‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 5 sur 224 · POLITIQCB DB LA COUR UE VIENNE · texte numérisé non relu

POLITIQCB DB LA COUR UE VIENNE

de ce qu'on ne taissoit subsister le traité de Worms quG pour les seules stipulations favorables à la cour de Turin, sans aucun égard pour les conditions sous lesquelles la Reine de Hongrie avoit fait au Roi de SardaJgne le sacrifice d'une partie du Milanois, et l'espèce de protestation que ce ministre a faite à ce sujet, n'ont dû laisser aucun doute à ce Prince, que la cour de Vienne ne soit dans l'intention de proliter de la première occasion qu'ElIe trouvera de revenir contre un article qu'Elle a paru regarder comme blessant également son iatéi-ôt et sa dignité. Dans ces circonstances, rien ne scroit plus naturel que de voir la Cour de Turin prendre d'avance ses précautions pour se mettre à l'abri du ressentiment autrichien et des événements qui pourroient en être la suite. Une alliance avec la France et l'Espagne scroil évidemment le moyen le plus sûr pour le Roi de Sardaigne, non seulement d'établir solidement la sûreté de se» possessions et de ses droits, mais de lui faciliter encore pour l'avenir l'exécution des vues ultérieures qu'il peut avoir relativement à l'Italie, si les circonstances y allumoienl une nouvelle guerre. Il doit d'autant plus donner une préférence entière à cette alliance, que l'Espagne n'a plus aucune vue d'ambition dont il puisse t^trc alarmé, et, quant au Roi, il peut encore moins ^trc soupçonné d'aucun <l(!sîr de conquête ou d'agrandissement, surtout dans cette partie de l'Europe. La seule Puissance dont te Roi de Sardaigne ait à concevoir des sujets d'inquiétude et de crainte, c'est lu cour de Vienne, dont le système est trop connu, pour qu'on puisse ignorer qu'un des plus anciens et constants objets de sa politique, est d'augmenter ses possessions et son autorité en Italie, au préjudice de tous les autres Princes qui y ont des établissements.

Toutes ces considérations sont si fortes qu'elles devroient, ce semble, opérer nécessairement un prompt recours de la Cour de Turin aux deux couronnes, et si quelque obstacle peut s'opposer à cette démarche de sa part, ce seront vraisemblablement les liaisons et les engagements dans lesquels le roi de ïîardaigae pourroit entrer avec l'Angleterre, qui, se croyant intéressée pour ses propres avantages à soutenir ce Prince, et

M LE MABQUIS DE LA CRET&BDIE. I7i!>-I7B9. H

n'aTaot ea qui se looer de lui dans ta dernière guerre, n^^ négligera rien poor le Axer dans»on alliance, il seroîl extrëmemenl important de démêler, avec quelque eertiinde, où les choses en sont i cet ëgard entre les deux cours. Et c*est i quoi le Roi prescrit au sienr marquis de la Chétardîe de veiller avec la plus grande allenlion. et de lui rendre exaelemenl compte de tout ce qu'il lui sera possible de découvrir sur ce sujet. Mais il doit éviter avec encore plus de soin de tenir aucun discours ou de faire aucune démarche qui marque de l'empressement de la part du Roi, soît pour se lier par quelque traité avec le Roi de Sardaigne, soit pour indisposer ce Prince contre la cour de Vienne, soit enfin pour le détourner du projet qu'il aurait formé, de faire de l'Angleterre son principal appui, et de contracter avec celte couronne des liaisons encore plus étroites. Les principes et les sentiments du Roi, qui sont aujourd'hui assez connus dans toute l'Europe, la çénérosilé et la constance avec lesquelles Sa Majesté a soutenu tous ses alliés pendant la dernière guerre, la modération et le désinlt^ressement personnel quVUe a marqués dans la conclusion de la paix, doivent faire rechercher son alliance par toutes les Puissances qui ont à cœur le repos et le bonheur publics, objets que le Roi se propose pour hase de son gouvernement et de ses résolutions; el ce n'est point à Sa Majesté à faire à cet égard des avances qui ne conviennent ni à sa dignité ni aux maximes qu'EUe a adoptées pour règle de sa conduite.

Le marquis de la Chélardie se bornera donc, dans les premiers temps de sa résidence à Turin, d'écouter et d'observer beaucoup et avec tout le discernement dont il est capable. Les détails dans lesquels on est entré jusqu'à présent dans ce mémoire, ne doivent senir que pour son information personnelle, cl, dés que les circonstances exigeront qu'il sorte de la réserve dans laquelle il se renfermera d'abord, le Roi lui fera savoir ses intentionset envoyer SCS ordres. Mais, en attendant, il aura vraisemblablement à traiter avec ta cour de Turin deux affaires particulières qui intéressent le service de Sa Majesté, el qu'EUc désire qui puissent ^tre incessamment terminées à l'amiable et h la satisfaction réciproque des deux parties.

PEAGE DU PORT DE MCB. IS

L'nne de ces discussions regarde on prétendu droit que les fermiers du Roi de Sardaigae exigent de tuus les bâtiments ft^Dçais qui passent h la vue du port de Nice, eo naviguant du couchant au levant, on du levant au couchant. On joint ici S01I9 le n° 1, des copies de diffénnles pi^ces qui mettront le marquis de la Chëtardie exactement au fait des raisons dont on se sert de pari et d'autre, soit pour établir, soit pour contredire ce droit et de tout ce qui a été dit et Fait jusqu'à présent de plus important sur cette matière.

Le Rot, par les motifs d'amitié qui le détermineront toujours pour ce qui peut avoir rapport au Roi de Sardaîgne, a bien voulu consentir qu'on ne comptdt point dans lo nombre des vingt années portées dans la convention ci-jointe de 1726, celles pendant lesquelles ce Prince n'a point joui do l'iilioDnemeot stipulé par cette convention. Mais il s'agit, pourfairo cesser à Cnveoir tout sujet d'altercation, de prendre un parti définitif sur te fond de l'afTaire. Sa Majesté est persuadée que le Hoi son oncle apportera des dispositions équitables à t'oxamen qu'il y aura à faire pour parvenir h cette décision. Mais, si la Cour de Turin se refusait à un arrangement juste et conveuabli- relativement à cet objet, le Roi ne pourroit pas se dispenser, dans la suite, d'accorder à ses sujets la protection et les secours qu'ils ne cessent de réclamer pour les mettre fi l'abri des inconvénients et des vexations auxquels ils se trouveroicnt exposés par l'imposition d'un tlroît si singulier et auquel il est certain que les seuls bâtiments françois ont été assujettis jusqu'il présent.

L'autre alTairc particulitre concerne le rétablissement d'un rommi)' de la poste francoise ii Turin. On joint ici sous le n" 2, des copies des pif-ces qui traitent cette mafifre. Le sieur Quey, dirL-ctcur général des postes du Roi de Sardaigne, se trouvant actuellement à Paris, a déj& eu quelques mnférences sur ce sujet avec le sieur du Parc, l'un des fermiers généraux des postes du Roi, et le marquis de la Cbétardie sera exactement informé des suites de celte négociation, et recevra les ordres de Sa Majesté, si Elle juge convenable qu'il i;n parli-' aux ministres de la Cour Jl- Turin. On n'nicl encort-

li LE MARgUlS DE LA CHETARDIE, 17ii)-i752.

ici h l'ambassadeur du Roi sous le n° 3, foules les notions qu'on a trouvées dans les papiers des Affaires lîtrang^res, touchant le cérémonial que le marquis de la Chélardic aura à observer ou à exiger pendant qu'il réaidera à Turin. Il aura soin d'informer exactement. Sa Majesté de la façon dont il se sera conduit à cet égard, et de rendre compte successivement dans la suite et par des lettres séparées, de tout ce qui aura rapport à cet objet auquel les ministi-es du Roi dans les cours étrangères ont souvent négligé de donner toute l'attention qu'il mérite. L'intention de Sa Majesté est qu'ils se prêtent sans dificulté à tous les expédients qui peuvent faciliter leur correspondance tant avec les ministres du Frince, auprès duquel ils résident, qu'avec ceux qui y sont employés de la part des autres Puissances. Mais il ne faut jamais que cette complaisance porte atteinte aux prérogatives et aux droits essentiellement attachés au caractère et aux fonctions d'ambassadeur de Sa Majesté.

La lettre du Roi qui accompagnera celte instruction et que Sa Majesté écrit au roi de Sardaigne, pour accréditer le marquis de la Chétardie, sera remise par cet ambassadeur dans la première audience particulière que ce Prince lui donnera, et le marquis de la Chétardie s'expliquera en cette occasion en termes généraux, mais les plus propres à exprimer au roi de Sardaigne la tendre amitié de Sa Majesté pour lui. et le désir sincère qu'EUe a de lui en donner les preuves les plus sensibles, et d'entretenir avec lui celte union intime et celte intelligence réciproque, qui conviennent si parfaitement entre deux Princes si étroitement attachés l'un à l'autre par les liens du sang.

Les compliments que le marquis de laCbélardie adressera au duc de Savoie ', au duc de Chablais ' et aux Princesses leurs sœurs' seront conçus dans le même esprit et d'une manière agréable et Qatteuse. Il est vraisemblable que, lors de l'arrivée

1. Victor-Amédéo, itnc de Suvoie; il détint roi de SardaigriE k la morl de son pire eu 1173.

S. Benoit-Mmirics a7tl-180gl. duc de CliabUiis, Sis de Cbarle!'-li:nimsnu.?l III ot d"Elis»belh de Lorraine. D épousa en 1775 Marianne de Savoie, sa nièce.

3. Êléonore-Thérèse (1738-1781); Mario-Uoiae-Osbriello (1729-1776) et Marie- Filioité (1730-1801).

PRINCIPAUX MINISTRES DU RUl UE SARDAIGNE. iB de l'ambassadeur du Roi à Turin, on ne U'ra plus un mystfre du mariuge du duc de Savoie avec l'Infante Marie-AntoinetUî. Quoi qu'il en soit, dans toutes les occasions où le marquis de la Ciii^turdie aura à s'expliquer sur cet événement, il ne laissera aucun doute sur l'approbation cntii^rc que le Roi a donnée à une alliance si convenable à tous ijgards, et il donnera les assurances les plus précises de lintérét que Sa Majesté y prend, cl de la sincérité avec laquelle Elle partage dans cotte circonstance la satisfaction et la joie des deux cours de Madrid et de Turin.

Plus la connoissance du caract^re et des inclinations des principaux personnages d'une Oour est utile pour diriger les discours et la conduite de l'ambassadeur étranger qui y réside, plus le marquis de la Cbétardie doit regarder comme un de ses devoirs les plus importants de se procurer à cet égard des lumières sûres. Il faut à Turin, encore plus qu'ailleurs, attendre du temps et de l'expérience ces sortes de notions. Les ministres piémonlais sont habiles dans l'art de dissimuler leur façon de penser, cl ils ont depuis longtemps contracté l'habitude de cacher, ^ous des dehors spécieux, les véritables sentiments dont ils sont affectés.

Le marquis de Gorzègne et le comte de Bogin ' sont ceux qui ont la part principale à la conlîance du roi de Sardaigne et à l'administration de ses affaires. On dit que le premier él&ve du feu marquis d'Orméa a. avec moins de talents, autant ou plus (Je finesse et de manège que son prédécesseur, et le second passe pour un homme fort affectionné à la cour de Vienne. Mais, comme le jugement qu'ont porté de ces deux ministres ceux qui en ont donné cette idée, n'est peut-être fondé que sur des connoissances superllcielles ou sur des préjugés personnels, le marquis de la Chétardie aura soin d'examiner par lui-même et à loisir sans prévention, partialité, quelles sont les qualités bonnes ou mauvoiscs, le génie cl les affections différentes, les talents et le crédit du marquis de Gorzègne, du

1. Olui-Lorenio, comie Bogin. mimsii-e de la guerre du roi de Sarduigne en 17t3, occnp» nno place considfTBble dans les conseils du roi Charlcs-Eiiiiiiïunel III, qui lui atnÛ» apécialeinent l'adminislriition de J.i Surdaigne.

)() LE MARQUIS DE LA CllETARDIE, 1741»-17S2.

comte de Bogio et des autres ministres ou courtisans qui ont l'honneur d'approcher de plus près la personne du Roi de Sardaigne.

Ce prince, persuadé avec raison que le commerce est une des sources de la sûretiî et du honheur des souverains et des peuples, paroît s'appliquer à l'étendre dans ses Etats, et vouloir faire usage de tous les moyens qui peuvent contribuer au succès de ses vues relativement à cet objet si important. Il se propose, pour cet effet, de construire un port à Nice, et il est fort vraisemblable que l'Angleterre l'excitera et l'aidera à exécuter ce projet. Les avantages que cette couronne pourroit en retirer, surtout diins le cas d'une nouvelle guerre en Italie, n'ont pas besoin de preuves, et l'on doit se rappeler à ce sujet que !e motif principal qui occasionna la stipulation du traité de Worms, concernant le marquisat de Final, qui fut injustement destiné à ce Prince en 1743, fut la prétendue nécessité exprimée dans l'article 10 de ce traité, de lui procurer une communication immédiate par mer avec les Puissances maritimes. Le port de Final auroit rempli cet objet ; mais le Roi en ayant procuré la restitution à la République de GOnes, il est ii présumer que les Anglois, conduits par les mômes principes de politique, voudront former fi Nice l'établissement qu'ils avoient compté de faire à Final. C'est sur quoi le marquis de la Chétardle lâchera d'acquérir des connois^ances certaines, ainsi que sur toutes les autres entreprises de la cour de Turin par rapport au commerce et à In navigation . Les nouvelles publique» ont annoncé que le comte de la Chavanne ' seroit chargé par le roi de Sardaigne de cette partie du ministère. C'est un homme qui joint à beaucoup d'esprit et de lumières acquises, encore plus de présomption et d'entêtement, et surtout un dévofiment entier à l'Angleterre dont on a eu sujet de soupçonner qu'il étoit pensionnaire. Mais, comme il est en même temps susceptible d'amitié et né avec un cœur très-sensible, il ne sera peut-être pas impossible au marquis de la Chétardie de gagner sa confiance jusqu'à un certain point, si

de Skrdaigne, fui

le la ChïTanne, conseiller d'Etui dm >ngrès d'Ail -li-Cbape Ile.

IIINISTBBS ÉTRANGERS A TDRIN.

le comte de la Chavanne éprouve de la part de l'ambassadeur de Sa Mitjesté des attentions et des égards dont il puisse ^tre unité.

Le Roi s'attend que le marquis de la Chétardie ne négligera rien pour être (également instruit de tout ce qui regarde l'État militaire du Roi de Sardaigne. On a remarqué que, dans la dernière i-éforme que ce Prince a faite dans ses troupes, il a eu une attentioa marquée à la rendre aussi avantageuse qu'il lui a été possible pour les Suisses qui sont à son service : et il y a longtemps qu'il ménage cette nation, dans laquelle il compleroit sans doute de trouver de grandes ressources, si les conjonctures l'obligeoient dans la suite à augmenter son armée iioit pour sn proprtt défense, soït pour exécuter les vues ambitieuses qu'il peut a%'oir sur le Milanois ou sur les Etats de la République de Gènes.

Le Roi ordonne spécialement au marquis de la Chétardie de veiller sur les démarches des ministres étrangers qui résideront à Turin.

Le comte de Sada, que la cour de Madrid s'est pressée d'envoyer en qualité d'ambassadeur auprès du Roi de Sardaigne, n'aura nulle part dans les négociations que Sa Majesté Catholique pourra suivre avec ce Prince. C'est ce que les ministres espagnols ont assuré au comte de Vaulgrenant. Mais le marquis de la Chétardie n'en sera pas moins attentif à vivre avec cet ambassodeur dans la plus parfaite intimité, i ne lui donner aucun sujet de plainte ou de déûance et à ne fui tenir que des propos qui, rendus à la Cour de Madrid, persuaderont de plus eu plus à Sa Majesté Catholique et h son ministre, que le Roi ne désire rien plus vivement, que de pouvoir agir de concert avec ce Prince, dans tout ce qui a rapport à ia gloire rt aux intérêts communs des deux couronnes, et de concourir aux mesures qui paroilront les plus convenables tnnt pour le bien général de l'Europe, que pour leurs avantages particuliers cl surtout pour la sûreté des deux Infants établis en Italie.

Il sera nécessaire que le marquis de la Chétardie marque aussi beaucoup d'attention au comte de Rochcfort que Sa Majesté britannique a chargé de ses affaires îl Turin. Il est

«KCCIIL DBS INSTR. DiPLOM. XV. — ï

IX I.n MARQUIS DE LA CHÉTARDIE. 17i9-!7B2.

plus importanl que jamais dans les premiers temps de la réconciliation entro la France et l'Angleterre, que les deux couronnes paroissent se conduire par les mCmes principes, et être anim(!cs d'un désir égal de donner à la paix qu'elles ont rétablie toute lu consistance et la solidité dont elle est susceptible.

Dos que le comte do Colloredo, que la Cour de Vienne a nommé son ambassadeur auprès du roi lie Sardaigne , sera arrivé à Turin, le marquis de la Chétardîe ne pourra trop s'appliquer à dérailler ses manœuvres, sans cependant marquer ni soupçons, ni inquiétude, et du reste il le préviendra de toutes sortes de politesses. Le Roi étant réconcilié de bonne foi avec l'Impératrice-Reine, est disposé à donner en toute occasion des marques de son amitié à cette Princesse, tandis qu'Elle ne fera rien, de son côté, qui oblige Sa Majesté à changer de sentiments.

Quant aux autres ministres étrangers qui résideront h Turin pendant le cours de la mission du marquis de la Chétardie, ce sera à lui à déterminer sur ce qu'il connoîtra de leur caractère et de leurs sentiments, la façon dont il lui conviendra de parler et d'agir avec eux.

L'intention du Roi est que ses ambassadeurs aient l'honneur de lui rendre compte directement de leurs négociations el de tout ce qu'ils apprennent qui peut intéresser le service ou la curiosité de Sa Majesté. Ainsi le marquis de la Chétardie formera des dépèches au Roi dans toutes les occasions où il aura quelque chose d'important il mettre sous les yeux de Sa Majesté, et il les renfermera sous une enveloppe qu'il adressera à cachet volant au ministre chargé du département des Affaires étrangères, à qui il n'écrira alors que les nouvelles courantes, et les détails moins importants qu'il croira devoir mander. Mais lorsqu'il ne se présentera rien d'assez intéressant pour mériter une attention particulière du roi, son ambassadeur se contentera d'informer exactement tous les ordinaires. le ministre des Affaires étrangères, de tout ce qui viendra à sa connotssance .

Un joint ici trois tables difl'érenles de chiffre : l'une qui ue

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