‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 88 sur 223 · Camille Rousset : Histoire de LouvoiSt IV, p · texte numérisé non relu

Camille Rousset : Histoire de LouvoiSt IV, p

■ ■AOVAISES dispositions du duc de SAVOIE. 137

"ftire, dansU coajoncture présente, qui puisse être désagréable i Sa Majesté, et, comme elle est tr^s satisfaite des bons services que ledit sieur comte de Rébenac lui a rendus, tant dans l'amhassade d'Espagne qu'auprès de l'Électeur de Brandebourg et des princes de 1» maison do Brunswick et Luncbourg ', et dans tous les autres emplois que Sa Majesté lui a confiés, elle ne doute point aussi qu'il ne sache conduire les négociations dont Sa Majesté le chargera pour la cour de Savoie avec toute t'adresse et la capacité dont il a déjà donné tant de preuves. C'est pour cet effet qu'elle lui ordonne de se rendre à Turin le plus dilligeammont qu'il lui sera possible pour y recevoir flu marquis d'Arcy lous les éclaircissements et connoissances (juil a pu prendre dans cette cour depuis que Sa Majesté l'a honoré de cette ambassade, et s'instruire principalement de l'état des affaires qui ont passé par les mains dudit sieur d'Arcy. lies difficultés qu'il y a trouvées dans la mauvaise disposition d'esprit du duc de Savoie, et généralement de tous les obstacles ou facilités que ledit sieur d'Arcy a rencontrés dans l'exécution des ordres de Sa Majesté, comme aussi du fondement que Sa Majesté peut faire, tant sur ce prince que sur ceux qui ont le pins de part à l'administration de ses affaires.

Après que ledit sieur comte de lîébenac aura reçu ces premiers éclaircissements, il fera demander par l'entremise dudit ïieur d'Arcy une audience particulière du duc de Savoie. auquel il remettra la lettre de la main de Sa Majesté dont il est chargé, et lui fera entendre que Sa Majesté ne voulant rien oraeltrc de ce qui peut marquer au duc de Savoie la continuation de son estime et de la sincère et cordiale affection qu'il a pour lui, elle n'a pas plus tôt résolu de rappeler ledit sieur ïQBrquis d'Arcy, qu'elle a ordonné audit sieur de Rébenac «te se rendre incessamment en la même qualité de son ambassadeur auprès de ce prince, afin qu'il n'y ait aucune interruption aux témoignages publics que Sa Majesté a accoutumé de

. e parlifl de» négociations du comle do R6b«n»c

■Im iirïnc«s de la msison de Broastick-Luneboorg dans le li<re ■ Une tnétal- ■t» don* la maison de Brunttuick. EUonore Deêmier ifû/ireuie, duchate tte ; Pkrii. ISSi.

lui donner de la considération qu'elle a pour lui : qu elle s'assure aussi que, plus il avance en ftge et dans la parfaite connoissance des affaires de son état, et plus il entre dans toutes les raisons qui le doivent obliger de demeurer insépara* blement uni aux intérêts de Sa Majesté» et à désabuser même tous ses voisins des vaines espérances qu'ils pourroient avoir de lui inspirer des sentiments contraires à ses véritables intérêts.

Il lui fera connoitrc aussi que le plus pressant qu'il ait aujourd'hui, est de délivrer au plus tôt son pays de ce. petit nombre de séditieux huguenots * qui veulent y rentrer malgré lui, pour y attirer d'autres rebelles ; que ceux qui commandent les troupes de Sa Majesté ont ordre d'agir d'un parfait concert avec ses officiers pour l'extermination de ces hérétiques, et comme il n'y a pas de temps à perdre pour les chasser des vallées où ils sont à présent, ledit sieur de Rébenac disposera ce prince et ses ministres à prendre les mesures qui lui seront expliquées par le marquis de Louvois sur ce sujet, et il s'attachera seulement dans cette première audience à bien faire connoître au duc de Savoie que Sa Majesté ne considère guère moins ses intérêts que ceux de sa propre couronne, et qu'il doit s'assurer qu'elle sera toujours disposée à lui donner le secours dont il pourroit avoir besoin. Mais, comme il ne faut pas douter que ce prince ne s'attache comme il a déjà fait, à demander qu'il plaise à Sa Majesté lui renvoyer les trois régiments de ses sujets qui sont au service de Sa Majesté, il est à propos d'éluder cette demande, en faisant entendre au prince que, plus ses régiments demeureront dans le service de Sa Majesté, et plus ils seront aguerris et en état de bien servir ledit prince, leur maître, qui cependant pourra faire un fondement bien plus certain sur les bonnes et vieilles troupes que Sa Majesté sera prête à lui envoyer dans ses pressants besoins, et que cet échange et communication de troupes fera encore mieux voir aux voisins la bonne et parfaite correspondance

' Ces huguenots, connus sous le nom de Vaudois ou de Barbets, habitaient les vallées de Luzerne, d'Angrogne et de Saint-Martin dans les Alpes. Cf. Camille Rousset, HisL de Louvois, t. IV.

LA DTCHESSE MERE.

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