‹ Savonarole; drameChapitre 29 sur 35 · LUCA DEGLI ALBIZZI · texte numérisé non relu

LUCA DEGLI ALBIZZI

Le peuple est furieux. Ses appétits sanguinaires sont éveillés; il lui faut de la chair humaine. C'est ici qu'il viendra la chercher. Sachons regarder en face le visage terrible de la réalité. Le péril est pressant. Il faut aviser sur l'heure.

Quelques bandes d'émeutiers ne font pas le peuple. Le peuple est bon et juste. On l'a trompé. Fai-

sons appel à sa loyauté : il reconnaîtra son erreur et ses véritables amis.

LUGA DEGLI ALBIZZI

Des phrases! Attendez-vous, à tout moment, à voir ces murs attaqués par la populace.

SACROMORE

Ces murs sont solides et nous saurons les dé- . fendre.

LUGA DEGLI ALBIZZI

Si vous vous laissez attaquer, vous êtes perdus. La Seigneurie favorise nos ennemis. Les enragés ne laisseront point passer l'occasion de commettre impunément un attentat contre le frère Jérôme, qui est excommunié, et contre ce cloître rempli de ses complices. Il n'y a de salut que dans une action foudroyante Prenons les armes. Attaquons les premiers. Terrifions les partisans des Médicis par une agression soudaine et défaisons-nous définitivement de leurs chefs.

i8i SAVONAROLE

Des violences! Des meurtres ! Ce n'est pas ainsi qu'on défend la cause de Dieu.

VALORI

Je n'y consentirai jamais. Cent fois j'ai exposé ma vie pour doter Florence d'un gouvernement libre et honnête Je ne veux être ni un rebelle ni un spadassin.

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