‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 41 sur 224 · MISSION A GÈNES · texte numérisé non relu

MISSION A GÈNES

h dire Rvee simplicité et sans afToctation, qu'avant do repasser en France, il visite les principales villes d'Italie qui ne l'éloipacni pas trop considérablement de la route qu'il doit tenir ponr son retour, et qu'il mesurera le séjour qu'il fera dans cbHcanc, selon sa curiosité, ses alTaircs et ss santé. Il sentira de lui-même, combien il est important qu'il mette dans ses discours la plus grande réserve, qu'il ne parle à qui que ce soit des affaires publiques ni des événements inlércssnnts, qu'sutant qu'il sera nécessaire pour ne pas ptiroîlre mystérieux, qu'il ne marque aucun empressement d'apprendre et de recaeillir des nouvelles, et qu'en un mot, ses démarches et ses propos n'annoncent qu'un simple voyageur, dont le goùl se borne uniquement aux antiquités, aux arts et aux lettres.

Partant de Turin, il se rendra ii Gènes, oii au moyen des lettres de recommandation que je lui donnerai, il sera introduit dans tes sociétés et dans les maisons priucipiiles. Ce début t'accréditera pour les autres villes où il doit résider, et annoncera son voyage d'une manière simple et non suspecte. Il s'y procarera avec facilité des lettres pour Milan et les autres liem où le service du Roi peut le conduire et l'arrêter. En ■rrivant à Gènes, il écrira à M. le comte de Stainvillo '. le préiiendra de sa mission, et lui demandera de lui indiquer les moyens d'entretenir avec lui une correspondance sùro; faisant pssser sa lettre par le courrier qui va régulii>remenl de Lyonl iRome, toutes les semaines, et recevant la réponse parla même voie, elles ne péricliteront ni l'une ni l'autre.

L'intervalle do temps qu'il doit séjourner à Gênes le conitdsant à celui où M. l'abbé de Bernis doit retourner à Venise, il partira de Gênes lorsque je lui manderai que cet ambassafeur sera parti de Turin pour Parme. Alors, il s'y rendra, Mnféreni avec lui, tant sur les points contenus dans ce mémoire, que sur les autres objets que M. l'abbé de Bernis jugeroil à propos d'y ajouter. Il arrangera sa correspondance

'■ BUtnnft-Fruicoii de Chniteal, comto de SLùnviilc, ctail aima imbnsudïur d« J^BM 1 Ramo. devint minîatre des Affaires itrangi^rcs en t75S et fat crét duo • Cbobeol ftu mois d'aoïU do la même année.

L'ABBÉ DE VILLEFONDS, 1786.

avec lui, celle qu'il doit entretenir avec moi est assurée par le chiffre que je lui remets, et sur lequel je marquerai, à tout événement, qu'il est destiné pour M. le comte de Stainville. 11 se bornera pour le moment présent, à ces trois relations, sauf fl les étendre dans la suite, si le service du Roi l'exige.

Quoique l'exactitude et l'attention de M. de Ncuilly' ne laissent rien à désirer sur les conuoissanccs que la ville de G?nes peut fournir, cependant M. l'abbé de Villefonds peut rendre son séjour dans cette capitale utile, en recueillant sans affectation, tout ce qui concerne l'état de son commerce, la situation actuelle de la Corse, les nouvelles maritimes qui abondent dans un port aussi fréquenté, et en pénétrant les dispositions générales des esprits. En cas que la guerre devînt générale et que ta tranquillité de l'Italie fût troublée, s'il peut rassembler des notions intéressantes sur tous ces points, il en formera un mémoire qu'il me fera tenir par une voie sûre, se bornant à ne m'écrirc par la poste que des choses générales et personnelles, surtout dans ce début, où tl n'est pas douteux que notre correspondance excitera l'attention et la curiosité.

Arrivé à Parme par le moyen et le canal de M, de Bernis,

.il sera présenté à l'Infant et à l'Infante. Cette distinction lui

[procurera de la considération dans les autres parties de la

Lombardie, et écartera les idées désavantageuses qui pour-

roient mettre obstacle au succès de ses voyages.

De Parme, M. l'abbé de Villefonds se rendra à Uilan. Les dilTérentes lettres de recommandation dont il sera pourvu, l'introduiront dans les maisons principales. H ne se bornera cependant pas à les fréquenter exclusivement. Il vcri-a aussi les banquiers, les négociants et les légistes les plus accrédités, par le commerce desquels il pourra encore plus aisément ôtrc instruit de tous les détails intéressants. 11 sera présenté à M. le duc de ModÈne' au moyen de la lettre de M. de Monzono

1. Jacqucj.Pliilippe Fyol de la Marohe, seignour do NeuiUy, comW de Dtacy.lo- PûFl, eoToyâ eitraardinûro et ministre plénipotentiaire pris la république d« ùtnea dz I7a4 i 1761, garde des eccsdi honoraire au Parlement de Boargognc.

S. Fr«]içoU-MariB d'Eatfl, duc do Modéno, né en 1Q9B, époosa en i7!0. Chtr lotte- AgUo d'Oi-léans. flllu du Réganl.

Page 1