NEGOCIATIONS DU MARQUIS CAN02ZE
1 ville (le Cnsal, ils continueront îL doDni?r au duc dcManlouc des conseils dont SaMajestÙ ait sujet d'ôlre satisfaite.
Ledit sieur Gombaud sera aussi informé par ledit sieur du Bretcuil des négociations que le marquis Canozze ' n faites pour obliger le duc dcMantoue à recevoir dans sa ville une garnison entretenue aux dépens de la maison d'Autrîcbe. Et, comme Sji Majesté lui a fait connaître qu'elle considérerait l'exécution de ce projet comme uno renonciation entière aux liitisons que ce prince a prises avec Sa Majesté et qu'il a cITectivoroent témoigné de ne vouloir plus écouter de semblables propositions, il n'y a pas lieu de croire que le marquis de Canoz^c ni mûme le sieur Vialardi qui s'en est voulu m&ler, osent faire encore de nouvelles tentatives sur ce sujet. Mais en tout cas, ledit sieur Gombaud observent de prbs leur conduite ; el, s'il se traitait encore quelque chose sur ce même sujet, il fera ses remontrances de la part de Sa Majesté au duc de Mantoue el à ses ministres, pour les obliger à s'en désister entièrement en leur faisant connaître le juste sujet du mécontentement que donnerait à Sa Majesté un semblable engagement avec la maison d'Autriche.
Ledit sieur Gombaud entretiendra uno bonne correspondance avec le sieur Câlinât * qui commande pour Sa Majesté les troupes qui sont en garnison dans les ville, château et citadelle de Casai. Et, comme le marquis de Gonzague ' qui a la qualité de gouverneur de la ville pour le duc de Mantone, a toujours tenu une conduite dont Sa Majesté est satisfaite et qu'il presse instamment le duc son maître de lui permettre de se retirer, ledit sieur Gombaud doit prendre garde, lorsqu'on ne pourra pins obliger ledit sieur de Gonzague h demeurer dans ce gouvernement, qu'il ne soit mis personne en sa place qui ait des
1. Le marquis Luigi Canoasa, frira du marqaÎB Horace, mort en IS73. fut durgi d'nne misiion ila cour de Vienne en 1669. Lo 10 juin 168S, il fut emprisonné el mourut, le 10 août 1687, dans un cachot du chilaau de Manloue {Noihie biografieht. t. IV, p. 407).
S. Nlcolu Catinal (1637-1712). selinisur de Saint-GraticQ, Ueutenant d'une compigaîe du régiment dos gardes du roi en 1673. maréchal de* canips el annéei du K&êa ISaO, beutcnanl général en 1688, maréchal de France le ÏT mars 4693.
3. L« marquis Claudio Ooniagoc. nommé en 1080 gooTomeur de Casai et général des armées du duché de Uonlferrat.
M. DE LOUCIENNES, 1089-1093.
Munloue du duché dfi Guastalla Pt des seigneuries de Luzzara el de Heggiolo, pour on investir Don Vincent de Gonzague. Enfin, rien n'était négligt; pour perdre lo prince dans l'esprit mCme de ses sujets el l'on put bientôt s'apercevoir que ces efforts avaient porté leurs fruits. « Le comte Palfy, envoyé de l'Empereur, ii écrivait de Manloue U. de Louciennes en 1692', u est caressé des dames el adoré a de la noblesse qui en Tait comme son idole. Le duc de Hantone a n'est rien ici en comparaison de ce nouveau venu. »
Pour se défendre contre ces empiétements el ces humiliations, le duc Charles s'efforça d'obtenir l'appui du Pape, de la République de Venise el de ses voisins les ducs de Parme el de Modène ; mais ses appels demeurèrent vains. Aucun d'eux n'osa donner le signal de la résistance. Au lieu d'amener le duc de Mantoue b. composition, les tracasseries dont il était l'objet ne firent d'ailleurs que l'aigrir davantage contre les alliés, el ne purent ébranler ses sentiments d'attachement & la France. Au mois d'août 1693, étant de passage 1 Mantoue, le comte de Rébenac* obtint sans diflicultâ du duc qu'il prit l'engagement secret de recevoir, le cas échéant, des troupes françaises dans sa capitale.
Au milieu de tous ces événements, M. de Louciennes eut pour lâche principale de soutenir le moral du due de Mantoue. Le caractère insouciant du prince lui facilita certainement cette besogne. Mais c'était chose moins aisée que d'amener le duc Charles à entretenir en bon état les fortilications et la garnison de sa capitale, el à prendre les mesures qui devaient lut permettre de la conserver en sa possession.
La présence de l'Envoyé de Louis XIV k Mantoue causa & plusieurs reprises une vive irritation a Vienne el à Madrid, et au mois de janvier 1693, le Roi, sentant les dangers de cette situation, adressa secrètement à son ministre des lettres de recréance en l'autorisant à les présenter au duc et à quitter Mantoue, s'il le jugeait nécessaire. L'ardeur des conseils de M. de Louciennes finit par déplaire au due Charles qui, comme on le verra à l'occasion de la mission de M. Nobtet, demanda lui-même le rappel de l'agent français (août
t. Lonciennes au Roi, liaTril 169S. Affaires ËU-an^^èi fol. ÎÙ3.
i. On a vu àiLM le Recueil des ïiatructU daigne, t. I, p. ISï), ht instruclioDB donoéca sion. Las ducs de Parme el de Uodêne se i r i Louis XIV. Tout on accueillant
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Gt recommander do tenir ces dinpoaitions absolument aecrètes jusqu'l ce qu'il Tûl possible d'agir avec sûreté par suite de la conclusion d'une ligue générale projeWe entre les divers étals d'Iltdie. — Louis XIV au comlede Rébcnac, 15 septembre 16M. AS. Èlr.. Corr. Mantoue. Supplément, t. 1.