H. DE CH&VIGNY. I7D
que personne àe s'entretenir familièrement avec ce ministre, le Roi prescrit au sieur de Chavigny de passer par Turin et (l'y demeurer quelques jours.
L'objet de ses conversations avec le chevalier Ossorio sera : 1° de lui expliquer quelles sont les intentions du Roi par rapport aux affaires géni5rales de l'Europe, et les dispositions particulières de Sa Majesté pour le Rot de Sardaigne; 2° de pénétrer, s'il est possible, quel est le système politique de la Cour de Turin relativement à la position actuelle des choses en Italie, et quelles sont ses idées et ses vues par rapport aux autres puissances et aux avantages qu'elle espéreroit de tirer de leur alliance suivant les circonstances dïfiférentes que les événements pourroient produire dans la suite.
Pour mettre le sieur de Ciiavigny en état de se procurer plus facilement et plus sûrement dos lumières à cet égard, il est bon qu'il soit informé des propos que le chevalier Ossorio, immédiatement après son arrivée à Madrid, tînt au comte de Vaulgrenant qu'il prévînt avec beaucoup d'empressement, de témoignages d'amité et de confiance, du moins apparente.
Le ministre piémontois, après avoir assuré à l'ambassadeur du Roi qu'il lui parleroit à cœur ouvert, lui dît : <i que les " sentiments de tendresse du Roi de Sardaigne pour le Roi et " pour le Roi d'Espagne prévaudroient toujours sur toute " autre considération dans les partis que ce Prince pourroit " prendre dans la suite ; que ces sentiments établis par les 1' liaisons intimes du sang étoîenl fortifiées par la connois- " sance que le Roi de Sardaigne avoit de ses véritables inté- " rets ; que ce n'avait été qu'avec une extrême répugnance '■ qu'il s'était vu obligé par le traité de Wonns à prendre des " engagements contraires à son inclination, et qu'il se serait H dès lors uni de toute préférence, avec les deux couronnes, " si des circonstances inutiles à rappeler ne l'avaient pas " entraîné nécessairement et malgré lui : qu'il avait de justes " sujets de crainte, et de méfiance de la cour de Vienne, et 'I qu'il sentait le besoin où il étoit de chercher des sûretés " pour ses possessions contre les vues ambitieuses et les pro- K jets dangereux de cette cour. Enfin, que le mniiage du duc