‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 71 sur 223 · LE MARQUIS DB SAINT-MAURICE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DB SAINT-MAURICE

^toit de mériter par un attachement sincère les bonnes grâces de Sa Majesté, le sieur a.bh6 d'Estrades prendra soin de lui renouveler les assurances qu'il a déjà reçues en tant d'occasions, de l'aiïection et de l'estime de Sa Majesté pour lui. 11 lui fera connoitre qu'elle le voit avec plaisir dans la place qu'il occupe auprès de Madame la duchesse de Savoie, qu'elle sait gii'il secondera par ses conseils raffection de cette princesse pour la France, et qu'il contribuera de bonne heure avec elle à l'inspirer au prince son fils.

Il ne se présente point d'alTaires dans lesquelles Sa Majesté /tcxisse donner des marques de son amitié et de sa protection & f^t.te princesse, ni en recevoir de son zèle pour ce qu'elle pourro il désirer d'elle.

La tranquillité générale que le Roi vient de donner & l'Europe

i&^s met pas Sa Majesté en étal de lui demander aucunes

I* *~euves de l'attachement qu'elle professe pour son service.

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Il pourra lui parler d'autant plus de celte sorte xjue Sa

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■^^nnoissance qui lui a été donnée d'une affaire importante et

^ui est connue particulièrement au dit sieur abbé d'Estrades.

Aussi pourra-t-il faire valoir à cette princesse le choix que

^^^&a Majesté a fait de sa personne pour cette ambassade comme

^^^kne complaisance qu'elle a eue pour elle. Le sieur abbé d'Estra-

^^^Bes est instruit de la peine extrême qu'elle a soufferte depuis

^^^que les ambassadrices de France, qui n'avoienl qu'un tabouret

chez lex deux dernières duchesses de Savoie, dont l'une était

611e et l'autre pelite-fille de France, onl eu une chaise à dos

devant Elle. Elle n'a rien oublié pour faire rélablir ces choses

en leur premier état. Mais comme Sa Majesté n'a point voulu

^H ipportor de changement à une différence qu'elle a si justement

iO* L'ABBÉ D'ESTRADES, 1670-1688.

il est chargé et l'accompagnera des termes les pins obligeants qui peuvent marquer à cette princesse l'amitié de Sa Majesté, il lui en fera voir comme une preuve bien effective le soin qu'elle a eu de remplir l'ambassade qu'elle entretient auprès d'elle, aussitôt qu'elle a pris la résolution de faire passer le sieur marquis de Villars en Espagne ; qu'elle n'a point voulu qu'il y eut la moindre discontinuation dans ce témoignage si public qu'elle est accoutumée de donner de sa considération pour elle et pour M. le duc de Savoie son fils, qu'elle le fait même avec d'autant plus de plaisir dans un temps que, venant de donner la paix à l'Europe, elle est bien aise de lui marquer le gré qu'elle lui sait de la fermeté avec laquelle elle est demetirée dans son alliance durant tout le temps de la guerre. Il j ajoutera de fortes assurances de la satisfaction que Sa Majesté a de sa conduite, de la confiance qu'elle a en son zèle pour tous ses intérêts et du fondement certain qu'elle doit toujours faire sur l'afi'ectîon de Sa Majesté tant pour elle que pour M. le duc de Savoie, son fils.

Après s'être acquillé de ce devoir auprès de celte princesse, comme il seroit trop longtemps dans l'attente de son équipage, sans entrer dans tout le commerce de cette cour, Sa Majesté trouve bon qu'il visite de même en particulier M. le duc de Savoie, Madame la princesse Marie sa tante', le prince de Carignan et le chevalier de Savoie 'son neveu.

Mais, avant toute autre chose, il verra M. le marquis de Saint-Maurice, qui tient le premier rang dans la confiance de Madame la duchesse de Savoie et qui a la principale part dans les affaires. Comme ce ministre a ser^i longtemps en qualité d'ambassadeur de feu M. le duc de Savoie auprès de Sa Majesté, que sa maison conserve encore des biens considérables qu'elle a reçus des rois ses prédécesseurs, qu'il a toujours professé un zèle fort véritable pour son service, et qu'il a paru fort convaincu que le seul parti des ducs de Savoie ses maîtres

1. Ifarie de Boorboii'SoiiKitis, princeue llarie de SiTOÎe, T«nTe da prince TbotDu de Saisie depuii le XljsnTier 1S5S. Elle étail gruid'lùile do duc Victoi^ Amtdée n et moarut le 3 juin 169!.

S. Loois-Jolea de Saioie.Soitsins dil le cheislier de Siroie, as en 1660, goDTernaur da Silnces, tué en 1683 an sitg« de V!eiui«.

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mériter par un attachement sincère les lionnes grâces de Sa Majesté, le gieur abbt^ d'Estrades prendra soin de lui nouvcler les assurances qu'il a déjà reçues en tant d'occa- >tiB, de t'affeclion et de l'estime de Sa Majesté pour lui. Il li fera connoUre qu'elle le voit avec plaisir dans la place qu'il cnpe auprès de Madame la duchesse de Savoie, qu'elle sait «Ju'il secondera par ses conseils l'afTection de cette princesse ÏXxir la France, et qu'il contribuera de bonne heure avec elle ^ l'inspirer au prince son fils.

Il ne se présente point d'affaires dans lesquelles Sa Majesté F*x»iBse donner des marques de son amitié et de sa protection à *^^lte princesse, ni en recevoir de son zèle pour ce qu'elle ponr- ■"«iit désirer d'elle.

La tranquillité générale que le Roi vient de donner à l'Europe *^« met pas Sa Majesté en état de lui demander aucunes ïkreuves de l'attachement qu'elle professe pour son service. VKinsi, le sieur abbé d'Estrades se contentera de l'assurer <)u'eltc peut se promettre, dans les occasions qui pourroient se présenter et qui lui importeroicnt davantage, des effets de l'amitié et de la protection de Sa Majesté.

Il pourra lui parler d'autant plus de cette sorte ^ue Sa Majesté a été plus satisfaite dans ces derniers temps de la nanière dont elle s'est conduite dans tout ce qui a pu regarder le désir et les intentions de Sa Majesté et des assurances qu'elle lui a données d'user avec le secret qu'elle devoit de la I connoissance qui lui a été donnée d'une aiïaire importante et

^^^■•tii est connue particulièrement au dit sieur abbé d'Estrades. ^^^B Aussi pourra-t-îl faire valoir à cette princesse le choix que ^^^■8> Majesté a fait de sa personne pour celte ambassade comme UDc complaisance qu'elle a eue pour elle. Le sieur abbé d'Estrades est instruit de la peine extrême qu'elle a soufferte depuis ^^m que les ambassadrices de France, qui n'avoient qu'un tabouret ^^H flbez les deux dernières duchesses de Savoie, dont l'une était ^^^ fille et l'autre petite-fille de France, ont eu une chaise à dos l devant Elle. Elle n'a rien oublié pour faire rétablir ces choses

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