‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 70 sur 223 · PREHIÈRES DÉMARCHES DE L'AMBASSADEUR · texte numérisé non relu

PREHIÈRES DÉMARCHES DE L'AMBASSADEUR

incessamment cette ambassade. Elle a fait chois pour ce sujot

du sieur abhft d'Estrades ci-devant son ambassadeur ordinaire

à Venise, et qu'elle a bien voulu bonorer de ce m^mc titre

ilaos la cour de Savoie. Elle a élé tellement satisfaite de- sou

i^ !«?, de sa fidélitë et de son application dans l'emploi qu'il vient

de quitter qu'elle ne doute pas qu'elle n'en ait la môme salis-

fiLction danscelui qu'elle lui commet aujourd'hui, d'autant plus

même qu'il pourra y trouver plus de facilite auprOs d'une

pi*i.iiCËSse attachf^e depuis si longtemps et si étroilementà la

Fï-ance.

Comme le service de Sa Majesté demande que le sieur marquis de Villars se rende le plus dilUgcmment qu'il se pourra à Madrid, que Sa MajesU* lui a ordonné pour cet effet d^ presser son départ de Turin, el qu'elle est bien aise de ne I*oinl laisser ce poste sans ambassadeur, son intention est que sieur abbé d'Estrades y arrive avant qu'il le quitte et qu'il rte par les voies les plus promptes pour arriver en Pii'mont, laissera les ordres nécessaires à Paris pour pri^parer et pour envoyer son équipage et attendra jusques ît ce qu'il les !ïtlt à faire son entrée et à prendre son audience avec les rfmonics accoutumées.

Comme îi demeurera encore quelques jours avec le sieur *-*iarquis de Villars. il s'instruira parliculi^rcment de lui, de ^-*outes celles qui sont pruliquik's en celle cour, à l'égard des ^ambassadeurs ordinaires de Ka Majesté, el prendra de lui toutes * es lumi^res qu'il a acquises durant le cours de son emploi, ,ulaDt touchant les affaires et les intén^Is généraux du duc Savoie, que du dedans et du particulier de cette cour. Il pourra connottre plus particulièrement par lui l'esprit de I.Uadame la duchesse de Savoie, les inclinations de ses ministres ou contraires ou favorables i^ la France et la vérité des assurance» que celte princesse fait toujours donner h Sa Majesté d'uD attachement inviolable à ses intérêts.

Aussitdt après son arrivée à Turin, il fera demander par IVnlremise du sieur marquis de Villars une audience particulière de Madame de Savoie et y sera conduit par lui sans cérémonie. Il lui remettra la lettre de la main de Sa Majesté, dont

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il est chargé et l'accompagnera des termes les plus o1 qui peuveat marquer à cette princesse l'amitié de Sa Majesté. E lui en fera voir comme une preuve bien effective le soin qu'eUl a eu de remplir l'ambassade qu'elle entretient auprès d'ellq auesitAt qu'elle a pris la résolution de faire passer le sien marquis de Villars en Espagne ; qu'elle n'a point voulu qui y eut la moindre discontinuation dans ce témoignage si publii qu'elle est accoutumfie de donner de sa considération pour elt et pour M. le duc de Savoie son fils, qu'elle le faitmème av« d'autant plus de plaisir dans un temps que, venant de donnd la pais à l'Europe, elle est bien aise de lui marquer le gv| qu'elle lui sait de la feimelé avec laquelle elle est demeur^ dans son alliance durant tout le temps de la guerre. II! ajoutera de fortes assurances de la satisfaction que Sa Majcsil a de sa conduite, de la confiance qu'elle a en son zèle poaj tous ses intérCts et du fondement certain qu'elle doit toujooi faire sur l'affection de Sa Majesté tant pour elle que pour M. I duc de Savoie, son fils.

Après s'être acquitté de ce devoir auprès de celle princes» comme il seroit trop longtemps dans l'attente de son équipagi sans entrer dans tout le commerce de celle cour, Sa Majeil trouve bon qu'il visite de même en particulier M. le di de Savoie, Madame la princesse Marie sa tante', le prince t Carignan et le chevalier de Savoie 'son neveu.

Mais, avant toute autre chose, il verra M. le marquis | Saint-Maurice, qui tient le premier rang dans la confiance i Madame la duchesse de Savoie et qui a la principale part dai les affaires. Comme ce ministre a servi longtemps eu qualîl d'ambassadeur de feu M. le duc de Savoie auprès de S Majesté, que sa maison conserve encore des biens considérabb qu'elle a reçus des rois ses prédécesseurs, qu'il a toujours pr< fessé un zèle fort véritable pour son service, et qu'il a pal fort convaincu que le seul parti des ducs de Savoie ses maiUi

I. Marie d« Bonrbon-SoissonB, princesse Marie de SsToie, Teora du prii Thoms» de Savoie depuis le 22jaii«ier 1656. Ell« ilaii graod'LaDle du doc Victi Amidtt II et mourut le 3 juin 1692.

3. Looia-Jules de Saioie-Soissnns dit lechetalierde Savoie, né en lS90,gottTl neni de. Salaces, luA en 1683 au siège de Vienne.

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