AUTRES COURS ITALIENNES
iétii que jamais de s y appliquer, vu la puissance dont sont accras les Espagnols, et le dessein qu'ils font paroitre plus que jamais, par l'oppression de cette noble province, de parvenir à la monarchie universelle.
Dest remis à sa discrétion d'aller à Parme et à Modène, et de donner telle part qu'il jugera à propos auxdits ducs du sujet de son voyage, se servant des lettres de créance qui lui sont données pour eux, en caâ qu'il juge y devoir aller. Et, il doit être averti que, depuis peu, Sa Majesté a donné entière satisfaction aux prétentions dudit duc de Modène, et a si bien traité le cardinal son frère, qu'elle peut faire fondement de leur affection et service en toutes sortes de rencontres *
1. On trouTera la suite de cette instruction dans le Tolume relatif à Mantoue.
EN MISSION TEMPORAIRE
Les traités des Pyrénées et d'Oliva ont rétabli la paix en Europe. Maiarin met à profit cette période de calme pour s'efforcer de dissiper certains malentendus qui existent entre le Saint-Siège et la cour de France. Il fait choix pour cette mission de Charles Colbert*, sieur de Vandières, président au conseil d'Alsace, frère du grand Colbert, et qui devoit s'illustrer, dans la suite, comme secrétaire d*État des Affaires Étrangères, sous le nom de Croissy.
Parmi les questions que Tenvoyé de Louis XIV aura à traiter à fc)rae flgurent deux affaires d'assez minime importance, concernant la possession de Castro et de Comacchio, mais qui présentent un lûlérôt particulier pour d'anciens alliés de la France, les ducs de Parme et de Modène. Le traité des Pyrénées qui, par ses articles 99 et 100, avait mis les démêlés de ces petits États au rang des affaires internationales, fournissait un prétexte plausible à notre intervention.
Le mariage récent du duc de Parme avec la princesse Marguerite de Savoie avait eu pour conséquence d'associer, en quelque sorte, la Cour de Turin à ces revendications, et Charles-Emmanuel était en vain intervenu pour obtenir du Saint-Siège une solution satisfaisante de l'affaire de Castro.
1. Charles Colbert (1629-1696), sieur de Vandières, plus tard marquis de Croissy, ioccessivement conseiller d'Etat, intendant en Alsace et premier président du conleil souTerain de cette province, intendant en Touraine, Anjou et Bretagne, plénipotentiaire aux congrès d'Aix-la-Chapelle et de Nimègue, secrétaire d'Etat des Aifaires Étrangères de 1679 à 1696.
Sur sa route, le Président Colbert s'arrêta à Turin. Muni de lettres de créance pour le duc de Savoie, il devait se concerter avec Ennemond Servien, ambassadeur ordinaire du Roi, pour informer Charles- Emmanuel du but de son voyage, et s'entendre avec lui en vue d'une action commune des cours de Paris el de Turin auprès du Saint-Siège.
Les instructions relatives à cette mission portent la date du 12 octobre 1660. Elles ont été déjà publiées dans le Recueil des Instructions aux ambassadeurs de France à Rome^ par M. Hanotaux, tome I, page 41.
Voici la partie de ces instructions relative à la cour de Turin.
MÉMOIRE POUR SERVIR D LNSTRUCTION AU SIEUR COLBERT DE VANDIÈRESy CONSEILLER DU ROI EN SES CONSEILS, s'eN ALLANT POUR LE SER- VICE DE SA MAJESTÉ A ROME.
Aft. Etr. Corr. Rome, t. CXXXVn, fol. 457.
12 octobre 1660.
... L'alliance que M. le duc de Parme' a prise de nouveau avec la maison royale par son mariage avec la princesse Marguerite de Savoie ' qui a l'honneur d'être petite-fille de Henri le Grand et l'amitié que Sa Majesté professe avec M. le duc de Savoie étant un nouveau motif à Sa Majesté d'embrasser avec d'autant plus de chaleur la cause dudit sieur duc de Parme en ce qui regarde ses intérêts de Castro, poui lesquels elle a déjà ci-devant employé son intercession auprès de ce pape-ci, le sieur Colbert prendra son chemin par Turin pour aller en Italie, afin de se servir de Toccasion de son passage pour saluer Madame Royale et M. le duc de Savoie de la part de Sa Majesté et tirer mérite auprès d'eux du sujet de
1 . Ranuce II Famèse, duc de Parme, succéda à son père Odoard en 4646. I épousa, le 29 avril 1660, Marguerite- Yolande de Savoie, sœur du duc Charles- Emmanuel II.
2. Marguerite-Yolande de Savoie, fille de Victor-Amédée I*' et de Christine d France.