RSVIRBHENT EN FAVEUR DE LA FRANCE
1 Douvelles, donl Louis XIV fut bienlùt informé par ses
ambassadeurs h Venise et en Piémont. Ils en rendirent compte
sans doute avec d'autant plus de sollicitude que, de tous ctités,
commençait alors it s'élever contre la France le llol montant
des rancunes de l'Europe et que, d'un jour à l'aulre, la Lom-
bardie pouvait redevenir, comme avant la paix des Pyrénées,
l'un dos principaux champs de bataille des Puissances. L'idée
de profiter des circonstances pour s'assurer de Casai et de
Manloue ne pouvait manquer de venir à l'esprit. » Le temps
a me paraît favorable, » écrivait de Turin le marquis de Villars,
"pour traiter avec le duc de Mantoue. il est gueux, grand
" joueur et dépensier ; lui et ses favoris n'ont pas un sol. Les
"juife lui ont avancé son revenu pour quelques années. Je
" crois que ai on pouvait le porter à mettre la citadelle [de
' Casai] entre les mains du Uoi. eu lui dunnimt une bonne
> somme tl'argent et une pension considérable pour entrete-
' nir la garnison de la ville et du cb&teau, ce serait une chose
1 lrè<-avantageuse, d'autant que ce prince ne peut vivre long-
" temps '. ■!
Celte suggestion fut agréée en principe par Louis XlV. Ubbé d'Estrades, ambassadeur du Roi h Venise, profita d'une •les fréquentes occasions qu'il avait de rencontrer le duc de Manloue pour entamer avec lui une négociation secrète, ayant pour but de confier la garde de Casai à une garnison française. (^ Bolonais, )e comte Matlîoli, ancien secrétaire d'Etat du ^eCbarles III, ■< homme d'assez d'esprit, et que le commerce " de débauche avait insinué dans la confiance '» du duc de Mantoue, servit d'intermédiaire entre ce prince et l'abbé d'Es- 'radus. Il fut convenu que MattioU se rendrait secrètement en Fnoce pour conclure un arrangement définitif avec les minigtres de Louis XIV. Le duc prit lui-mftme part à ces premiers pourparlers et déclara verbalement & l'ambassadeur <'ii Roi, dans une entrevue qu'il eut avec lui la nuit, qu'il approuvait les avances faites par le comte Mattioli.
' Ls nurqiiû de Villan k Pomponne. 1" tàrtiU LouvoUA. 111, p. 102.
Mfmairt* de Pomponne, l. t, p. 112-11:!.
niEIL Dta mSTH. ntPLOU.
. CunlillD Rdusiei,
lU LE COMTE MATTIOLI.
Au mois de décembre 1678, celui-ci se rendit effectivement en France, porteur d'une lettre de créance et d'un pouvoir qui semblaient réguliers. Il signa il Versailles avec le marquis de Pomponne un Irailé secret par lequel Louis XIV était autorisé à introduire h Casai une garnison française qui ferait serment de conserver cette place pour le duc sous les ordres du roi. Cotte importance concession n'était compensée que par une somme de 100 000 écus qui devait ^tre payée au duc de Manloue. M. de Pomponne promit en outre à l'agent du duc Charles 10 000 écus lorsque l'alfaire serait achevée et l'assurii de plus grandes grâces dans la suite '. Après la signature du traité, le comte Mattioli retourna en Italie muni d'une ample instruction des ministres français, relative aux détails ! l'exécution'. En mSme temps, Câlinât était envoyé à Pigne- ■ol avec l'ordre de réunir secnMeraenl les forces destinées à 'entreprise, ot le baron d'Asfeld à Venise pour vaincre, s'il tait nécessaire, les deraiércs hésitations du duc de Mantou^. îependant, le délai fixé pour l'échange des ratiBcations, puis pour la livraison de Casai expira sans qu'il fût possible d'obtvnir que Mattioli tînt ses engagements. Au bout de quelquei^ mois, on s'aperçut qu'il avait livré le secret de la négocialion aux Espagnols et k la cour de Turin. L'abbé d'Estrades procura à Louis XiV el à Louvois la satisfaction de fairt* sentir le poids de leur vengeance à l'aventurier qui les avait joués. II fit arrêter Maitîolî sur le territoire de Pignerol et, sur l'ordre du Roi, i'i^ent inlidMe du duc Charles IV fut jeté dans un cachot pour le reste de ses jours. On sait que la critique historique a établi d'une man^^re qui semble aujourd'hui concluante, que le comte Mattioli fut le mystérieux prisonnier connu BOUS le nom du Hfasqiie de fer ' .
Le coup était manqué et l'alerte donnée aux Espagnols ainsi qu'à toute l'Italie. Le Roi fit partir en li&le M. de Gaumont pour Mnntoue, afin d'amener le duc Charles à s'exécuter et de
<. Mémoirei de Pomponne. C. I. p. M6.
S. Mitnoirt dr» point* dont il eal nfcensaire informé. 10 ditcembre 1678.