TRAITE D'ALLIANCE DU 3 JUIN
cardinal demanda que la garnison de Casai fût composée d'un nombre égal de sujets du duc et de Suisses catholiques, et qu'elle fût payée moitié par la France et moitié par les princes italiens intéressés à l'indépendance de la place. Il renouvela en outre l'offre faite l'année précédente par d'Argenson, de verser à la maison de Mantouc les sommes stipulées dans les traités de Cherasco. Lp duc déclara qu'il ne pourrait accepter ces propositions sans faire affront aux deux impératrices garantes, donna l'assurance que Casai no recevrait point de garnison espagnole, et laissa entendre qu'il pourvoirait luimême à l'entretien des troupes chargées de défendre la place dès qu'il serait remis en possession des districts détachés du Montferrat en faveur de la maison de Savoie'.
Une nouvelle mission confiée en i654 à Simon Arnauld, second fils d'Amauld d'Andilly, produisit de plus heureux résultats. Cet agent hahile et insinuant, qui devint si cc^lcbre dans la suite sous le nom de Pomponne, conclut à Casai, le 3 juin 16o5, un traité d'alliance avec le duc Charles 111". Eu vertu de cette convention, Louis XIV s'engageait à comprendre le duc de Mantoue diins la paix générale qui serait signée entre les Puissances, à employer ses hons offices pour aplanir les différends subsistant entre les maisons de Mantoue et de Savoie, ù attaquer vigoureusement le Milanais et à en détacher une étenitue de territoire suffisante pour procm'er des éléments d'échanges propres à satisfaire les deux cours de Turin et de .Mantoue. Le duc Charles avait la promesse d'un commandement d'armée en Italie. Il s'engageait à ne désigner pour gouverneur de Manloue qu'un g(5n6ral agréé par le roi de France, et à congédier de son service le ministre délia Valle. Il fournirait aux troupes fraai;aise8 et à leurs alliés des vivres et des munitions contre paiement en argent, et leur accorderait toutes facilités de passage. H devait se rendre dans un délai de deux mois h la cour de France pour y régler luI-raCme avec le Roi les
I. Cf. Mémoira lie du Plettis-IiMUnçon, p. «5. 3*0 el iuÎy. Vn collabora- Uur de Richelieu el de ila:arin, Bernard du Platit-UeMançon, p. Gi, bï. — AIT. Eu. Fonds dîTers. Mêm. el Doc. Su'daigoe, t. V, fol. S7i el eoiv.
3. Ve I«ile de ce Initia, Bilrail des ArchÏTEi d'Éut Ji UuitoDe, m troun imprimé ^pendicc ^ U Sti de ce tolume.
138 CONVEMION DC U SEPTEMBRE JHSS.
queslions de subsides. Cinquante-mille livres lui étaient remises tmraâdialeaical, atin de faire face aux premières dépenses nécessaires pour sssarer l'entretien dus fortitiuaLioas du Caul. Un second versement de m*me somme lui était promis à son ' arrivée h Paris.
Dans ](-■ courant de IVI<5 1655, le duc de Manlouc rendit etTcctivement au Roi la visite promise. 11 signa le 48 septembre & Paris avec Louis XIV une seconde convention' complélaot l'accord du 3 juin. Par ce nouveau traita, le duc renonçait à ses anciens engagements avec l'Espagne et concluait alliance offensive el di^fensive avec la France. Il devait réunir dans Casai uae garnison composée pour partie de Montferrins pour l'autre, de Suisses recrutés par l'intermédiaire d"ag( français. Le gouverneur de Casai ne pourrait ^tre désigné l'approbation du Roi. Le duc devait se charger d'entretenir place en bon état cl recevrait, tous les trois mois, de France un subside de soixante mille livres. Le Roi se réservaif de faire inspecter Casai quand bon lui semblerait, et exigeait que le» ufficiers de la garnison prétassent par écrit, en préseni d'im de ses délégués, le serment de ne rendre la place à auci antre prince qu'au duc de Mantoue.
Tandis que le duc Charles prenait ces engagements i Paris, les Irnupes françaises qui, pendant la précédente campagne, avaient progressé en Italie, subirent un grave échec devant Pavîo (14 septembre 1653]. Il n'en fallut pas davantage pour rutourner l'esprit vacillant du prince. Il se crut menacé d'im mouvement offensif et de la vengeance des Espagnols. Rentré dans ses Etats, Charles 111, de nouveau en bulte aux influences de famille qui l'entouraient, ne pensa plus qu'à se soustraire à ses obligations. 11 s'efforça d'abord d'observer neutralité. Ce fut en vain que Mazarin envoya successivemi près de lui MM. de Baas, de Beringhen et de Bclmont pt le presser de s'exécuter. En vain le duc de Modène, allié Roi, intervint-il de toute son autorité pour prévenir la déf( tion du duc de Mantoue. En vain du Plessis- Besançon, avù
dans
wt tait
i Iroune imprima en appendice à la