Cf. Mimoirtt de Sainl-S'mon, maie ITOI
3. Suiutne-Kciiriclt«. DUo de Charles àv LottiÛDe, duc d'Elbeuf. el de FruicoiM de MonUDl-Na*uUee, muico le H nuvorabro 170i sa dac CUrlei tV da UmiIoMi , moiuulU 19aécembi'Bl710.
JIOHT Dr Dl'C DE MANTOUE. 3M
dachesse résidèrent à Casai. Enhardis par les victoiros de Cassano cl de Caldnalo, ils sp di^cidèrent eaRa & Sf rendre dans leur rnpilalè, el Urenllenr entrée à Manlnue dans les premiers jours de mars 1706. Le désastre de Turin (7 seplembrc 1 70fi) fil recnlor les armées françaises jusqu'aux Alpi'S, et laissa le duc de Manlmie expost^ sans défense à la vengeance des Impériaux. Menacé dans sa capilalB, il se retira, en janvier 1707, H Padoue sur le territoire Vi'nitien. Delà, il se rendit à Venise "û, i^rrit Gergy le 19 février, k il se trouve si cliarmé n d« n'être plus à Hanlouo. qu'il ik> goAte qu'avec plus de tranquil- II litc les plaisirs du Carnaval ». Après le départ de son mari, la duchesse était restée à Mantoue. Elle se vil hientAt elle-miime forcée d'aller chercher en Suisse une retraite.
A partir de ce mi)menl, la dépossession de la maison de Mantoue est un fait accompli. En vain le duc, dans sa diUresse, fait-il appel A Luuis XIV, aux Vénitiens, au Pape, Dominés par les événements, tous restèrent sourds il sa voix. Lecomie de ticrgy qui avait suivi 1» malheureux Prince dans son exil, eut pnur unique ressource de l'engager & attendre patiemment le rétablissement de li> paix générale. Le duc Charles rV no .survécut guère à la perle de ses États. Usé par la débauche, malade de la goutte, il mourut inopinément li l'adoue, le B juillet 1708. Le bruit courut qu'il fut n empoisonné par une « femme qu'il aimai tel qui se laissa séduire par la cour de Vienne' ». Le duc de Mantoue ne laissait pas d'enfants légitimes : ses états étaient conTisqués. C'était la lin de sa maison. La mission du comte de Gergy se trouvait dés lors terminée, 11 demeura cependant quelques mois encore en Italie, aHu de veiller, dans la mesure du possible, uux intérêts de la duchesse lie Mantoue.
WBHOlIlK POUn SEnVIK U INSTACCTIOS au SIEUH de GRRGV, GENTI1/<1 ; LU MAISON DU ROI. ALLANT EN gUALITË b'ENVDTf ,| :&AOBDIKAmE DR SA MAJESTÉ AUPRÈS DU DUC DE MANTOUE.
Aff. Éri-.. Ci.rr. Msntoui-, vul, XXXiV. f-il, lU-
FoDtainebleau, le K oclobre 1702.
Dans la situaiiun où les aiïaires sont pri^sontementen Italie, le puiiil principal doni il y ail tl instruire le sieur de Gergy est celui du caractère du duc de Mmiloue. Il ne s'agil pas de «égo-
l- Mimoirfs de Tessf. l. II. p. |31.
3filî LE COMTE DE GERGY. 17lia-!708.
cier avec ce Piince, la consLTvalioQ de sa ville capitale, ou, pour mieux dire, de tous ses Ktals di^pendant tli» la pruli'ctiua que le Roi continuera dp lui donner; il Tant seulement prendre garde que ses ennemis ne trouvent le moyen de l'aveugler sur ses propres intérêts, que par des voies cachées ils no parviennent h le di^tourner de la conduite qu'il a tenue jusqu'à présent et que l'on peut regarder autant comme l'eiFf^t du sou inclination naturelle pour la personne et pouric scrvicodu Roi, que delà connoissanco qu'il a de ses véritables intérêts.
Le penchant du duc de Mantuue pour le service de Sa Majftsté a paru d(>s le temps du fraité qu'il lit avec elle pour recevoir st-s troupes dans la citadelle de Casai. Ce Prince a donné depuis, en toutes occasions, dcK marques du môme attachement. S'il » été obligé pendant la dernière guerre ft faire des démarches con- Iraires, il a bien fait voir que la force seule l'y conlraignoit et que sa volonté n'yavoit aucune part. Aussïlûtque l'Empereura l'ait marcher des troupes en Italie aprf-s la mort du Roi d'Espagne, le duc de Mantoue a reçu celles du Roi dans sa ville capitale. Il leur n livré son pays, toutes ses places : il a vn sans murmurer les pertes que lui-m^me et ses sujets ont soufferte», l't il a fait tout ce que l'on poiivoit attendre de l'allié le plus iidèle, paraissant plus occupé du bien commun des alTaires que de ses propres intéri^ts. Il semble qu'ap^^s cette épreuve il n'y auroit plus lien de douter de la constance et Je la fidélité de ce prince. Mais ce qu'il a fait paroltre jusqu'à présent de ces bonnes qualités n'emp^'che pas qu'il ne soit naturellement fort changeant, plein de défiance, et facile à gouverner par des femmes, par des musiciens dont le grand nombre qu'il a toujours auprès de lui donne lieu h de fréquents cliangcmeots dun; sa cour; en sorte que ceux qui paroîsscnt le plusduns sa confiance sont souvent le plus près de la perdre entii^rement et de tomber dans sa disgrâce.
Il vient d'en donner un exemple en la personne du marquis B<'retly, son principal ministre- 11 avoit eu une très grande part au dernier traité, que le duc de Mantoue a fait avec le Roi et avec le rai d'Espagne. Le cardinal d'Estrées et le comte de Tcssé éloienl également contents de sa conduite et de ses
LE MAiiQUlS DERETTl.
) intentions. Le duc de Mimlnuc a change forl prompte- ment à son éfjiipd. On ne voit pas qn'il y ait eu d'aufro motif &J co changement, que l'opinion que ce Prince ii eue que I Majesté attribuait principalement au marquis Berctiy la bonne conduttf' du duc de Mantoue ; qu'ainsi ce ministre parlageuit non seulement l'honneur de cette bonne conduite avec son maître, mais encore qu'il en avoit la meilleure part el que le principal mérite en (itoit attribué aux bons conseils qu'il lui (loQDoit. Cette jalousie de sonminlstres'eatétendue surlecomte de Tcssi^ et sur Don Isidro Casado, marquis de Montelcon, Envoya d'Espagne. Le duc de Mantoue s'est imagim!' que tous deux, joints au comte de Tessé, persuadoient au Roi et au roi Catholique qu'ils faisoient gC'niiralcmi'nt tout ce qui pouvoit convenir an bien des afTaires de la France et de l'Espagne, et, qu'étant maîtres de l'esprit et desdéltlM^rntions du duc de Mantoue, ce prince n'exéculoit que ce qu'ils lui dîcloient.
Quoique cette opinion n'ait jamais eu aucun fondement solide, il en a éié si fruppi?, qu'il s'est plaint plusieurs fois au Roi. par des voies secrMes, de la manifre dont le comte de Tessé en usoit à son «îgard. U a supplii' Sa Majesté de faire en sorte que le roi d'Espagne rappelât le marquis de Monleleon. Entin, il a ôl(^ au marquis Berelly l'a<lminis(riilion qu'il avoit de st's alTaires.
Toutefois, sa foiblesse est telle que, dans le temps même qu'il se piaignoit au Roi du comle de Tcssi?, il lui témoignoil plus dp confiance que jamais. Il en usoit de mCme à i'f^gard du marquis de Montelcon et, quoique mécontent du marquis Berelly, il a demandé et obtenu pour lui des gnlces du roi d'Espagne : la principale est celle do conseiller au conseil de Milan.
Il est vrai que cette demande est le principal sujet que le duc do Mantoue ait eu de se plaindre de son ministre. M a prétendu qu'il n'avoil pu refuser de faire cette démiirche îi la recommandation du comte de Tessé, et que c'étoil l'ofTot d'un complot formé entre lui, l'Envoyé d'Espagne et le marquis Berelty. Enlin, pour ôler à ce dernier toute la connoissance de ses afFiiires, U l'a nommé pourson Envoyé auprès du Roi Catholique. " ■
aOH LE COMTE DE GEHGY, 1702-1708.
Le mal di? ce changement est que, le duc de Mantoue perdant un minisire l'clairi^ pt zi?M pour les intérêts du Roi, ce prince l'st. en mfme lemps, exposi5 A donner toute sa confiance à de?; •cens nouveaux dont les intentions seront bien (IifTi5renlPs de celles du marquis Bcretly. Le mi^rilc de ceux qu'il admettra dans ses conseils consistera dans les recommandations particulières qui lui seront faites, et l'argent ou d'autres int^-r^U» j auront la principale part, lis changeront insensiblement les sentiments d'un prince foiblc et facile îl gouverner; ils «éluderont ses ordres dans leur exiîculion, et, quelque bonne iolention qu'il ait, il se trouvera souvent que les effets y scruni entièrement contraires, car îi est nécessaire que le sieur de Gergy sache que le duc de Mantoue est presque le seul de son pays dont les intentions soient bonnes pour le service du roi, et pour celui du roi d'Espagne. La noblesse et le poupte ont toujours H& portl^s pour la maison d'Autriche; et, comme tous les religieux d'Italie sont atlachf-s & l'Empereur, ceux du Mantouan sont aussi dans les mêmes dispositions; cette inclination gi^ntîrale de tout le pays paroit encore plus forte dans les Gon- , zague, et ils ont aussi paru plus opposés que personne au duc de Manloue, leur souverain et chef de leur maison.
Il faut cependant distinguer les marquis Clauilio ' et Ascanîo ' Gonzague, qui se sont bien conduits pendant que ta ville de Mantoue a H^ bloquée par les Allemands. Le Roi veut même que le sieur de Gergy fasse connoître dans les occasions au marquis Ascanio Gonzaguc que Sa Majesti' a vu avec plaisir les marques qu'il a donni5es de ses bons senlimcnts et qu'il peut s'attendre qu'elle lui témoignera le gri^ qu'elle lui en sait. Le duc de Mantoue a demanda plusieurs fois quelque abbaye pour Don Ascanio Gonzague ou quelque pension sur des béni'-
1. Cbudio de Gonzngiic (Itiii-I70K) apparlenuit il une branclie collatt^mlp d obscure de la mùsoa de (îoniigue. Il ftccompagna, en 1687,1e dac Charlre JV pendimt la campagne de Hongrie, puis deTÎnl gouremeur du DocbA de Uontrerrat et ministre d'Btat. Il fut ensuite disgracia et se rollra :1 Venise (LÎUa, Famiglîe aUbri UaliitHe, t. III).
3. Ascanio de Goniugne (1lu4-1728), Gis da marquis Octave de Gonuguc-Vcscorato et d'Eléonore Pio. AprAi avoir lerri dans les armées espagnole) du UiUnsi*. il devint capitaine des gardes du corps, puis ministre d'Etat dq duc Ferdinand' Charles de Mantoue. Eotrd ensuite dans les ordres, il Tut nomtn£ en ITSIarcheTAqge de Colossa. iLitla, (. IIl. cl tlicHotinaire bisloriqiir deUortri).
LE MARQUIS BEBETTl, 3(ill
ficcs. Sji Majcst(?y aura i5g)ini lorsqu'il i'H sera li^mps. Au vesle il n'y a pas assez di^ foiidemimt il faire sur les bons sonlïmenls (ju'il témoigne pour y prendre beaucoup de confiance, et c'est au sieur de Gorgy ti voir l'usage qu'il pourra tirer do l'espérance que Don Ascanio Uon/.ague aura de recevoir des grâces de Sa Majesté.
Comme elle iroil qu'il est de son service que le marquis Ben'lly ne se relirepas de celui du duc de Mantoue, il faut, s'il est poHsible, qu'il fasse en sorte rie rétablir ce ministre dans la confiance de son maître et dans le poste qu'il occupoil. Le duc de Mantoue a confié au comte de Tesaé que son dessein étoit de le rappeler lorsqu'il sera sur le pojnl de partir pour passer en Espagne. Mais il y a lieu de douter l'ncore que ce soil l'intention de ce Prince, le contraire paroissant par ses lettres. Ainsi, selon toute apparence, le sieur de Gergy sera obligé de chercher les moyens de faire rappeler le marquis Beretty et de lui rendre la conlianco du duc de Mantoue. S'il en parle d'abord h co Prince comme d'une chose que le itoi souhaite, il croira plus que jamais qne Sa Majesté est persuadée qu'il se laissait gouverner par le marquis Beretty et que ce dernier avoit tout le mérite de la bonne conduite de son maître. Il est donc nécessaire de lui faire connoître que Sa Majesté lui attribue, à lui seul, tout ce qu'il a fait de bien; que jamais elle n'a regardé le marquis Beretty comme en étant l'auteur ; qu'elle ne doute pas que les choses no continuent sur le même pied qu'elles ont été jusqu'à présent, quelque ministre que le duc de Mantoue puisse employer pour la conduite de ses alîaires. Mais en même temps, il est bon de lui insinuer que comme il ne pei^t pas faire tout de lui-mômc, elles iront mal s'il n'en donneradmiuistrationùdes gens éclairés, capables de le bien servir. Or, il est ccriain que ceux qu'il emploie, dont son médecin est un, n'ont ni la connoissance ni les tilcnts nécesaircs pour se bien acquitter des fonctions qu'il leur a données. Le sieur de (Jergy peut insinuer que. les intérêts du Itoi étant unis à ceux du duc de Mantoue, Sa Majesté souhaite qu'il donne sa confiance à des gens habiles, et dont les intenlions lui soient parfaitement connues. I^nlin, il doit par ces raisons
BECDEIL DES INSTH. niF'M.i»!. \V, — 24
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