‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 46 sur 223 · Minute de la main de Lionne · texte numérisé non relu

Minute de la main de Lionne

2. Charles, duc de Crcqui, prince de Poix, gouverneur de Paris, ambassadeur près le Saint-Siège ; mourut à Paris le 13 février 1687.

3. Anne-Armande de Saint-Gelais Lusignan, duchesse de Créqui.

AFFAIRE DE LA GARDE CORSE A ROME. Ai

que les parents du Pape et ses ministres, ne s'élanl mis jusqu'ici en aucun devoir ni de châtier les coupables et, au contraire, les ayant fait évader, ni de faire faire d'ailleurs à Sa Majesté les satisfactions et réparations qui sont dues à une si grande offense, Sa dite Majesté en est si vivement touchée, voyant son honneur blessé qui lui est plus cher que ses Etals et que sa propre vie, qu'elle a résolu d'en pousser son juste ressentiment à toutes extrémités pour faire repentir les parents du Pape de leur audace et de leur imprudence, conservant loujoure le respect et la révérence qui est due au Saint-Si^ge; que, pour cet effet, si elle n'est promptement et amplement satisfaite, à quoi elle voit que la cour de Rome ne se dispose pas, elle a dessein d'envoyer une armée de douze mille hommes de pied, composés la plus grande partie de ses gardes françoises et suisses, el de six mille chevaux dans l'Etat de Castro, et que ce qu'elle ne pourra pas embarquer d'infanterie dans ses vaisseaux devant faire le chemin par terre, elle prie M. le duc de Savoie de lui accorder le passage par ses Etats pour Icsdites troupes, en payant ce qu'elles y prendront pour leur subsistance, l'assurant qu'elle donnera si bon ordre à faire vivre les soldats en r^gle et avec discipline dans leur marche, queses sujets n'en recevront aucune surcharge ni incommodité. Cependant Sa Majesté se tiendra très obligée de cette facilité que ledit sieur duc lui donnera, se promettant même de son affection qu'il voudra bien la seconder et se joindre à elle en ttnc cause qui est commune à tous les Princes.

Ledit sieur d'Aubeville fera aussi la môme demande pour ce passage et aux mômes termes aux sieurs ducs de Parme et de Modènc, et au Grand-Duc, lorsqu'il passera à Florence pour aller trouver le duc de Créqui; ajoutant au Grand-Duc que Sa Majesté lui demande aussi l'entrée et la commodité de ses ports <le Porto-Ferraio et de Ligourne pour les vaisseaux et galères î^e Sa Majesté pourra envoyer de ce côté-là, chargés de sol- <lalesque.

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