‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 136 sur 224 · PROJET DE LIGUE DES PRINCES D'ITALIE · texte numérisé non relu

PROJET DE LIGUE DES PRINCES D'ITALIE

d'envoyer « une personne do conliance o lui parler en secrel à Bologne. Avisé de ce désir, le cardinal de Porbin désignu. pour ccUe missioD le sieur Noblel ', seerélairo de son ambassade, M. Noblet arriva à Bolo(;ne, le 26 aoûL 1093, et euL divers entreliens avec le duc il Rovere près de Hantoue. Le prince se plaignit de ce que M. de Louciennes prétendait le Torccr h maintenir en fonctions un de ses minislres le comte Canossa qui avait encouru sa disgr&ce et il demanda le rappel de l'Envoyé de Louis XIV.

Protestanl d'ailleurs de son dévouomenl à la France, il manifesta le désir que quatre ofliciers rrani^aîs fussent envoyés secrètement à Venise pour l'aider, eu cas de besoin, ii organiser lu défense ^o Hantoue. Le duc lit ressortir très vivement les embarras de sa situation el demanda au roi une pension de lôOO pistoles par mois. 11 * insista enfin sur l'inlêrét qu'il avait à ne pas être oublié par la France lors de la conclusion de la paix générale *.

Louis XIV consentit ù rappeler M. de Louciennes qui. peu de temps après, fut nommé ministre auprès de la République do Gènes. Mais il préteiita les grandes dépenses de la guerre, pour écarter les demandes d'argent du duc de Hantoue.

La dépèebe suivante adressée par le roi au cardinal de Torbin.

V' -me les éléments des înslracliuns qui furent données à M. Noblet cette mission.

I AU CAROISAL DE l'ORBIK

AIT.Etr. Corr. Home, toI. CCCLVIII, fol. 350.

Veruillsi. leUjuilIel [in.

Le duc de Hantoue m'a fait dire par le sieur Balliani ', son envoyé

auprès de moi, qu'encore qu'il nit tout sujet d'ëlrc content de la conduite ilu sieur de Louciennes, néanmoins, pour des raisons Irèa-se crêtes, dont

1. Voici ta quoU termes le cardinal de Forbin s'exprimait aut lo complA do cet leent : ■ M. Noblel est sage, ùdéU, capable d'emploi et entend fortbisn l'ilalien, • comme M. de Manlous me marque le wiahaîter. • Le cardioalde Forbin au Roi, la aoDt 1693. Aff. Etr. Corr. Rome, toI. CCCXL, fol. 27D.

3. Camille Ballianî, miirquiade Lumei, M inïslre Résident, puis Enioji eitraordinûre du duc de Mantooe A Paris, de 1673 i 1702. On IrouTe les détails aairanls snr la marquis Ballianî dans les VemaiVes de Sainl-SiBum (addition au journal de Dangïauj : • Ce monsieur Bagliuiî Ëloit on homme d'eiprit, d'honneur, farl ins-

• truit et de tant do mérite que. malgré l'eiiguitâ de aon emploi du RésideoL, puis

• d'EnTOjé de Uanlone depuis de longues années, il iUiii fort considéré des

f' :es. traité aTec disUnclion. el aroit des amis considérables et beaucoup . Il étoit aussi fort homme do bien, solidement, quoique fort mêlé dans le . • Cf. Jtféinoir'M de Saint-Simon, édition Boislisie, t. X, p. t!3.

il ne peut s^ouvrir qu'en quelque autre en qui je prenne aussi confiance, il souhaiteroit qu'il me plût lui envoyer quelqu'un qui se rendit premièrement à Rome et puis à Boulogne d'où lui duc de Mantoue, étant averti de son arrivée, le ferait venir secrètement auprès de lui, et ne ferait nulle difficulté de lui ouvrir son cœur sur des matières très-importantes dont il souhaiteroit que je fusse informé, et l'Envoyé de Mantoue a fort approuvé la proposition qui lui a été faite de ma part de vous dcmner le soin de choisir une personne de confiance que vous pourrez envoyer à Boulogne et de là auprès du duc de Mantoue. Mon intention est que vous donniez à ce Prince la satisfaction qu'il demande aussitôt qu'il vous aura fait savoir dans quel temps il souhaite que celui que vous envoyerez se rende à Boulogne et à quelle personne il doit s'adresser pour recevoir les ordres dudit duc de Mantoue auquel il remettra la lettre de créance que je vous acfresse pour lui

ENVOYE EXTRAORDIMA

Au moment de l'arrivée de M, du Pris ' à Manloue {l"janvier 1694), Casai a toujours une (;arnisoQ française et Catinat vient de remporter sur le duc de Savoie rcclalant succès de la Marsaillo (4 octobre 1693). Cependant tcllesélaientlesdiriicultés de * cotte damnoblë « guerre d'Italie », que les troupes françaises ne purent reprendre l'offensive. Trop éloigné de notre base d'opérations pour i^tre efflcacemenl secouru, le duc de Mantoue se trouve réduit aux dernières

I . Roland Jachitt, sieor du Pré [il gigniiil Dupn!], aecrélsire du comte de Crccj à Calogne en 1B71, chargé d'affaires i cette rcBiJenco en iS12, cbargc d'une misBion en no*eiiibre 1S73 prùt le duc de Hanovre, Résident i Strasbourg en 1676, Rostdenl à Cologne en 1679, ministre i. Génère de 1680 à \6»S. Détiend en 1688 pour représenter le Roi à Florence pais i Majenca, il n'occupa ni l'un ni l'aolrB de ces deui postée et fut nommé Envoyé extraordinaire jt Mantoue en 1693. EnTojé extraordinaire en Toscane de 1Q94 ï 1709, il mourut gDbitementi Florence le 3 mai 1700. Sa Slle aln^ épouia un Florentin, le bailli Lorenzi, gflntilhomme de la chambre du cardinal de Médicis. H. Dupré était - un homme qui aimait l'équild et l'honneur ■ et qui avait acquis k la cour de Toscane un crédit infini >. Le marquis de Torc.v déplora sa mort en ces termes ; • C'était un ancien serviteur du Roi, lélé et ver- • lueoi. ' (Affaires Etrangères, Corr. Cologne, Brunswick. Genève, Mantoue, Florence. — Bibl. Nat. Mns. Nour. Acq. Fr., vol. B217. Fonds Claîrembault, vol. 986, p. fltS. Cab. des titres, pièces orig., vol. 2372, 91.)

□ ne faut pas confondre le diplomate dont il vient d'être parlé, avec deux uutres agents da même nom et ses contemporain». La premier, Etienne Jschict, sieur du Pré (il signait Do Pré], fui secrétaire du mnrquis de Viltars à Madrid en I6G9, chargé d'aiTaires en Espagne, d'octobre 1069 i, mars 1670, puis de septembre k novembre 1671 ; minislre à Florence (1086-1687), chargé d'une mission à Purme en aodt 1687, à Florence (janviei^mars 1608), puis à Modëne en octobre 16X8. Envoyé extraordinaire à Oéncs de Juillet 1087 à mai 1600, il mourut k Paris en septembre 1690. — Le troisième agent du m^me nom était Georges Dupré, marine en 1662, qui fut chargé d'une mission ^'i Hambourg en l^>*

H. DU PRIi, 1603-1(194.

extrémités. Les troupes impériales et espagnoles campeatà demeure dans le Manluuan. Par suite de la guerre, la France commence à f tre épuisée, et l'on sait à Paris que les subsides payés au duc, passent la plupart du temps, sous Forme de contributions de guerre, dans le trésor de l'Empereur : aussi le service de la pension promise au duc Charles est il devenu moins régulier.

Lus instructions, remises par le marquis de Croissy à H. du Pré, lui enjoignaient de profiter de l'effet moral produit en llatte par la victoire de In Marsaîlle el par les récents échecs des Autrichiens en Hongrie, pour tùcher de relever le courage du duc de Manloue et d'amener les princes de la Lombardie à former une ligue défensive contre lesAllemands. L'Envoyé de Louis XIV devait veiller à ce que les troupes françaises cantonnées ù Casai fussent autorisées à s'approvisionner dans le Moatferrat, et encourager le duc Charles à mettre sa capitale en élat de défense.

Cependant, l'attitude des Impériaux ne permit pas k H. du Pré de demeurer à Manloue. Au mois de février 1G94, les alliés annoncèrent qu'ils allaient assiéger Casai. Puis, dans les premiers jours d'avril, le comte Palfy, généralissime autrichien et plénipotentiaire de l'Empereur somma le duc de Mantoue de congédier l'Envoyé français, lui déclarant qu'en cas de refus il allait faire dévaster ses États et afTamer sa capitale. En présence de ces menaces, M. daj quitta Manloue sur l'ordre même de Louis XIV (19 awîl 1694)*. J

MËHOIRE DU BOl PODH SEBVIB d'iKSTRDCTIOS AC SIECB DD PHÉ, AU EN QUALITÉ d'eNVOVÉ EXTRAORDINAIRE DE SA MAJESTÉ AUPRÈS I PUC DE MAKTOCE.

,Vir. Elr Corr. Man

, ïol. X.\III, fui. I

FonUmebleiiu, le 19 oclobre 169^.

Le Roi ayant résolu de faire passer à Géncs le sieur de Louciennes, qui est présentement auprts de ce prince en la m^me

1 . Ccrlalnes gêna criliijQiirEnt la retraite de M. Du Pri, ignorant quo l^uis XIV 7 iTail donne son assentiacnt. ■ On accDse M. Dnpré, l'cnvoji du rui 4 Uaatotie •. «icriTÛl la marquise d'Mui elles su marquis do la Garde. • d'avoir quille m^ à propot " taa» ordre et d'être reTenu i Oénes. On dit que ce n'est pas gaToir ion métier - et qu'il dcTait prendre le tempE d'enrojer on courrier k la Cour pour r»TeHir • do coogi qu'on lui donnait •. Lettre inédite de la marquise d'Bnzdle». du 28 arril 1691. Coll. Uorrison à Londres.

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