrandir par l'oppression des autres Princes, ceux-ci reconnoîtront tous la nécessité absolue qu'il y a de se joindre k Sa Majesté et s'engager à tout pour les empCchcr do venir & bout d'un si JDstc projet, et qui va directement h. leur ruine, Pour cet effet, le Roi donne pouvoir audit sieur d'Argenson lie déclarer et promettre de sa part qu'il retirera ses armes de
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Casai et du Montferrat et des places du Piémont qui sont encore demeurées en ses mains, à Texception de Pignerol et de son finage qui a été réuni à la couronne en exécution du traité de Quérasque, et cette réunion confirmée depuis par celui de la paix de TEmpire : outre que les Princes d'Italie connoissent assez combien il leur importe plus qu'à la France que ce poste demeure entre ses mains pour avoir toujours une porte ouverte à recevoir les secours de cette couronne dans les oppressions que TEspagne pourroit entreprendre de leur faire.
Que les Espagnols, de leur côté, rendront Verceil et tout ce qu'ils ont occupé à la maison de Savoie et qu'ils réduiront les troupes pour la garde de l'État de Milan à leur ancien pied.
Et pour ce qui est de Casai, tous les Princes d'Italie ayant le même ou plus grand intérêt que la France qu'il ne puisse^en aucun temps tomber en la puissance de l'Espagne, M. le duc de Mantoue donnera sa promesse en la forme qui sera désirée de lui de jamais ne consentir que par aucune voie ou traité ou sous quelque prétexte que ce puisse être, les armes Espagnoles entrent dans ledit Casai et tous les Princes d'Italie ou au moins la République, M. le duc de Savoie, et M. le Grand-Duc s'obligeront en la meilleure forme qui sera avisée de delà à la manutention de ladite promesse du Duc de Mantoue et observation de cet article.
Et, si pour donner plus de moyen audit sieur Duc de garder la place et la garantir de toute surprise et attaque, il étoit jugé nécessaire d'y tenir une forte garnison, la France contribuera volontiers pour son entretien soit en public, soit en secret, la somme qui sera convenue.
Il est aisé de voir que l'avantage que les Princes d'Italie retireront de l'établissement de cette paix, si elle peut se conclure, prévaut incomparablement à tout ce qui peut être de celui de Sa Majesté, laquelle avec un petit corps d'armée seulement pourroit bien obliger les Espagnols à y entretenir toujours grand nombre de troupes et à y faire de grandes dépenses et néanmoins elle consent de très bon cœur pour leur considération à cette paix et en fait elle-même la première ouverture,