AVANTAGES D'UNE ALLIANCE
Uhie et démontrée par la suite de tous les événements tani du siècle dernier, que du siècle courant.
Le roi de Sardai^e ne pourra jamiiis, sans les secours de la Franw?. parvenir au but qu'il s'est proposé, de se rendre maltredu Milanois. La France ne peut aussi, de son cdté, espérer de réussir à diminuer eriicaceraeni la puissance de la maison d'Autriche en Italie, que par une étroite alliance avec le Roi de Sardaigne.
Ces deux principes étant une fois bien établis, il est étonnant que les Cours de France et de Sardaigne, sans perdre de \Tie leurs objets, se soient néanmoins trouvées désunies dans des moments oïi elles étoient, lune et l'autre, le plus à portée de les suivre avec succès, et de profiter de leurs avantages.
Plusieurs circonstances ont pu donner lieu à cette mésintelligence. Ui maison de Savoie a cru que sous le règne de Louis XIV, un n'uvoit point eu pour elle assez d'égards et de ménagements.
Lorsque au commencement de ce siècle, le duc d'Anjou fut porté sur le trône d'Espagne, ce changement de domination et cette augmentation de puissance dans la maison de Bourbon firent ombrage k la Cour de Turin. Elle se regarda comme investie par la France et l'Espagne. Elle se crut obligée d'écouter les propositions de la Cour de Vienne ; et le roi de Sardaigne se livra h la maison d'Autriche. Mais, cette maison étant aujourd'hui en possession de la Lombardie. on ne peut pas nier que la Cour de Vienne ne soit la seule Puissance essentiellement intéressée à traverser ce Prince dans ses projets (l'agrandissement en Italie.
Lors de la guerre de 1733, le Roi de Sardaigne sentit l'avantage réel qu'il avoit de s'unir avec la France. Il reçut de la part du Hoi, de nouvelles preuves d'une amitié, que la conduite précédente de ce Prince, n'avoit pu altérer. Sa Majesté porta des attentions particulières sur ce qui pouvoit intéresser le Roi son oncle. Ne songeant qu'à suivre les mouvements de son cœur, elle forma le dessein de procurer à Sa Majesté sarde, plusieurs avantages qu'on fût, dans la suite, obligé de restreindre. Lj roi de Sardaigne, plein des grandes espérances