‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 138 sur 224 · MINISTRES DV DUC DE MANTOUE. S · texte numérisé non relu

MINISTRES DV DUC DE MANTOUE. S

S dépenses indispensables ([u'ElU^ est oblig(^o do fniro en tant d'auti'es endroits no Ini pi-rmctlcnt pus de lui accorder tous les secours qu'Elle voudroit, et le sieur Du Pri5, en l'assurant des bonnes intentions de Sa Mxjestt^ sur ce sujet, pourra lui faire coanoître encore combien cette raison doit l'engager h faire tout ce qu'il lui sera possible pour fuiro subsister les troupes de Sa Majest(5 dans le Moiitferrat, se di^Uvrer par ce moyen des dispenses qu'il est'obligi? de faire pour la conservation du Hantouan, et jouir des revenus du Montferrat. dont il ne peut rien espi^rcr jusqu'à ce que les Atloniands on soient elmsst^s.

Il i;st nécesaire aussi que le sieur Du Pr*' soit informi' que le duc de Mantoue, étant mal satisfail du comte Cnnozze qui fuisoil les fonctions de son premier ministre, a cru qu'il l'-toit de son service de s'en défaire, et, quoique dans un voyage qu'il a fait auprès de Sa Majesté, il ait paru aussi bien intentionné qu'instruit de tous les intérêts et des affaires des Princes d'Italie, cependant Sa Majesté ne veut point entrer dans les sujets que son maître peut avoir de se plaindre de lui ; et, comme Elle ne désire pas que le sieur Du Pré fasse aucune instance en sa faveur, cet exemple lui doit servir de règle à l'égard de tous ceux à qui ce Prince voudra donner des charges dans sa maison, et Sa Majesté ne juge pas qu'il soit de son service qun le sieur Du Pré s'en mêle en quelque manière que ce soit, ni qu'il donne sujet au duc de Mantoue de croire que les cabales de sa cour, plutôt que son intérêt personne], font agir celui qui est honoré du caractère de ministre de Sa Majesté.

Le sieur Du Pré tâchera de connoitre parfaitement les talents et les inclinations de ceux qui composent le Conseil du duc de Manloue, et principalement de Don Joseph Varano. qui est celai auquel il témoigne avoir le plus de confiance.

Ce prince ayant été depuis peu de temps h l'exlrémité, il a paru pendant sa maladie plusieurs factions prêtes Fl se déclarer en CBS que Dieu disposât de lui. Le sieur Du Pré s'informera exaclcnienl du crédit et de l'autorité de ceux qui éloient à la tôle de CCS factions, et de ce qu'il y auroit ii craindre en cas qu'il vînt à mourir sans enfants.

Le sieur Du Pré doit aussi entretenir avec li' marquis de Cre-

HECUBIL TES rSSTB. lUI'LOM. \V. — 21

33â M. DU PRE, 1093-4604.

nan la môme correspondance que ceux qui l'ont précédé dans cet emploi ont toujours eue avec lui. Et, comme IcducdeMantoue a promis à Sa Majesté de ne mettre personne dans le conseil de Casai, dont la fidélité put être suspecte, lorsqu'il y aura quelque place à remplir dans ce conseil, le sieur Du Pré prendra bien garde qu'on n'y envoie aucun sujet dont le sieur de Crenan puisse se délier.

Sa Majesté fait joindre à cette instruction la copie de celle qu'elle fit donner au sieur de Louciennes, lorsqu'il partit pour Mantoue ; et le sieur Du Pré se conformera u ce qu'elle contient qui n\'st point exprimé dans celle-ci. On lui donne aussi la copie du traité fait avec le duc de Mantoue en l'année 1G81.

Fait à Fontainebleau, le 19' jour d'octobre 4G93.

CHAHGK D i:NE MISSION

R<iduit à gardon la di^fensive sur la frontière dos Alpos, Louis XIV n'avait plus lo môme intérêt ù posséder Casai (ju'au temps où les armées françaises étaient à mémo do porter la guerre au conir de la Lombardie. D'autre part, il était devenu difficile de pourvoir au ravitaillement de la place. Le Hoi, qui se rendait comple de celte situation, avait, on s'en souvient, fait faire en 1(591, ]Kir W cardinal de Forbin, plusieurs démarches auprès d'Innocent XII pour remettre Casai au Saint-Siège. Celte combinaison n'avait pu s(» réaliser.

Au cours dos négociations secrèles poursuivies de IGiK^ à IGUii par le comte de Tessé avec le duc de Savoii» ', dans le bul de délaclier ce prince de la grande alliance, Viclor-Amédé(* lit savoir qu'un des moyens pour Louis. XIV de hAtor la conclusion d<» la paix, élait de retirer la garnison française de Casai. Le prince piémonlais se faisait fort d'obtenir de; ses alliés que la plac(» fût rendue démantelée au duc de Mantoue *.

La cour de Versailles approuva, n«)n sans répugnance. «n'Hiî proposition. Il fut convenu qu'après un siège en règles d(» quelques jours la ville serait sommée di^ capituler et ([ue le cciui manda ni de la garnison française y constmtirait, scuis la condilion que la place serait immédiatement rasée. Lorsque le gouverneur de Casai qui était le marquis de Crenan *, « fort lu)nnét(^ homme el 1res bon

\. Cf. Hecueil des ïnstruclions aux ambassadeurs eu Saruie-Sardalt/ne, 1. 1. jk I7i.

2. Cf. Camille Houssct. Histoire deLouvois, t. IV, ]•. .VJ-J.

3. Pierre de Pcrrii-n, marquis de Cn-naii, (^nsciLTiio .m rt'*L'im«'iW du K<»i. le d avril 1668, capitainf on iC7l. coloiicl-licuLcnant du n'giiiieiil ci iijf;i:ni ri».* d« l:i

•I officier '>, recul les instructions qui lui faisaient conoaltre les conéi* lions dans lesquelles il devaiLrcDdre la ville, il Qt d'abord a un grand u signe do croix d'étounemeat u ■. Cependant, il obéit à iui consigne. Le Ï7 juin 1693, l'armée des alliés commandée par le duc de Savoie investit Casai. Le 24, la [ranchée fut ouverte. On se battit de part et d'autre avec acharnement. Puis, le 8 juillet, la sommation convenue fut faite au gouverneur. Le marquis de Crenan remit les cleb de la ville h Viclor-AmÈdée, el sortit Iui-m<*me de Casai le 18 septembre, après que les ouvrages de la place eussent été rasôs.

Gouverneur de Casai depuis le 24 juillet 1687, le marquis de Crenan avait, pendant toute la durée de son commandement, entretenu des rapports journaliers avec le ducdeMantoue. Le Roi. n'ayant plus de ministre à la cour ducale, chargea le marquis de Crnoan de noli lier ses résolutions au duc Charles. Les instructions suivanles furent envoyées & cet oflicier général, en vue de la démarche quit avait il Taire auprès du duc de Hanloue.

Df;UOtlU: DE CK <Jt'K M. ne CIIEKAN pourra t^CHIHE A H. LE DDC U .IIANTOUE EN EXÉCUTANT LES DERNIERS ORDRES DU I

AU, Eir. Corr. Maninii«, ïol. XXIV. fol- fiS.

fil Juillet 1095. ]

Que le Roi auroil fort souhaité de pouvoir conserver jusqn'k la paix les ville, cliâleaii el citadelle do Casai, pluliltt pour eœpfchcr que la liberlé des Princes et Étals d'ilalic, prJncJM lement celle de M. de Mantoue, qui lui est plus ch^^e qu'au

reine en I)t73, inspecteur eêndmt dp l'iafiinlorie en 1CS3. lirigadUr en IfiXS.f •ftrneur de Casai, le !* juillal 1687. mardclikl de campen IB8S. Pendant qu'il r**l*' dnit dKtis ton gonrenienieaL, le marqnin do Crennn Àl urHer. en IGfil. le comte de Faaanij. youvernear de Casai, pour le duc de Mantoue, qui funlaji liircr U TiUc a,at ennrmis. La prudence de H. de Crenan liiccbouer les projets de* coojuréi. U repouiSD, nu rnnix d'octobre 1693, le marquis de Pianesse, qui rmail alta- ■[uer ses rotranchemenls. Lieuleniint général des armées du Roi en 1(>93, it fui aisiAfcd dans Casai, le SSjuin 1695, ot rendit la rille. le S juillet, par ordre du Km. Itontro «n France, il Tut notnioé gouverneur do Cond6 en 1097, puis direclfor giini*ral de l'infantene en 1699. E^plo;è comme lieutenant géairal en Italie sous les ordre* du comte de Te»sé, il combattit i Chiari. commanda k Crémone pendani riiÎTcr nui-tlDÏ, et fat blessé mortellement à la surprime de cette rille. te l-fémpr nOi.

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