‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 87 sur 223 · DÉMARCHES AUPRÈS DES DUCHESSES · texte numérisé non relu

DÉMARCHES AUPRÈS DES DUCHESSES

naissance d un prince qui augmentera encore la satisfaction de Sa Majesté, aussi bien que celle dudit duc, et qu'elle verra toujours avec un sensible plaisir tout ce qu*il lui pourra arriver de prospérité.

11 parlera aussi aux deux Duchesses de Savoie, en conformité de ce que contiennent les lettres de Sa Majesté, et Elle lui laisse la liberté de revenir auprès d'EUe aussitôt qu'il le jugera à propos.

Fait à Versailles, le 26 décembre 1685.

AMBASSADEUR

comte de Rébenac > arriva à Turin le 13 janvier 1690. La rupture ^i^ti-c la France et la Savoie se produisit le 4 juin. Les divers traités ^u i firent entrer Victor-Amédéc dans la coalition portent les dates ^^i^v-antes : avec TEspagne, le 3 juin 1690, avec TEmpereur le 4 juin, l'Angleterre et les Pays-Bas le 20 octobre. ï^<3ndant les six dernières semaines qui précédèrent le commencet des hostilités, la situation était devenue tellement tendue, que *^ <iiplomate dut forcément céder la place au commandant en chef troupes françaises en Piémont. Durant cette période, Câlinât ita directement avec Victor-Amédée d'après les instructions qu'il ^^^ovait chaque jour de Louvois, et sans même que Rébenac fût le P^^s souvent tenu au courant des diverses phases constamment ^ii^^iigeantes de la négociation. Dans ces conditions, l'envoyé du Roi "^^ put jouer, pendant sa courte ambassade, qu'un assez triste per- ^^ïinage. En dépit de ses efforts et de son zèle, il paraît avoir, à ^^fttains moments, été sévèrement jugé à la cour : « Sa Majesté a ^ 1 ieu de croire, » écrivait Louvois à Catinat le 1 8 mai 1690, c par des

^ • François de Pas (1649-1694), second fils d'Isaac de Pas, marquis de Feuquières,

^^niiu d*abord sons le nom de chevalier d'Harbonniôres, prit le nom de Rébenac

M^^èsson mariage avec Jeanne d'Esquille, petite nièce et unique héritière d^Amaud

^ la Barthe, vicomte de Rébenac, lieutenant général au gouvernement de Béam et

^^ Navarre, remplit plusieurs missions diplomatiques en Suède (1678) en Dane-

^^k,àZeU et à Brunswick, et près de TElecteur de Brandebourg de 1679 à 1688,

^^bassadeur en Espagne en 1688-1689; • fort honnête homme et fort employé et

* distingué dans les négociations • . (Saint-Simon, année 1698.)

186 L& COMTE DE RÉBENAC, 1690-1691.

« avis qu*elle a reçus, que M. de Rébenac tripote avec le marquis de « Saint-Thomas, et ne lui rend point un compte juste dp tout ce qui « se passe à la cour de Turin ^ >

Au moment où Rébenac prenait possession de son ambassade, on était loin cependant de croire, dans les conseils du grand Roi, que le Duc de Savoie, même soutenu par l'empereur et par TEspagne, ocrait rompre une alliance qui durait depuis cinquante-cinq ans et qui était devenue, en quelque sorte, une habitude pour les deux cours.

Les directions remises à Tenvoyé de Louis XTV signalent, il est vrai, < la mauvaise disposition d'esprit du duc de Savoie » ; elles enjoignent à l'ambassadeur de surveiller attentivement les rapports de ce prince avec les ennemis du Roi, de dissuader Victor-Amédée d'augmenter ses troupes et de rappeler les régiments piémontais qu'il a envoyés servir en France. Mais elles ajoutent en manière de correctif: « Sa Majesté s'assure que plus le duc de Savoie avance en c âge et dans la parfaite connoissance des affaires de son État, et « plus il entre dans toutes les raisons qui le doivent obliger de c demeurer inséparablement uni aux intérêts de Sa Majesté et à c désabuser même tous ses voisins des vaines espérances quHls c pourroient avoir de lui inspirer des sentiments contraires à ses c véritables intérêts. »

Voici le texte de ces instructions qui furent rédigées sous le ministère de Colbert de Croissy.

MÉMOIRE POUR SERVIR D*INSTRUCTION AU SIEUR COMTE DE RÉBENAC, s'en ALLANT EN QUALITÉ d'aMBASSADEUR EXTRAORDINAIRE DU ROI AUPRÈS DU DUC DE SAVOIE.

Aff. Etr., Corr. Turm, t. XCI, fol. 207.

Versailles, 4 noTembre 1689.

Sa Majesté ayant résolu de rappeler auprès d'elle le marquis d'Arcy, son ambassadeur extraordinaire à Turin, elle a estimé qu'il étoit important au bien de son service de remplir en même temps cette ambassade d'une personne qui ait toutes les qualités nécessaires, tant pour acquérir Testime de M. le duc de Savoie et de ses ministres, que pour les empêcher de rien

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