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« faire venir l’eau à la bouche : il est temps que cela «finisse. Nous irons un jour déjeuner chez toi, le ca:
« pitaine et.moi, et nous verrons ce que c'est. » (C’est, :
je crois, vers 1801 qu'il me faisait cette agacerie,).« Très
« volontiers, Jui répondis-je, et vous l'aurez dans toute
« sa gloire, car c’est moi qui la ferai. Votre propos « tion me rend tout à fait ue Ainsi, à demain « dix heures, heure militaire ®,
Au temps indiqué, je vis arriver mes deux convives, £ rasés de frais, bien peignés, bien poudrés : deux petits = vieillards encore verts et bien portants.
Ils sourirent de plaisir quand ils virent la table prête, du linge blanc, trois couverts mis, et à chaque place deux douzaines ne huîtres, avec un citron luisantet doré.
Aux deux bouts de la table s’élevait une bouteille de vin de Sauterne, soigneusement essuyée, fors Le bouchôn, qui indiquait d’une manière certaine qu'il y avait longtemps que le tirage avait eu lieu. =
Après les huîtres, qui furent trouvées très tache : on servit des rognons à la brochette, une caisse de hi E: gras aux truffes, et enfin la fondue. STE
On en avait rassemblé les éléments dans une casse role, qu'on apporta sur la table avec un réchaud à … lesprit-de-vin. Je fonctionnai sur le champ de bataille, … et les cousins ne perdirent pas un de mes mouvements.
Ils se récrièrent sur les charmes de cette préparation et m'en demandèrent la recette, que je leur promis, tout en leur contant à ce sujet deux anecdotes. que le. lecteur rencontrera peut-être ailleurs. 2
Après la fondue vinrent les fruits de la saison et les confitures, une tasse de vrai moka fait à la Dubelloy, dont la méthode commençait à se propager, et en n deux espèces de liqueurs, un esprit pour DT et une huile pour adoucir.
1. Toutes les fois qu’un rendez-vous est annoncé ainsi, on doit servir à l'heure sonnante : les retardataires sont réputés. déserteurs.
Le déjeuner bien fini, je proposai à mes convives de
prendre un peu d'exercice, et pour cela de faire le tour
de mon appartement, appartement qui est lom d’être élégant, mais qui est vaste, confortable, et où mes amis se trouvaient d'autant mieux que les plafonds et les dorures datent du milieu du règne de Louis XV,
Je leur montrai l'argile originale du buste de ma jo-
lie cousine M° Récamier par Chinard, et son portrait
en miniature par Augustin ; ils en furent si ravis, que
le docteur, avec ses grosses lèvres, baisa le portrait, et
que le capitaine se permit sur le buste une licence pour laquelle je le battis; car si tous les admirateurs de l'original venaient en faire autant, ce sein si voluptueusement contourné serait bientôt dans le même état que lorteil de saint Pierre de Rome, que les pèlerins ont raccourci à force de le baiser.
Je leur montrai ensuite quelques plâtres des meil-
JTeurs sculpteurs antiques, des peintures qui ne sont pas.
sans mérite, mes fusils, mes instruments de musique
et quelques belles éditions tant françaises qu'étrangères.
Dans ce voyage polymathique, ils n'oublièrent pas ma cuisine. Je leur fis voir mon pot-au-feu économique, ma coquille à rôtir, mon tournebroche à pendule, et
= mon vaporisateur. [ls examinèrent tout avec une curiosité minutieuse, et s’étonnèrent d'autant plus, que chez eux tout se faisait encore comme du temps de la
régence.
Au moment où nous rentrâmes dans mon salon, deux heures sonnèrent. « Peste ! dit le docteur, voilà « l'heure du dîner, et ma sœur Jeannette nous attend « Il faut aller la rejoindre. Ce n’est pas que je sente « une grande envie de manger, mais il me faut mon « potage. C’est uné si vieille habitude, que quand je « passe une journée sans en prendre, je dis comme « Titus : Diem perdidi. — Cher docteur, lui répondis- « je, pourquoi aller si loin pour trouver ce que vous «avez sous la main ? Je vais envoyer quelqu'un à Îa
« cousine, pour la prévenir que vous restez avec moi, « et que vous me faites le plaisir d'accepter un diner « pour lequel vous aurez quelque indulgence, parce « qu’il n’aura pas tout le mérite d'un empromplu fait « à loisir.»
Il y eut, à ce sujet, entre les deux frères, délibéra- -
tion oculaire, et ensuite consentement formel. Alors j'expédiai un volante pour le faubourg Saint-Germain; je dis un mot à mon maître-queux ; et, après un in-
tervalle de temps tout à fait modéré, et partie avec. ses ressources, partie avec celles des restaurateurs voisins, il nous servit un petit dîner bien troussé et.tout à fait appétissant.
Ce fut pour moi une grande satisfaction que de voir le sang-froid et l’aplomb avec lequel mes deux amis. s’assirent, s’approchèrent de la table, étalèrent leur serviettes, et se préparèrent à agir. ES
Ils éprouvèrent deux surprises auxquelles je n'avais. pas moi-même pensé ; car je leur fis servir du parmes, san avec le potage, et leur offris après un verre de ma
dère sec. C'étaient deux nouveautés importées depuis
peu par M. le prince de Talleyrand, le premier de nos diplomates, à qui nous devons tant de mots fins, spirituels, profonds, et que l’attention publique a toujours suivi avec un intérêt distinct, soit dans sa puissance, soit dans sa retraite. à
Le dîner se passa très bien, tant dans sa partie subs-. tantielle que dans ses accessoires obligés, et mes amis y mirent autant de complaisance que de gaieté.
Après Le dîner, je proposai un piquet, qui fut refusé ; ils préférèrent le far niente des Italiens, disait le capitaine ;: et nous nous constituâmes en petit cercle autour de la cheminée. CARE
Malgré les délices du far niente, j'ai toujours pensé que rien ne donne plus de douceur à la conversation
u’une occupation quelconque, quand elle n’absorbe pas l'attention; ainsi je proposai,le thé.
Le-thé était une étrangeté pour ces Français de la
vieille roche; cependant il fut accepté. Je Le fis en leur présence, et ils en prirent quelques tasses avec d’autant plus de plaisir qu'ils ne l’avaient jamais regardé que comme un remède:
Une longue pratique m'avait appris qu'une complaisance en amène une autre, et que quand on est une fois engagé dans cette voie, on perd le pouvoir de refusér. Aussi c’est avec un ton presque impératif que je parlai de finir par un bowl de punch.
« Mais tu nous tueras, disait le docteur. — Mais, vous nous griserez. » disait le capitaine. À quoi je ne
répondais qu’en demandant à grands cris des citrons,
du sucre et du rhum,
Je fis donc le punch, et pendant que jy étais occupé, on,exécutait des rôties ({oasi) bien minces, délicatement beurrées et salées à point.
Cette fois il y eut réclamation. Les cousins assurèrent qu'ils avaient bien assez mangé, et qu'ils n’y toucheraient pas; mais comme je connais l'attrait de cette préparation si simple, je répondis que Je ne souhaitais qu'une chose, c’est qu'il y en eût assez. Effectivement, peu après le ‘capitaine prenait la dernière tranche, et
Je le surpris regardant s'il n’en restait pas ou si on
n'en faisait pas d’autres ; ce que j'ordonnai à l'instant.
Cependant Le temps avait coulé, et ma pendule marquait plus de huit heures. « Sauvons-nous, dirent mes « hôtes ; il faut bien que nous allions manger une « feuille de salade avec notre pauvre Sœur, qui ne nous « à pas vus de la Journée. »
À cela je n'eus pas d’objection ; et, fidèle aux devoirs de l'hospitalité vis-à-vis de deux vieillards aëssi aimables, je les accompagnai jusqu'à leur voiture, et je les vis partir.
On demandera peut-être si l'ennui ne se coula pas quelques moments dans une aussi longue séance.
Je répondrai négativement : l'attention de mes convives fut soutenue par la confection de la fondue, par
le voyage autour de l’appartement, par quelques nou-
SAVOIR MANGER veautés dans le diner, par le thé, et surtout par le punch, dont ils n'avaient jamais goûté.
D'ailleurs le docteur connaissait tout Paris ‘par gé-. néalogies et anecdotes; le capitaine avait passé une partie de sa vie en Italie, soit comme militaire, soit comme envoyé à la cour de Parme; j'ai moi-même beaucoup voyagé; nous causions sans prétention, nous écoutions avec complaisance. Il n’en faut pas tant pour que le temps fuie avec douceur et rapidité, = Le lendemain matin, je reçus une lettre du docteur :. il avait l'attention de m’apprendre que la petite dé- : bauche de la veille ne leur avait fait aucun mal: bien Se au contraire, après un sommeil des plus heureux, ils. s'étaient levés frais, Æisposêt.prêts à recommencer.
Aphorismes du professeur.
Dés sons. . . . + . ‘ .
Perfectionnement des sens
ë a Du goût. .
Mécanique du goût . . . . .
Des saveurs: 5. -, Influence de l’odorat sur le goût.
Analyse de la sensation du goût .
… Ordre des diverses impressions du Suprématie de l’homme «+ . « +
PE Dé ja gastronomie. . . … + + + «+.
Définition de la gastronomie. . . , ‘ . .
Influence de la gastronomie dans les affaires,
De l'appétit. . . . . .
Grands appétits + « ,
Des aliments on général
Définitions . . . , Des volailles . « , . .
"Du codd'Indé, , .
Du gibier . .
HU POISSON TT NT Te al
De la vertu érotique des truffes DSC LO EC ur ee Divers usages du sucre . . .
Origme ducalé 2er Diverses manières de faire du ché Bfetsedu Cale: En Du chocolat, son origine. . +. .
Propriétés du chocolat. . . . .
Théorie de la friture.
CHIMIE 2e
De la soif . . . .
Causes de la soif.
Des boissons . . .
Boissons fortes .
De la gourmandise. . . . .
Pouvoir dé la gourmandise + . : re Les femmés sont gourmandes . RES fnfluénce de la gourmandise $ur le bonheur conjugal. Des gourmands -. . + . +. «+ + + . .
Gourmands par état -. Pre 2 Longévité annoncée aux gourmands . :
Eprouvettes gastronomiques.
Du plaisir de la table. . . .
Origine de la table . . . ; xvau° et xrx° siècles,
GHARLES COLIN
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