SAN G ALLO
Dans le Grand Conseil, les nobles sont les maîtres. Par la sainte couronne d'épines ! Il ne faut pas que le Grand Conseil puisse juger l'affaire, ou Florence est perdue !
BELMONTE
Voyons, Taddei, ôtes-vous certain d'avoir bien vu?
TADDEI
Ils étaient trois, vous dis-je. Mais le président avait le visage enflammé et parlait avec violence. Peut-être était-ce de l'indignation.
BELMONTE On verra bien.
TADDEI Chut, le voici.
MARTINI {entrant)
Dieu vous garde, Seigneurs juges! Vos collègues Mosso et Lorfano seront ici dans un instant. Je les ni laissés dans la cour où Messire Vespucci discute
avec eux un point de droit. Pour moi, je n"ai pas voulu demeurer plus longtemps dans la compagnie du défenseur des traîtres.
sriNl Dieu merci! Vous parlez comme il faut.
MARTINI En douter serait me faire injure.
SANGALLO A la bonne heure ! A la bonne heure ! Que je vous serre la main ! Plus nous serons unis et moins il y aura de danger. Je suis sur que ces canailles d'enragés tâchent de susciter quelque défection pirmi nous pour effrayer les autres. Il ne faut pas que ct-la soit, mes chers collègues. L'union, vous dis-je, l'union et le courage.
BONCORSI Que diantre! Mon courage n'a pas besoin de s'appuyer sur autrui.
BELMONTE
Ne nous appesantissons pas là-dessus, je vous prie. L'heure marche. L'audience devrait déjà être
ouverte. Faisons appeler nos collègues et messire Vespucci.
MARTINI
Vous conviendrait-il de vous charger de ce soin?
BELMUNTE
Volontiers. [Ouvrant la porte.) Holà ! que l'on aille chercher les seigneurs Mosso et Lorfano ! Appelez l'avocat Vespucci. Avertissez aussi l'illustre gonfaloijnier de la République, messire Francesco Valori.
SANGALLO Oh! oh! Entendez-vous? on se bat sur la place.
SPINI ET TADDEI Voyons !
BONCORSI Ouvrez la fenêtre.
BELMONTE Qu'y a-t-il? [Cris au dehors.)