‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 23 sur 224 · Lettre de Voltair«> à M** do Fontaine, 5 noTembro 1759. i · texte numérisé non relu

Lettre de Voltair«> à M** do Fontaine, 5 noTembro 1759. i

:t. Chauvelin à RouUl^ le S6 mars 1755.

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lOnque. au commencemoDt de ce siècle, le duc d'Anjou fut porté sur le Irâoe d'Espagne, ce changeœeDl de domination et celte augmenlatioa de paissaoce dans la maison de Boorbon firent ombrage à la cour de Turin: elle ^ re^iarda comme investie par la France et l'Espagne; elle se crut obligée découler les propositions de la cour de Vienne, el le roi de Sardaigne se livra à la maison d'Aulriche. Mais cotte maison ^tant aujourd'hui en possession de la Lombardie, on ne peut pas nier que la cour de Vienne ne soit la seule puissance essentiellement inl^ress<k^ à traverser ce prince dans ses projets d'agrandissement en Italie.

Lors de la guerre de 1733, le roi de Sardaigne senlil l'avantage réel iga'il avoil de s'unir avec la France, il reçut de la part du roi, de nouvelles preuves d'une amitié que la conduite précédente de ce prince n'avoit pu altérer. Sa Majesté porta des attentions particulières sur ce qui pouvoit intéresser le roi son oncle. Ne songeant qu'à suivre les mouvements de son cœur, elle forma le dessein de procurer à Sa Majesté sarde plusieurs avantages qu'on fut, dans la suite, obligé de restreindre. Le roi do Sardaigne, plein des grandes espérances dont il s'étoit flalté. n'eut aucun égard aux circonstances qui engageoient le roi & presser la conclusion de la paix. M ne VOdlat point apercevoir que la pnidence obligeoit Sa Majesté lie remettre à un autre temps rcxéculion des projets qu'elle avoil formés en sa faveur. Uniquement occupé de l'agrandistsejnent de ses Etals, il entra en méliance contre le roi son Devcu ; et se livra & un ressentiment dont il a voulu faire éprouver les effets & la France pendant le cours de 1» dernière guerre.

S'il ressentit alors le plaisir de se venger en faisant quelque tnal & la France, les procédés de la cour de Vienne à son égard, pleins de hauteur et d'injustice, ont dû lui prouver le (Wu de fonds qu'il peuL faire sur l'alliance de cette cour. Ou a

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aussi lieu de croire que ce prince est aujourd'hui couvaincu que la conquête de la Lombardic ne sera jamais que le prix de son attachement constant à la France. L'ambassadeur du roi évitera néanmoins, autant qu'il lui sera possible, de s'engager dans aucune conversation suivie sur ces diffi5rentes époques qu'on vient de lui retracer. Il est à présumer que la cour de Turin ne fera actuellement aucune ouverture pour former une alliance avec la France. L'intention du Roi n'est pas non plus de lui faire ciucune proposition dans le moment présent. On sait quç le système du roi de Sardalgne n'est pas de prendre des engagements d'avance, et qu'il ne consentiroit à se lier qu'au moment qu'il verroit la guerre prête à s'allumer. Il ne s'agit donc aujourd'hui que de préparer les voies, de rétablir la conliiince réciproque entre les deux cours de France et de Turin, de s'assurer de l'alliance du roi de Sai'daigne dans le cas où le Roi seroit forcé de reprendre les armes, et défaire entendre au roi de Sardaigne, qu'il trouvera toujours dans Sa Majesté un allié sur lequel il peut alwolument compter.

, Cependant le traité que l'Empereur et l'Impératrice viennent de conclure, le 11 mai de celte année 17S3, avec le duc de Modi-ne. pourra peut-être faire sentir aujourd'hui plus que jamais, au roi de Sardaigne, tout ce qu'il a à craindre de l'ambition de la maison d'Autriche, tout ce qu'il a à espérer de l'appui de la France, et lui faire ouvrir d^s à présent les yeux sur ses véritables intéri^ts. Ce traité, par lequel le duc de Modène désigne pour héritier de sa maison un archiduc d'Autriche, les suites qu'il peut avoir par les nouvelles conventions dont il est susceptible, soit qu'on remette le gouvernement de Milan entre les mains du duc de Modéne, soit que ce prince se trouve engagé à livrer ses places et ses troupes au pouvoir des Autrichiens, méritent sans doute, de la part de Sa Majesté sarde, les plus sérieuses attentions. Le nouveau traité annonce un agrandissement certain de la maison d'Autriche en Italie. 11 doit donc naturellement engager la Cour de Turin à se former un nouveau système par rapport aux alTaires de ce pays. L'ambassadeur du Roi doit, dans ses conversations

IITIQI'E DE L'AITRICHE E> ITALIE.

fMrtiealièrcfi avec le sieur chevalier Ossorio, sonder quelle est sur cela sa façon de penser. Il dira à ce ministre que le Roi est disposa, non seulement à entretenir toujours avec le Roî de Sardaigne ta plus parfaite intelligence, mais encore à lui donner aujounl'hui des preuves de sa eonfîance; que Sa Majesté ne doute pas que le Roi son oncle ne soit à son égard dans les munies sentiments ; que rien ne conriendroit mieux que de se communiquer réciproquement ses idées sur les affaires de l'Europe, en général, et notamment sur celles do litalio; que te roi de Sardaipie étant particulièrement intéressé à maintenir Téquilibrc en Italie, Sa Majesté n'a rien de plus à cœur que de pouvoir se concerter confidemment. avec te Roi son oncle, sor les mesures efficaces qu'il conviendroil de prendre par rapport & un objet si important. L'ambassadeur du Roi ne manquera pas de faire sentir au sieur ctievaliei Ossorio; que la maison d'Autriche possédant déjà les duchés de Milan et de Mantouc et le grand-duché de Toscane, toute acquisitirfn nouvelle que cette maison ferolt en Italie, ne pourroit qu'Ctrc très dangereuse pour tous les Princes qui poss^dcnt des États dans celte partie de l'Europe. L'ambassadeur du Roi aura soin de recueillir attentivement tout ce que le ministre du roi de Sardaigne lui dira sur tous ces points, et d'en rendre un compte eiact, d'autant plus que les ouvertures que le ministre de Turin puurroit lui faire, conduiroient à lui envoyer de nouvelles instructions.

Pendant le cours de ces négociations, l'ambassadeur du Roi ne perdra point d^ vue qu'il doit apporter tous ses soins pour se rendre agréable à la Cour do Turin. La route lii plus sûre pour y parvenir, c'est de louer toujours le gouvernement du roi de Sardaif^ne, et d'admirer son administration dans toutes ses parties. Le ministère de Turin s'est toujours fait un point d'tionaeur de connoitrc mieux qu'aucun autre, tant dans la thêoriique dans la pratique, l'art de gouverner. Cet amour-propre est anssi fort dans te roi régnant, qu'il l'étoit dans le roi Victor. Il faut le flatter avec adresse par cet endroit sensible. Les preuves de zèle et de capacité que le Roi a reçues de la sieur chevalier de Chauvclin dans les places distin-

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