ACCORD SECRET AVEC LE DUC DE HANTOUE. SOS
MÉMOIRE POUR SERVIR d'i^STRCCTIO^ M3 SICCR DE LCSSIGNES, GEN- TlUtOMltE ORDINAIRE DE LA MAISON DC ROI, &ES ALLANT ES QUA- LITÉ d'envoyé extraordinaire de sa sajestë auprès de il. LE
DCC ȣ MAKTOIIE.
^^^b "AS. Etr. Cnrr. Uuiloae. tôt. XK, fol. 77.
Versïille». le IG juirîcr IGSO.
Sa Majesté, voulant témoignor à U. le duc de Mnnlouc la satisfaction qu'EUc a de la conduite qu'il lient et de la manière dont il a obsorvt! jusqu'à prissent le traiti^ tlans lequel il est entrt^ avec Elle, n'a pas plus tôt appris la niurt du sif'ur de Gombaud. son envoyé extraordinaire auprès de ce prince, qu'EIIe ii jeté les jeux sur le sieur de Lussienes, gentilhomme ordinaire de sa maison, pour aller en la môme qualité lui renouveler les assurances de l'estime et de l'affection de Sa Majesti^ Et. comme Elle est bien persuadée du zèle ut de la Gdélité dudit sieur de Lussienes, Elle ne doute pas qu'il n'ait aussi les autres qualités nécessaires pour se bien acquitter des ordres dont elle l'honorera.
L'intention de Sa Majesté est aue ledit sieur de Lussienes se i rende incessamment h Mantoue, et après qu'il aura lire du , secrétaire du feu sieur de Gombaud les papiers qui concernent cet emploi, et qu'il aura tiré de lui les éclaircissements qui lui seront nécessaires, il fera demander audience au duc de Mantuue dans les formes ordinaires, et, après lui avoir rendu la lettre de créance de Sa Majesté, il lui dira qu'elle n'a pas plutiM appris la mort du sieur do Gombaud qu'elle lui a ordonné de se rendre à Mantoue, et de demeurer auprès de ce prince pour lui confirmer les assurances de l'estime de Sa Majesté et de la disposition où elle est, de lui donner, en toute sorte de rencontres, de véritables marques de la sincérité de son affection. Il l'assurera que les facilités qu'il u apportées à la levée d'un régiment dans le Montferrat pour le service de Sa Majesté lui ont été d'autant plus agréables qu'elles lui ont fait voirHon attachement sincère aux intérMs de Sa Majesté ; qu'elle sera
flEOlBIL DES INSTR. DIPLOM. XV, — 30
800 M. DE LOUCIENNES, 1689-1098.
aussi tr^s aise de procurer sa sntisraction et los avantages i maison, tant par ses offices que par sa puissante protection dans toutes les occasions qui s'en pri^sentcront.
Ledit sieur de Lussîenes assurera aussi la dncfacsse do Mantouc de l'estime et de l'afTection de Su Majestt!, et il se conduira à l'égard des ministres de cette cour, conformément à ce qu'il apprendra de leurs talents et de leurs inclinations, dont il rendra compte ù Sa Majeslt^. Pour instruire ledit sicar de Lussicncs de l'éUil des afFaircs qui pourront faire h Mantoue le sujet de son application et de ^cs soins. Sa Majesté lui fait remettre imtre les mains la copie du traiti! qui a élé conclu et sign4^ perses ordres, le 8" juillet Î68t, sur lequel il y a seulement à remarquer qu'encore que par les articles ^ et 3* de ce traité ledit sieur duc de Mantoue ne s'oblige â remettre entre les mains de Sa Majesté que la citadelle de Casai, néanmoins la connaissance certaine que Sa Majesté a fait donner à ce prince dos desseins que les Espagnols avaient formés pour se rendre maîtres du château de Casai, et non-seulement s'emparer ensuite de la citadelle, mais aussi se saisir de la personne dudit duc, et le forcer à leur remettre la ville et citadelle de Mantoue, lui a fait prendre le parti de laisser k Sa Majesté la garde des ville, ch&teuu et ciladetle de Casai ; on sorte que, de son consentement, il n'y a plus d'autres troupes que celles de Sa Majesti^ dans lu citadelle et château de Casai, à la réserve de cinq ou six cenis soldats du duc de Mantoue qui font partie de la garnison de la ville.
Ledit sieur de Lussicncs saura aussi qu'en conséquence de l'article 2i' dudit traité et de l'arrêt du conseil de Sa Majesté du 2' mars 1682, le duc de Mantoue est rentré dans la possession de la souveraineté do Cliarleville, et en jouît de la mOme mani6re qu'il fiiisoit avant les arrêts rendus par le parlement de Paris; el Su Majesté, ayant depuis un an fait raser les forlîlications de cette place, elle a accordé tt la pri&re de ce prince, de la faire entourerd'une muraille sftche.
Enfîn. Sa Majesté ayant satisfait jusqu'i présent aux principales obligations dans lesquelles elle est entrée par le susdit traité, ledit siouf de Lussicaes doit trouver, selon les apparei