POSTE FRANÇAISE A TURIN
payer ie droit de Villefranche jusqu'à ce qne les deux Coars eussent pu se concerter antre elJes, pour le renouvellement de ladite convention. L'intendanl de Provence a peu répondu cependant à cette iuvilAtion. Il s'est borné i répondre le 16 mars, qu'il ne pouvoit rien dire de positifsur cette adaire qu'après qu'il auroit eu les ordres de sa Cour, k qui il en avoit rendu compte, sans qu^ du depuis, il ait plus rien fait savoir là-dessus.
Le Roi ayant vu que l'intendant de Provence ne faisoît aucune réponse s'est trooïê dans le cas d'ordonner à la barque cbargëe de la perception da droit de Vdletranche, d'en user à l'égard des bâtiraenls françois de la manière qu'on en uaoit avant la Coaveulioa du 1728, qui éloit d'en exiger le droit, k mesure qu'ils passoieut dans les mers de Nice.
Or, ta la susdite barque a arrêté et conduit, ces jours passés dans le port de Villefranche, les deux b&timents fraorois, dont il est fuit mention dans le mémoire que H. le marquis de Puisieux vient de remettre à H. le comte de Hontgardîn, elle n'a rien Tait qui ne soit daus les règles, et qu'elle ne dût faire, pour ne pas laisser préjudiciur les droits du Roi. D'autant plus qoe l'expiration de la convention de 1T26, et la démarche faite parl'inlendanl de Nice anprès de l'intendant de Provence, sont des faits assez notoires A Marseille et dans toute la Provence.
Sa Majesté ne peut qu'être persuadée que, lorsque le Roi son neveu, sera informé du contenu dans le présent mémoire, il reconnoilra aisément, que par la saisie des deux bâtiments dont il s'agit, elle ne s'est point écartée des égards que les souverains se doivent réciproquement, dont Sa Majesté K fera toujours un vrai plaisir de lui donner des preuves convaincantes ; D'ayant rien de pins h cœur que de contribuer de son cOté à aJTermir de plus en plus la bonne intelligence convenable entre deux princes, voisins et nnis si étroitement par les liens du sang.
MfjlOtU JOINT AUX LVsmUCTro.NS DU XAtlUUIS tIE DU 6 NOVBHBHB 1H9
AD. Étr., Corr. Tutin. vol. CCXVI, toi. &4.
tel directeurs des postes de Lyon mandent par leui' lettre du premier da courant que le 31 décembre de l'année dernière, le sieur Corraud, reccwur du postes à Chambéry, leur manda de la part de M. Quey, directeur g^nJnl des postes des Étals du Roi de Sardaigne, qui en avoit reçu les ordres de son maître, que d&s que les Espagnobauroient évacué la Savoie tes lettres de Turin pour France seroient dirigées sur Lyon comme avant U guerre.
Ces termes ne leur ayant pas paru asseï clairs, ils ont écrit, le 3 du mois dernier, audit sieur Corraud, pour savoir de lui, s'ils signifloient que, de leur côté, ils dussent rétablir le courrier de Rome, parce que la correspondance avec Tarin se faisoit deux fois par semaine avant la guerre; savoir, une fois par le conixier qui part de Lyon pour l'Italie, et une fois (•r une estafette dont la France fait les frais jusqu'au pont de Beauvoisin, M le roi de Sardaigne depuis le ponl de Beauvoisin Jusqu'à Turin. Us ont reçu le 31 du mois dernier une lettre du sieur Corraud, qui répond que la Savoie devant âtre évacuée le onze da courant, M. Quey entendoit de faire
partir, deux fois par semaine, une estafette de Turin pour le pont de Beauvoisin, et qu'à regard du courrier de Rome, il attendoit lui-mdme des ordres supérieurs.
On croit pouvoir regarder la proposition de M. Quey, d'établir deux estafettes, comme une tentative qui, vraisemblablement, lui a été ordonnée par sa cour pour parvenir, si elle réussissoit, à se refuser peut-être par les suites au rétablissement du passage du courrier de Rome par Turin, et par une conséquence naturelle à ne plus y recevoir un directeur de poste françois. Il est si intéressant au service des dépêches de la Cour pour les ministres du Roi dans toute Tltalie, de se conserver ce passage ainsi que le directeur des postes que la France a toujours entretenu à cet eCTet dans Turin, que le fermier général des postes a cru devoir mander aux directeurs des postes de Lyon, de répondre à M. Quey qu'ils attendoient comme lui des ordres supérieurs non seulement pour le rétablissement du courrier de France pour Tltalie ; mais encore pour rouvrir la correspondance entre la France et le Piémont; et, en conséquence, il leur a été ordonné en cas qu'ils reçussent un paquet de Turin avant qu*ils en eussent écrit à M. Quey, d'en faire l'ouverture et la distribution ; mais de ne point faire de paquet pour Turin. On a cru par ce moyen, mettre M. Quey dans la nécessité de faire expliquer sa Cour, et de demander lui-même le rétablissement du courrier de Rome.
Le fermier général des postes supplie très humblement Monseigneur de lui faire connoltre ses intentions à cet égard, c'est-à-dire s'il continuera de se refuser à correspondre avec Turin, jusqu'à ce que cette cour se soit expliquée, ou s'il écrira à M. Quey qu'elle ne sera rouverte que sur le pied où elle étoit avant la guerre, c'est-à-dire une fois par semaine par le grand courrier d'Italie et une fois par une estafette.
En vii« de w prémonir contre les ambitieux desseins qu'on prêtait à lacoar de Vienne eu Italie, on désirait à Versailles la conclusion d'une alliance intime arec la Sardaigne. Le comle de Vaulgrenant, uabassadeur du Roi en Espace, avait, peu de temps auparavant, eu à ce sujet à Madrid un échange de vues avec le chevalier Ossorio, run des ministres les plus influents de Charles-Emmanuel, et le diplomate piémontais avait exprimé lavis a qu'on devait se procurer " de part et d'autre des sûretés par un bon traité u.
Le marquis de la Chétardie fut chargé, en se rendant à son poste, d'engager discrètement, s"il le pouvait, des pourparlers sur cette matière avec le chevalier Ossorio, devenu depuis lors secrétaire d'Ëtat des Affaires Étrangères à Turin. Mats on dut bientôt constater que les débuts du marquis do la Chétardie a la cour de Charles-Emmanoel n'avaient pu faire disparaître les préventions qu'avait fait naître, dès le premier Jour, sa nomination. Entre lui et les ministres piémontais DO s'établit point la confiance aécessaire pour les échanges de vues intimes qn'on souhaitait. .
Le marquis de Puisieux crut trouver un remède & cette situation en chargeant M. de Chavigny', récemment nommé ambassadeur du
t. Anne-Théodora ChaTignai-d de Chmigny [IUST-1771), agent «cf"*" HoU»nde 11712-1713), noroyé eitrsordinaire i Oénea en 1718, enroyé en Espagne en il2î. (>oir lor celte mûsion de longs détails dans les Uëmoirts de Sainl-Simon), enTojé pré» le Roi Georges d'Angleierro (1733-172*), en»oj6 pris da la dlèia germoDique (lljS), cDro;â i Loadrei (1733), ambassadeur en Danemark de 1737 i 1739; de ITW i lits en Portagal ; de 1743 i 1745, ministre 4 Munich et il Francfort pris de l'Bmperear Charles Vil ; retourne en Portag»! sn 1 746 ; ambassadoor i Venise
m M. DE CHAVIGNY, 17B0.
Roi & Venise, de s'arrêter quelque temps à Turin, et de reprendre avec le chevalier Ossorio, qu'il connaissait de longue date, les entreliens que celui-ci avait eus à. Madrid avec le comle de Vaulgrenant.
\nne-Tliéodore Cliavignard de Chavigny était Hls d'un procureur de Beaune, et avait usurpé le nom deChavigny, Il s'attacha à la Tortune du cardinal Duhuis qui lui procura divers emplois imporlanls. Voici le portrait qu'en a laissé le duc de Sainl-Simon, juge sévère, comme on sait, à l'égard des parvenus :
i( Chavigny avait beaucoupd'esprit, d'art, de ruse, de manège, un n esprit tout tourné à l'intrigue, à l'application, à l'inslmction, avec « tout ce qu'il fallait pour en tirer parti : une douceur, une flatterie " fine, mais basse, un entregent merveilleux, et le tact très (in pour I' reconnoftre son monde, s'insinuer doucement à pas comptés, et ic juger très sainement de lâcher ou de retenir la bride, éloquent, bien " disant, avec une surrace de réserve et de modestie, maître absolu K de ses paroles et de leur choix, et toujours examinant son homme •< jusqu'au fond de l'&me. tandis qu'il tenait la sienne sous les enve- " loppes les plus épaisses, toutefois puant le faux de fort loin. Peru sonne plus respectueux en apparence, plus doux, plus simple, en « effet plus double, plus intéressé, plus effronté, plus insolent et Il hardi au dernier point, quand il croyoit pouvoir l'Clre. Ces talents " rassemblés, qui font une espèce de scélérat très méprisable, mais <• fort dangereux, font aussi un homme dont quelquefois on peut se " servir utilement, n
Plassan complète ainsi le portrait de ce diplomate : v M. de Cha- " vigny avait plus de sagesse que d'élévation el plus de bon sens que a d'imagination et de transcendance. Il se tirait des dangers, et « échappait aux insuccès par sa souplesfie, sa douceur et sa cour- " loisie, et en se rendant, autant qu'il le pouvait, l'ami de tout le H monde. »
n Son long séjour dans l'étranger, lui avait acquis de l'habileté « pratique, et une grande expérience qui lui tenait lieu d'étude. « H. de Chavigny, était très utile là où il convenait d'avoir un " ministre qui sût vivre en société et où il y avait des difficultés à se fl maintenir ■. •
en 1750 et en Suisse en t75t. Il monrut i Paris le 2(î féTiicr 1771. — Voir Rscueil de» inilruelioni aux ambatsadeurs en Portugal, p. 285, et Mémoires de BemU, 1, p. U3.
I. PtaaMn, l. V, p. iU, llb. Rappelons oncore sur Cbarign; ces appréciation> ds deui contemporaina ; " M. de Chavign; est un liomme de beaucoup d'esprit, et très habile àinx les iié||[ociatii)ns. u Journal de Barbier. ïl, p. 2iS. — • C'est un 1 homme doucereux et d'un esprit souple, de nul esprit, de nulle résolutioD, une ■■ Traie mie. qui a mal fait partout où il a M m^oyi. • Mfmoirn dt d'Argemim,
t. Vil, p. n.
MtKoiRE roc» som
TEKSE» ne RAnc. ulut vcMin »'al «crats K LA itrcmiucs k nsBc
AC Âr. roKÎ* OrMB. Htm, «Bk. T^k. aiL
Le aipor d>- Lhavigny dmal v«j«g*r fêr ten« poar a« reodri* à si (l«-«tiiulion. l'întcalÎBa te Bai eel que jos^'aux rroolirn>< de l'État de Vpoûe. o t a er r e râxajiu'fii par rapport au caractère d'ambaââadeur iJodI î) ot rtvtta. rt qo'il o'nige par conséquent aacuo bonMor : t) se coaleaI«T« ie dp pas refuser rem qu'on Tcadnnt loi rendre.
Domme les lU:i-ioiis d'amitié et de confiance que le sieur de Chavigny a forniées depuis longtemps arec le cbentlier Ossorio, secrétaire d'État du Boi de Sardai^e an départempol des Affaires étrangères, ponrroieol le mettre plus à portée
I. Cf. tltUliam adnMtét é M. U -«vyM d* Pm*ma* ^ê tiUeHMmt et tamf^me* fmtt.dt CAnifDf n( «mc M. U cieM&r Omtrw é an pmiat» à Twrim. a» il n( «irrfr* et «-«rrAfr ptiêtimtt* J^m^.M «cntntlW. AUnateMftm.Con- TwM. ToL CCXTIU. tel Ml.
Mri