M. DU PLESSIS-BESANÇON
selon ses obligations celles du duc, son seigneur, et, ta trouvant accréditée et peu satisfaite, comme il est h croire, de sa bello-mère reconnue de tout temps partiale pour l'Espagne, faire comprendre à l'archiduchesse que, voulant être fran(;aise, comme autrefois cUc s'en était laissée entendre, elle peut espérer, faisant prendre le même parti au duc, que leur maison sera protégée en toutes sortes de rencontres de cette couronne, qui a cet avantage que sa gloire et son travail se bornent ù conserver les princes on la souveraineté et grandeur en losquelles Dieu les a fait naître.
Ne s'oubliera ledit sieur du Plessis de donner part de tout ce qu'il aura ménagé au sieur bailli de Valençay ' , ambassadeur de Sa Majesté à Rome, et, le plus souvent qu'il pourra, la tiendra soigneusement avertie du progrès de ses négociations et ne s'oubliera pas aussi entons les lieux oii les affaires de Sa Majesté l'auront conduit, d'y exposer le bon état présent de nos affaires, que ceux qui se sont soustraits de leur devoir ont déjk prouvé le peu d'assurance qu'on peut prendre aux promesses des Espagnols et que le public, détrompé des prétextes qu'ils avoient mis en avant, déteste leur conduite et leur emportement ; et il seroît difficile qu'un chacun n'entrât dans ce sentiment, ayant l'expérience des bénédictions continuelles que Dieu verae sur Sa Majesté, qui ne doit plus être considérée comme une plante naissante, mais qui, ayant pris son accroissement, est prùte de donner des fruits d'une saveur tout extraordinaire ; cl l'on voit reluire en sa personne toutes les vertus qui ont été souhaitées aux princes et que peu ont possédées. Et adroitement fera entendre aux mêmes que le gouvcmemcnl présent est si affermi que c'est se llalter que d'y espérer du changement. Sa Majesté ne se pouvant lasser de donner des témoignages continuels de l'amitié qu'elle a à la reine sa mère et de la rcconnoissance qu'elle doit avoir des soins qu'elle a pris du passé et qu'elle continue pour lui conserver, voire accroître l'Ëtat aussi puissant et aussi florissant qu'elle l'avoit reçu de la main du feu roi. Que si, en ces dernières années, la
i. Henri d'KsUuipcs- Valençay,
ralicr ol bailli de l'ordre d« Malt^i -1
fortune n*a pas secondé nos desseins, un chacun a vu que c*est la France qui s'est déchirée et pourtant restée assez puissante pour se défendre contre ses ennemis.
Ce que ledit sieur du Plessis mettra en avant avec telle délicatesse qu'il Fimprime et persuade ces vérités, ce qu'on se promet de son adresse et de sa suffisance.