‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 105 sur 224 · PROJET DE DKMOLITION DE CASAL · texte numérisé non relu

PROJET DE DKMOLITION DE CASAL

propose. Il saura donc que, durant tout le tempsque les plénipoteutiaires de France et d'Espagne traUfironl la paix aux Pyrénées don Luis de Haro n'oublia rien pour persuader h feu M. le cardinal Mazarin, sous prétexte de mieux ulfermir la durée de la paix, que les rois leurs maîtres dévoient convenir et s'accorder ensemble pour forcer feu M. le duc de Manlouc à la démolition de la place de Casai comme ayant ci-devant été la matière, qui avoit souvent allumé le feu de la guerre et qui pouvoil encore donner lieu h de nouvelles dissensions, ce que ledit cardinal rejeta toujours constamment et n'y voulut jamais consentir, pour ne pas faire un si grand préjudice pour la maison de Mantoue. De lu connoissance de ce fait particulier, ledit sieur d' Aubeville, comme il a été dit, peut tirer deux avxnla^es : l'un, en représentant i\ la duchesse, que, la France ayant encore en cette dernière occasion \h sauvé Casai au duc de Mantoue, ladite duchesse reconnattroit mal une obligitllun de cette nature, si elle se servoil do cette mi^me place pour en rendre maîtres ceux qui n'ont rien omis pour tdcher de la faire démolir au préjudice du Roi, à qui elle en doit la conservation.

L'autre, que les Espagnols, étant comme il se voit par les diligences de don Luis de Haro, prévenus dn sentiment qu'il leur est utile que les forlJlicntionsde Ciasal ne subsistent pas, ladite duchesse, les rendant maîtres de la place par le changement de la garnison, ne peut avoir aucune suffisante sûreté pour le jeune duc, qu'ils ne fassent par eux-mêmes cette démolition qu'ils croient convenir & leurs intérêts, et, il y a grande apparence, s'ils en étoient les maîtres, que, sur la plainte que le Roi en feroit et surtout aux premiers mouvements des armes de Sa Majesté, avant même qu'elles eussent passé les monts, ils ne manqueroient pas de lui oITrir encore cette démolitiou ^ pour la satisfaire, îi quoi Sa Majesté étant mécontente du procédé de la duchesse, pourroit bien alors donner les mains ; et tout ce qui seroit arrivé du désir qu'auroit eu ladite duchesse d'obliger la maison oii elle est née, n'auroit abouti qu'à faire perdre à son propre fils la considération où te met dans le le et parmi les autres princes la possession d'une place de et de tant d'importance.

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M. D'ALBEVILLE, iCCU i h\cli<? le F

;hPS5e aura lilcli<? le mot qu'elle veut bien prel mettre au Koi de no faire on souffrir bucuii changement dans ladite pince, ledit sieur d'Aubevi Ile, afin que Sa Majesté De sait jamais surprise sur la foi de celle parole, lui expliquer qu'elle ne se doit pas seulement entendre d'un changeraenl Iota) de la garnison par l'introduction d'une autre qui fut I ouvertement à la dévotion des Espagnols, niiiis int>me qu'elle n'y laissera point entrer par collusion secrèlc ave<- le gouverneur de Milan ni autre ministre de la couronne d'Espngnp, des officiers ou des soldats par petites troupes ou à la fil? qui soient sujets ou dépendants de ladite couronne, parce qu'en « dernier cas ci comme au premier, Sa Majesté auroif un égal sujet de se plaindre et d'agir ensuite comme si ladite ducbi-sse avoît manqué k sa parole. ,

Quelque réponse, bonneou mauvaise, que laprincesscdoone ou fasse rendre par ses ministres audit sieur d'AubevïlIc, et en quelque manière qu'elle s'en soit expliquée, ou à son égaid, ou avec Sa Majesté, ledit d'Aubeville ne partira point Je sa cour que, sur ce qu'il en mandera & Sa Majesté, Elle n'ait PU If temps de lui faire de nouveau savoir ses intentions et ce qu il pourroit être nécessaire qu'EUe réplique. Cependant il emploiera cet intervalle de temps il bien connuitre les nouveaux mîuistrr.«. et quelles sont leurs qualités personnelles, comme leur suffisance ou inexpérience, pour en rendre compte à Sa Majesté, plolûl que de leur attachement ou de leurs affections, qu'elle ne pi-Ut douter être entièrement portées vers la maison d'Autriche pour complaire à leur maîtresse, laquelle, sans cette qualité, n'aaroit pas jeté les yeux sur eux pour leur donner part aux affaires. Si l'on parle au sieur d'Aubeville d'une négociation que le marquis d'Arquala, ministre du feu duc, auroit introduite ici pour l'accommodement des maisons de Savoie et de U«n-i loue, il 80 contentera de dire que ladite négociation n'e&t pir aboutir à rien, & cause de la condition qu'on mettoil toujours dudit duc d'avoir des terres pour son paiement, à quoi M. Je duc de Savoie continue de déclarer qu'il ne consentira jamùl*

Kaii i Paris, le 1» sppicmbre Hi(i5.

M. D'AUBEVILLE

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