M. D'ARGENSON
Le traité de Cberasco du 31 mars 1631, qui avait attr Pignerol à la France, avait stipulé ' que cette Puissance verserait au duc de Mantoue, au nom du duc de Savoie, une somme représeataal la valeur des districts du Montferrat cédés par la m^me convention à ce dernier. Le traité de HUnster avait confirmé ces arrangements. Cependaul la maison de Mantoue, mécontente de ces stipulations, et soutenue par l'Empereur, avait jusque-là trouvé moyen d'empêcher leur mise à exécution en faisant ajourner l'investiture impériale pour les tiefs du Montferrat concédés à la Savoie, et en refusant de toucher le montant de l'indemnvté due par la France. D'Argensoo avait pour mission d'obtenir sur ces deux points le consentement du duc de Hantoue. Les troubles de la Fronde rendant, d'autre part, très difficile le ravitaillement des troupes françaises qui tenaient garnison & Casai, on avait dû se préoccuper à Paris de trouver un moyen de rendre celle place au due de Mantoue, tout en prenant les précautions nécessaires pour qu'elle 'lie tombât pas entre les mains des Espagnols. L'ambassadeur du Roi devait faire à ce sujet des ouvertures au duc Charles III. D'Argenson s'acquitta de cette première mission, au mois de décembre IGt-l. Son voyage à Mantoue ne produisit d'ailleurs aucun résultat'.
Pendant l'hiver, la situation de Casai devint chaque jour plus critique. Mazarin reculait devant la dépense qu'etit exigée le ravitaillement. Il fut bienlfjc évident que la ville ne puurroil résister & nn coup de force des Espagnols.
D'Argenson re(;ut l'ordre, au mois de juin 1652, de renouveler les démarches qu'il avait faites quelques mois auparavant '. Il partit de Venise le 8 juillet et eut à Révère et à Mantoue, sans plus de suMès qu'au mois de décembre précédent, diverses entrevues avec le duc Charles et avec son ministre Délia Valle. Ceux-ci se bornèrent adonner a d'Argenson de vagues assurances au sujet de Casai. L'événement prouva bieutAt combien il fallait peu s'y lier. Des troupes espagnoles
1- Vt>u:> le leite de l'ikrUcle du truté da Clierasco qui conleDail cette slipalition : Art. X. Et d'aatnnt que pour Tonder ta qunlqua juBtice l'eiclnsioa qui aer* raïto par Udil jugemeat â'ane pirtie dss revenus desdites terres, il aéra conveno. que ledil seigneur duc paiera en argent audit leignear duc de Mantono ce k quai ^p IroiiTCront monter tcsdils revenus exclue, dont l'eslimalion sera fute à trois pour cent pour ttie ce qui proviendra dudit paiement emp1o;t à l'acfaept de quelque terre Baurernine proche des Etala dudit seigneur duc de Mantoue, lesAts sieurs commissairoa promettent au nom de Sa Majesté en vertu du pouvoir qnlla ont de Sadile Majesté, dont la copie sera insérée dans ce présent traité, do pajer ladite somme Hudil seigneur duc de Manloue en son acquit, et de garantir ledil seigneur duc de Savoie d« la promesse qu'il aura faite pour ce sujet, et ce dans
!. Cf. Relation dti négocialîont de U. d'Ai'gensor,
AKureK étrangères, Corr. Venise, t. LÏX. foi. 87 et si