‹ Saynétes et comédiesChapitre 285 sur 294 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Certains jours de printemps, quand l'oranger en fleur Parfume nos jardins de sa molle senteur; Quand de son chant si pur et si doux, Philomèle Appelle dans les bols sa compagne fidèle.

Soudain, je retrouvais un élan de bonheur; Un rayon de soleil me traversait le cœur...

Puis, dans ces heures-là, c'est une étrange chose , Je pleurais sans chagrin et j'espérais sans cause. J'attendais je ne sais quel grand événement; Et mon cœur tressaillait, plein d'attendrissement.

CLÉON

Et compris-tu jamais cet étrange mystère?

CLÉAHTHIS.

Jamais... A mon époux je contais ma chimère.

■ Enfant, me disait-il, ce sont là fictions,

» Fantômes mensongers, imaginations!

« Quelque part cependant seront réalisées

• Tes belles visions... c'est aux Champs-Elysées, n

CLtiOH, * jtiirt.

Perfide Cratinusl

GLÉAniais.

J'y vais donc sans regret.

Par le dieu des enfers, Cratinus te trompait. Tes rêves, Cléanthls, crois-moi, sont de la terre; lia venaient t'Invlter au plus charmant mystère, Le mystère d'amour,

CLÉAHTHIS.

Hais j'aimais mon époux.

CLÉON

Non, tu croyais l'aimer... D'un sentiment si doux Un vieillard n'est pas digne.

■■■. ,GoogIe

401 LA MATRONE D ÉPilÈSE.

CRÀTIKÏÏS, * put.

Ah! mais...

CLÉOIT.

Or, en menaça Ton mari t'apportait le double de ton âge.

CLÉiHIHIfl, UmMtmeai.

Plus du double.

CRiTIHnS.

Elle aussi 1

OLIOK.

De plus, il était laid, Car 11 était fort laid.

CLÉÀÎITHIS.

Surtout quand 11 dormait.

GoM àètespérè do Cmlnni.

CLÉOS.

Et tn n'avais pour lui que de la déférence, Que tu nommais amour, dans ta chaste ignorance. Tu l'aimais comme on aime un oncle, un ascendant; Mais ce n'est pas ainsi que l'on aime un amant. Ce rusé Cratlnus caressait ta méprise.

CRATinUS, i parl- MaiS ce gueux de Cléon me la démoralise!

CLËAHTHIS, rÈTBOM.

Un amant!... mon cousin, qu'est-ce donc que l'amour I

CL£OH, ïpièi nn silenoo.

Cest un doux entretien A la chute du jour,

Lorsque la nuit commence à couvrir les vallées, Bt qu'on s'égare à deux dans les sombres allées. Cest un aveu secret, et que l'on fait bien bas, Pour que l'écho bavard ne le répète pas.

U prend la dmId da ciéuntMi.

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