‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 58 sur 224 · EXTINCTION DE LA BRANCHE ITALIENNE · texte numérisé non relu

EXTINCTION DE LA BRANCHE ITALIENNE

ps. Ces deux

Il ne paroissoit pas devoir vivre long-tumps. Ces deux Princes H ruinèrent leur santé par des débauches extraordinaires. Et, « ce n'est peut-6tt'e pas sans raison qu'un auteur judicieux i< croit que la stérilité et la courte vie des derniers de la " branche ainée des Gonzague fut une juste punition de leurs " adultères, de leurs faux mariages et du dérèglement eslra- « ordinaire de leurs mœurs. Ferdinand, cardinal, et depuis « duc de Mantoue, ayant quitté son chapeau rouge pour tfpou- " ser une princesse de la maison de Médicis, Vincent, son Il frère, fut obligé de le prendre, malgré sa répugnance à l'ôlat " ecclésiastique. On vouloit l'éloigner et l'envoyer à Rome. " Vincent s'excuse du voyage el dit qu'il n'a pas assez de bien " pour soutenir sa qualité dans une cour somptueuse où les '■ cardinau-x-princes paroissent toujours avec beaucoup d'éclat. " Ferdinand, qui ne peut souffrir son frère à Mantoue, lui " assigne le château de Gazzuolo comme le lieu ordinaire de " sa résidence. Ce fût là qu'il devint éperdùmenl amoureux ■' (i'isabelle. mère du prince de Bozzolo. La dame étoit belle, " engageante et spirituelle au dernier point. Mais son âge déjà " fort avancé ne permelloit guères d'espérer qu'elle eùl des '< enfants. Lecardinal, épris des charmes et de l'esprit d'Isabelle, i< l'épouse sans en avertir le duc de Mantoue, el sans avoir '< renvoyé premièrement son bonnet rouge à Rome. Ferdinand « en fut tellement irrité qu'il contraignit Vincent à se séparer Il de son épouse. On dit même que, dégoûté d'Isabelle, dans la '< suite, Vincent consentit que le duc de Mantoue travaillât à " obtenir ta dissolution du mariage, el que les deux frères con- " vinrent d'abréger les procédures on se défaisant d'Isabelle. •< Mais elle cul l'adresse ou le bonheur d'éviter les emb&ches ■1 et les pièges qu'on lui tendit'. ><

A peine le duc Vincent avail-il été appelé à succédera son frère en 1626, que déjà l'état précaire de sa santé faisait entrevoir sa Hn comme prochaine. Après lui, il n'y avait plus pour représenter cette branche de la maison de Gonzague, que sa nièce la princesse Marie, tille du duc François, décédé en

I, Cf. Uïassor. Ilhtoi.c de Louis XIII, l. lir, p. 128, IS9,

LE Di;C DE NEVERS.

de Murguorilc de Savoie '. La succession du Monlferral rant élre dévolue à une femme, la princesse Mnrie ('lail I à recueillir celte piirlic de rii(5riiage. Mais elle ne pouvait régner à Mantoue, fief masculin. Ce duché devait revenir à Charles de Nevci's, fils du prince Louis de Gonzague, qui s'était fixé en France.

EtaMir en plein cœur do l'Italie une famille naturalisée française el liée à la France par ses grands biens et par ses intérêts, confondre par un mariage la branche expirante des Gonzague italiens avec le rameau florissant des Nevers : tel fut le plan que, par un trait do maître, arrWa Richelieu. Aux mois de janvier et de septembre 1 627, il envoya coup sur coup à Mantoue le marquis de Saint-Chamond', pour préparer les voies. Cet agent s'acquitta de sa mission avec une incomparable dextérité. Le 24 décembre 1627, la princesse Marie tirée du [vent fut mariée secrMement au jeuue duc de Rethel, fils |<du duc de Nevers, La nuit m^mc qui suivit ces htllives lailles, Vincent de Gomcague expirait, et, <l6s le lendemain, ftic de Nevers fut proclamé à sa place. C'était un brillant succès diplomatique. Son éclat même exaspéra la maison ■.^'Au triche hostile & l'établissement de princes français en i et le duc de Savoie, grand-père de la princesse Marie. txé dans ses convoitises sur la succession des Gonzague. Udî qui allait recueillir l'iiéritage des Mantoue en Italie |8ait alors d'un grand renom. Epris de glorieuses eatrc- , bravo, généreux, magnifique, le fils du célèbre Ligueur avait tout récemment encore cherché, par un vibrant appel, à uatrainer l'Europe dans une nouvelle croisade contre l'Infidèle'. ^Jugement, son intelligence de la politique, la fermeté de son 1ère n'étaient pas h lu hauteur des brillants dehors qui nt établi sa réputation. Au moment oii le duc de Nevers

I. Voit llnCroduCtioD un llcciieil ilee Itislriiclioiig aiar Ambaisadruin en Samiie-

^ifdaignr. p. Ktx, uxi.

I. Iiutniclion à M. lu marquit de Sainl-Chamond s'en allant amhauadtur Wravrdinairt a .Vantoiit, V> Janvier 1SÏ7. — In»lruclion bailler au sieiir marl^tU dt Saint-Chamond allant ambasaadtitr txtraoMinairr à Mantoue au mois de 'lttmbre\m. .\ff. Ktr-, Orr. M an l nue, t. I, fol. i 91 a( SI*.

t. Cf. It Pire Joseph tl nlcketien, par M. G. Fagniei, t, 1, p. 120 b1 suiï.

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