‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 103 sur 224 · S»8 PIERRE DE BONZI · texte numérisé non relu

S»8 PIERRE DE BONZI

bienséance et d'honneur obligeoienl la Rt<pnbiiquo t avoir pli» -d'égards qu'elle n'en a témoigné de ne pas prendre une pareilL ■• résolution elle-m^me, sans la participation du Roi, comme ^m sera ais^? de juger à quiconque fera réflexion, combien celt^ nouveauté peut importer un jour jiu repos de l'italif dans 1(^^ ultachcmenls que ledit duc a présentement à la maison d'A(^H triche et à qui se souviendra aussi des mesures et liaisons qik— la France cl la République avoient autrefois prises ensembl. pour lo rétablissement du duc son aïeul dans ses États, i — qu'en concluant le traité de Quérasquc qui termina tous ccr^ différends, le Roi se chargea de la garde de Casai, el la Rép i — blique de celle de Mantoue pour ôler tout moyen à l'aul^iE parti de s'emparer d'aucune de ces doux importantes place -^ Aussitôt que la République eut fait le coup de retirer lu ga~^ nison, elle et le duc en firent donner part au Roi par leu ""^ Ministres, taisant l'un et l'autre que l'Empereur s'en fût niCI ol la République voulant faire passer pour motif de sa résola»— tion la nécessité d'épargner la dépense de la subsistance c~3 cette garnison dont néanmoins Sa Majesté l'auroit volonlie a soulagée si elle cùl été avertie à temps ; mais comme le R. -^ «voit déjà su, pur des avis certains do Vienne, la vérité • toutes les circonstances de l'alTaire, Sa Majesté témoi^a l'ambassadeur de Venise ipi'il n'avoit pas grand sujet d'ét '^ satisfait en celle occasion du procédé de la République, et mt^ lit point de réponse à la lettre que lui en avoit écrit le duc e-^ Mantoue

(retrait de la GARMSON vénitienne de HANTOl'E 217

ni toute liberté à l'un et à. l'autre de pouvoir jamais appuyer ledit duc de Manloue en quoi que ce soit qui fût contraire à ladite convention de Quiîrasque, pendant que Sa Majesté s'est rësenr'é la facultii de la soutenir contre ledit duc même par les armes, s'il en est besoin, sans que l'Empereur ni ledit Roi s'en paissent miMcr.

Tous les discours donc que ledit sieur ambassadeur aura occasion do. tenir aux Ministres dudit duc se peuvent réduire à tâcher de leur faire connollrc que leur maître s'opiniàtre fort inutilement à résister audit traité au maintien duquel Sa Majesté a engagé avec Elle tous les plus puissants princes de la chrétienté, mais que, quand il voudra se résoudre à l'accepter en ce qui le louche, Sa Majesté est toute prête de lui faire payer ladite somme de quatre cent quaire-vingt-quatorze mille écus d'or à la décharge de la maison de Savoie, pour la plus-value des terres de Montferrat dont elle a été mise en possession.

Il est bon au^si que ledit sieur ambassadeur ait connoissance, pour s'en prévaloir ainsi qu'il l'eslimcra à propos dans les occasions, d'une particularité qui se passa il y a quelques mois entre Sa Majesté et la République de Venise sur le sujet (ladit duc de Mantouc où Elle n'eut pas toute la satisfaction de ladite République qu'elle avoil lieu de s'en promettre. Voici le fait : ledit duc ayant eu dessein de se rendre plus maître qu'il ne l'étoit de sa place de Mantouc par la sortie de la garnison vénitienne, au lieu de s'adresser au Roi dont les forces autrefois ont rétabli sa maison dans ladite place, eut recours à l'autorité de l'Empereur, c'est-à-dire au petit-fils de celui qui avoit entièrement dépouillé son aïeul de son Elal. L'Empereur prie donc la République de tirer ladite garnison, et, sur sa première instance, la République le fait sans en donner part au Roi ni attendre son avis et son consentement, bien que Sa Majesté eût un notable intérêt qu'il ne fût point fait de changement îi la garde de Mantoue après ce qu'a fait le duc touchant Casai, dont la garnison se trouve aujourd'hui payée par les Espagnols. et par conséquent en queiq^ue façon dans leur dépendance; et cela mùme sans considérer d'ailleurs que toutes raisons de

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MËHOmE DU ROt POUR SERVIR d'|>STHUCTION' AU SIEDH D'AIIBEVII.I.K,

s'en allant trouver de sa PART MADAME LA DUCHESSE DE UAK-

TOUK '.

AIT. Étr., Corr. Mantoue, SuppI,. vol. IV.

Aussilôl que le Roi a appris la mort de M. le duc de M;»tiloue arrivée si subitement qu'il en a reçu l'avis avant celui «k sa maladie. Sa Majesté a considéri? que la tutelle et l'admin.!^tration des affaires du jeune duc étant torab<2Cs, jusqu'à ** majorité, entre les maius de la dnchcsse sa mère qui est du sa^^ig d'Autriche, les Espagnols faisant encore agir en cela l'autoi^" il* de l'empereur pourront songer à se prévaloir de cette conjo^E^cture qui leur est si favorable pour venir eniin à bout du mS ^^rae dessein qu'ils ont toujours eu et qui a déj& donné lieu h t^^nl de guerres d'avoir la place de Casai à leur entière dispositi^^n. Ce qui a fait prendre k sadite Majesté la i-ésolution d'envo ^~^ 'er sans délai une personne .jcxpresse vers ladite duchesse de iSL. -antoue tulrice, pour s'éclaircir là-dessus de ses intentions of l'engager s'il est possible à ne faire ou permettre qu'il ^s-oïl fait aucune nouveauté de quoique nature qu'elle soit d^*is ladite place de Casai, lui faisant connoitre les grands incon '^'^nients auxquels, en ce cas, elle exposeroîl la personne et 1"* Etats du duc do son fils, et pour parvenir à la fin que saJ 't*" Majesté se propose, elle a estimé ne pouvoir faire un nieillt?**' choix qu'en jetant les j-eux sur le sieur d'Aubevillc, conseilla' en son conseil, et l'un de ses gentilshommes ordinaires, t^-"' pour les preuves qu'il lui ;i données en divers pareils cmplc»î*' de SH suffisance, de sa fidélité et de son zèle à son service, ij** pour la grande connoissance qu'il s'est acquise de toutes 1**^ affaires d'Italie en plusieurs négociations qu'il y a conduit^' heureusement et à lu pleine salisfaction de sadite Majesté.

Elle désire donc que ledit sieur d'Aubevillc parle incessaV ment pour se rendre avec le plus de diligence qu'il pourra ^"

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