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DEMARCHES AUPRES DU PAPE

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» rojagfi el que, certainement, la République ni les autres Princes prendrnïent les résolutions convenables h Télat présent des ofToires, si vous pouviei les assurer, de la part du pape, que Sa S3ÎnteI<S est dans les mAiii«B dispositions, et si vons pouviei enfin leur Taire voir, de sa part, on projet de li^e pour leur sûreté commune.

11 seroit en efTel â souhaiter que, parlant en mon nom dans le voyage qae vous terei, vous fussiez aussi autorisé pai' le Pape, et que vous pussiez d<!cliirer les sentiments de Sa Sainlct<^ en Taisant connoitre les micas.

Hais la vue d'obtenir d'ellu celte mission particulière ne doit pas vous retenir h Rome, car le temps presse eitrËmement de vous rendre à Venise, de cunnollre. par vous-même, quelles sont les forces de la République, quelles sont ses inlentîons, et de l'éclairer sur ses vérilatiles intérëla.

Je ne vous prescrirai point ce que vous aurei à lui dire; vous êtes Instruit de mes sentiments, vous voyeu l'état des affaires, la nécessité de se dÉterminer prompI«ment et de fermer aux Allemands les portes de l'Italie. Je nu donle pas que vous ne parliez sur ce siyet avec toute la Justesse el taut« la digniti^* convenubtes.

Si les Vf-nitiens toucbés de vos raisons se préparent & la défense, s'ils lèvent dt'.s troupes, el s'il est question de leur foire envisager dons la suite iinelqaes avantages d'une gueri'e qu'ils n'entreprendront dans le commencement que pour se défendre, les terres de l'évéché de Trente poniroîent leur fournir un dédommagement des frais qu'ils auroienl fails, si l'Empereur, connaissant les difficultés d'entrer en Italie, ne veut pas cependant quitter les armes.

Vous pourriez, s'il eu étoit question, minformer des assistances que la République demonderoit pour se mettre en possession des mêmes droits que l'Empereur a présentement dans cet évôché, laissant toujours à l'Ëvâque ceux qui lui apportienneut ; et je ra'engagerois aussi & garantir aux Véniliens la conquête qu'ils en feroient.

Vous devez principalement les portera veiller à la sûreté de la ville de Hantoue, presque autant qu'à celle de leurs propres places : ce poste e.sl si important, que, si l'Empereur l'occupoit une fois, il suroît difQcile de le faire sortir de l'Italie sans de longues guerres.

rai lieu de croire que vous trouverez le duc de Hantoue à Venise, et si Ifl Pape et les Vénitiens consentent à former une ligue, ce Prince ne fera nulle difficulté d'y entrer: il a trop d'iutérét d'empêcber que les Allemands Dfi rentrent en Italie. Vous verrez par les avis que je vous envoie que leur projet seroit de se rendre maîtres de Vérone, ie ne puis croire que les Vénitiens en altendent tranquillement l'elTet et que le Pape voie sans peur les troupes de l'Emperenr près des portes de Ferrare.

Après avoir été à Venise, vous prendrez voire route par Hodène el vous irez ensuite à Parme. Quelque liaison que le duc de Modène puisse avoir avec TEmperetu', l'étal des affaires est tellement changé par mes nouvelles liaisons avec l'Espagne, que ce Prince doit consentir A toutes les propositions que vous lui ferez.

Le duc de Parme a toujours fait paroltre de bonnes intentions, et je suis persuadé qu'il ne changera pasde sentiment dans la conjoncture présente : ainsi vons lui ferez prendre tels engagements que vous croirez nécessaires.

De Panne, vous viendrez à Cennes. et l'intérêt particulier des Génois suffit pour assurer de leur attachement à la couronne d'Espagne : ainsi le point le plus essentiel des ordres que Je vons donne est de persuader le Pape et la itépnblique de Venise de prendre incessamment tes mesures nécessaires pour le maintien du repos de l'Italie.

LE CARDINAL D'ESTREES, 1700.

En allant de Rome à Venise, vous pasacrei par Flornnee : vons dtr«i M I Grand Duc le sujet de votre voyage, et, quoique la situation dp ses Élals le mette & couvert de la première irruption des Allemands, vous lui ferei voir cependant, qu'il ne s'en garanliroit pas longtemps, s'ils enToyoicnl une armée de trente mille hommes en Italie ; qu'aussitôt que quelques dâtacliements seroient entrés dans le Modénois, ils péni^treroient bientill en Toscane, et que, l'Etat du Pape n'en iStanI pas exempt, celui de Florence no aeroil pas traité plus ravorablemenl. EnHn, il est aisé de faire Toir le pi^ril, et les remËdca seront Taciles s'ils sont employés â temps.

J'ai jn^ë que vous seriei: plus propre que personne à faire connoltre l'un et l'autre ; que votre dignité, la juste rf^putation an.e vous avei acquise par les services que vous m'avez rendus, donneroien't bien plus de poids à vos propositions : cl, il est h désirer que le Pape aide au s^cc^9 de votre voyage, en vous mettant en Ëlat de parler en même temps de sa part.

Tous les ministres d'Espagne auront ordre d'agir de concert avec vous dans tous les lieux où vous passerez. Et, comme vous me rendrez un compte exact de voire voyuge, je vous informerai de mes intentions suivant les difTérenls clmngoitJcnLs qui pourront arriver.

Comme le Prince de Vaudemont écrit que les peuples de l'I^tat de Hilau sont alarmés des bruits de la marche des Allemands, je lui fais savoir que je fais avancer mes troupes en Dauphinë; que ceux qui les commuideront seront sons ses ordres, si elles entrent dans le Uilanois; i^l j'ordonne au comte de Tessi^ de partir' incessamment pour se rendrv i Milan, d'y demeurer peu de jours, et de concerter, arec le Prince d* Vaudemont tout ce qu'il croira devoir faire pour la sûreté du Mihnots.

Corr. Vcnisa,^^^^H lé m'n rfinnorit! la MM '

Mon cousin, le courrier que je vousavols dépPohé m'a rapporlé la leHrt que vous m'aveï écrite le 2" de ce mois. J'ai reconnu, dans votre promptitude ^ exécuter mes ordres, le mSme zèle dont vous m'avez donné de» marques dans toutes les occasions où le bien de mon service l'a demandé, et je ne doute pas que le succès ne réponde à ce que je dois attendre de vos lumières et de votre expérience dans les plus importantes afTaircs. J'ai appris avec plaisir les dispositions où vous avez trouvé le Pape au st(jet de la guerre dont l'Italie est menacée. Sa Sainteté ne pouvoil pas mibuï commencer qu'en écrivant à l'Empereur dans les mâmes termes qu'elle vous a parlé : elle s'exprime de m^me dans le Bref que j'ai reçu par son noncC et, quoique le terme de médiateur y soit employé, ceux qui le précèdent et qui le suivent, empêchent qu'on ne puisse lui donner une interprétation opposée aux véritables sentiments du Pape.

Hais ce premier pas ne pourroit suffire si Sa Sainteti^ n'employait en même temps des moyens plus efficaces pour prévenir la guerre : car, die ne doit pas croire qae ses instances, ({uelque justes qu'elles soient,

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DEMABCHKS AlPRKS DES VKNITIENS.

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ippi-cur d'envoyer des troupps en Italie, s'il peut se llallcr de lesy Taire subsister. Ilfttnl donc qu'après avoir FaitconDoUre à ce Prince ijue, s'il ne d^'I^ri* pas il ses prièreR, elle sera olilijjfie de prendre des incaiires pour In Hârnl^ de t'Ilalie, elle les prenne en elTet. Il scroit II souhaiter qu'elle donnât, d^s à présent, les ordres pour faire des lefées, quil parût qu'elle songe non seulement & la di^Tensc de l'Ëlal ecclésiastique, mais encore li donner des assisl.inceg aux PrinccBvoisins; qu'elle en oITrtt, par CKcmple, au duc de Modf-ne, et, si elle ^toit en état de mettre de» ironpes dans les places de ce Prince, elle Hxemir. ses riïsolnlions, et les «onpçons que Ton pouvott avoir de se» en^nKemenls secrets avec l'Empereur Beroient entièrement lev^s.

Vous jniiez avccrajson que les ri^solutinns du Pape et celles de la flépubliquc de Venise détermineront les auttes Princes d'Ilalie. Sa Sainteté parutt bien disposée. Vous verrei bientôt ce qu'on doit attendre des Vénitiens, et si leur faiblesse lesempOchera de se confonner aux seules maximes qu'ils doivent suivre. Ils aimeront A se flatter et peut-être ils croiront, aussi bien que le Pape, que l'Empereur, perdant toute espérance du c6tâ des Princes d'Italie, abandonnera le dessein d'y envoyer des troupes. Rien n'est plus dangereux que cette confiance : les projets de la Cour de VienUP ne sont point changés, ils se confirmeront si l'Empereur voit l'Italie, prévenue de cette opinion, négliger désormais sa défense. L'unique moyen dy maintenir la paix est de faire les préparatifs nécessaires pour U conserver par les armes,

Cesl ainsi que la Itépublique de Venise peut éviter une guerre dont les lonfpies suites rnineroientenlln .sou État- 11 est de la dernière importance pourelle d'empi'cher que les Allemands ne prennent des postes en Italie, car il est certain que, s'ils en avoient ijuelques-uns, l'Empereur euvoieroit incessamment de nouveaux secours pour les maintenir : si les conquêtes dans le Milaiiois étotenl trop difliciles, il suffiroil h ce Prince d'entretenir la goerre, et, comme elle se feroit aux dépens de tous les Princes voisins de riîtat Je Milan.il est aisé de juger si la continuation do cette guerre ne kur coûleroit pas infiniment davantage que tes elTorls qu'ils peuvent faire présentement pour la prévenir.

Si leur union n'est pas capable de détouruer l'Empereur d'envoyer des troupes en Italie, leurs forces joiutes aux miennes et à celles d'Espagne, avant que les Allemands nient pris aucun poste, les empêcheront certainenaont de s'établir ; cette guerre ne consommera pas même le temps d'une campagne, et l'Empereur, connoissant par cette expérience, Us difficultés de pénétrer plus avant, abandonnera le projet que ta foiblesse des Princes semble entretenir présentement : ain», l'essentiel est de bien comnieRc«r. Les p rem i Ères démarches faitesA propos peuvent sauverl'ltalie, et, certainement, elle sera ruinée, si l'on soulTre que les Allemands s'y établis- Knl assex pour soutenir plusieurs années de guerre quoique sans succès.

Uais, comme il ne suffit pus de vous expliquer les motifs qui doivent porter laHépubliqtie de Venise il songera sa défense, et que vous demandez mes ordres sur les conditions que je consentirai de lui accorder, ce que je puis vous foire savoir sur ce sujet est que jusqu'à présent la Hépublique 8'est renfermée dans de simples assurances de veiller au repos de l'Italie eti la conscrvotiou do ses Etats. Il paroil en même temps ijuo deux rais principales l'empêchent de se déclarer contre l'Empereur. La première est le peu de troupes qu'elle a pour conserver son élnt de terre ferme, et le peu de moyens de fournir aux dépenses nécessaires pour en : de nouvelles. 1^ seconde raison est fondée sur la craiute que k^

pCVBtl. DES INSrit.

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3B0 LK CAItDINAI. D'ESTREES. UOn.

Venise que Jps nntrefl Princes d'itelîe. Vons Venga^erci encore daniDtef» par le compte que voua lui en rendrez il veillerais conAervation de la paix et à prendre les mesures nécessaires pour cet effct-

n seroit inutile de vons recommander d'entretenir, pendant volnvoyage, une correspondance exacte avec le cardinal de Janson' : je suis assex persuadé i) ni- vous le ferecde vous-même ; maisil est nécefiaaiiv aosa que vous écriviei; A l 'ambassadeur d'Espagne A Rome et que vous Tawrlissiei de ce qu'il devra dire à Sa Sainteté pour les intérêts do Roi Catholique. J'ai appris avec beaucoup ile déplaisir Ismort du Prince dp Monaco'; je connoissois son zMn, et les services qu'il me rendoitA Rome m'éloienl trës agréables. Le pape » remarqué avec raison que l'Empereur a choisi pour envoyer en Italie les oniciers milanois qui servent dans ses troupes Je sais que le Prince de Vaudemont a pris sur ce sujet toutes les préeautions nécessaires, cl qu'il no pas voulu pcrmrltrr h sfs officiers d'entrer dans l'Étatdo Milan.

Le sujet de votre voyage h Venise pourra Ictcr l'emlxin-ns que vous crai- ^ei [fue le changement du ci'r^nicnial h l'égard des cardinaux ne produise ; toutefois, si les Vénitiens persistenlii soutenir le dernier règlement qu'ib outrait, je remets à votre prudence d'examiner si vous ne pourriei pas, sans nuire h voln^ dignité, terminer cette diflicullé en traitant avec les commissaires autorisés par la République et qu'elle vous dépuleroit pour cet effet.

Le compte que vous me rendez de la conduite de l'ambassadeur de l'Empereur à l'égard du cardinal de Hédicis*, me fait juger qu'il ne sera pu longtemps au choix de ce Cardinal d'eiominer s'il gardera la protection des affaires de l'Empereur A Rome, ou s'il y renoncera. Ainsi, tous ne pouviez mieux prendre voire temps pour exécuter les ordrM que je vous ai donnés à son égard, et le Roi d'Espagne lui écrini de la mani^^e que vous le propose» aussitôt qu'il sera arrivé en Espagne.

Mon cousin le Prince de Condé ^ doit vous écrire au sujet des prétentions qu'il peut avoir sur le Uontrerrat aprM la mort du dnc de Mânlone. Je veux bien que vous lui rendiex, en cette occasion, tous les services qui pourront dâpendre de vous; cependant, je remets A voire prudence de parler sur ce si^el, de manière que les choses que vous direz ne puisseal apporter aucun préjudice aux autres affaires plus importantes dont vous êtes chargé. Vous devez éviter aussi de donner lieu de croire que je veuille traverser les pri^tentions du duc de Lorraine lorsque la succession sera ouverte.

I. Tausaûal de Forbin-Jïjison, cardiniU, dmljikstiudeur de France h Home. V.lc fîecueif de* liulructûma aur Ambanadeuru en SavoieSardaigni, t. 1. ji. Iù4.

i. ly)ais I" Orîmaidi, aé en 16i!, prince de Uonaco. duc de ViilenlinoiB. suc. çid» en IttSi i son ptte Hercule 11. Envoyé comme ambassadeur de France i Home DO 1698. il mourut dans cette ville ie 3 janvier 1701.

3. FVangais-Mncic de Médicis (10(tO-t7H|, cardinal en 1(86, «oalial U cause da roi d'Espagne Philippe V en ItaUo et fut nommé gd 1703 protecteur des AtTairea de France el d'Espagne. 11 abuitlnnnn te chapeau en 1709 pour épouser la princMM Eléonoro de Oonxague.

t. Hcnri-Joles de lionrljoti, prince de Condé (lâi3-17l)D), Ois du grand Condé. Il ;ivail éponaé en 10D3 Anne de Bsvîfre, princesse palatine du Rhjn, Glle d'Edouard. prince palatin, el d'Anne de Goniague, cl pctitc-flUe de Charles de Oouugue, duc de Nerers et de Manloue.

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