SCÈNE III
ÂNIOUTA, seule.
Un duel!.. . J'en étais sûre!... Mais pas pour une femme... Pour une autre!... Ah! je ne l'aimerais plus... Ne pas l'aimer!... Qa'ai-je dit?... Je l'aime donc?... Eh bien! oui!... malgré son titre de tuteur, malgré son indifférence, simulée peut-être!... Malgré tout cela, je l'aime... je le sens... je ne Tai jamais senti comme aujourd'hui... Lui, blessé!... Lui, mort peut-être... mais j'en mourrais, moi! Une affaire d'honneur!... Un propos malveillant lancé au hasard de la causerie, dans la fumée du cigare... et s'égorger pour cela! L'honneur... voilà un grand mot que les hommes ont toujours à la bouche... j'en connais un plus doux que nous autres femmes nous avons dans le cœur. (Écoutant.) Des pas... Lui sans doute... (Regardant la pendule.) Plus qu'uu quart d'heure à moi... Le voici!...
Elle s'asseoit sur la chaise-longue, prend un livre sur la table, et a Tair de lire attentivement. — Pend nt toute la scène suivante, elle ne cesse de regarder la pendule à la dérobée.