SCÈNE XVI Les Mêmes, Là MARQUISE, LUDOVIC
LÀ MARQUISE
Voilà donc l'heure du jugement solennel; les accusés sontils présents?
LUDOVIC
Voici mes vers, ma cousine; et franchement, je n'ai jamais fait mieux.
LÉON
Voici les miens, ma tante.
2*4f UN COUSIN DE PASSAGE
LA MARQUISE
C'est moi qui vais lire. Je commence par les vers de Léon. Ecoutez, Ludovic; et toi, Berthe, sois grave comme un juge.
Elle lit.
Non, je ne raimais pas, si rameur, c'est la fièvre, Si c'est l'âpre désir précipitant nos pas ; Si c'est l'orgueil au front, le mensonge à la lèvre Et l'égoïsme au cœur... Non, je ne t'aimais pas.
Eh! eh! ce n'est pas trop mal... Qu'en pensez-vous, Ludovic?
LUDOVIC
En eflFet, c'est fort bien... mais permettez que je voie unpeu, (il regarde le papier.) Oh! oh! qu'est-ce quo j'aperçois? Des corrections, des ratures, des surcharges, et qui ne sont pas de la même écriture! On vous a aidé, monsieur Léon • la partie est nulle.
BERTHE
Mon cousin, c'est moi qui ai aidé Léon.
LA MARQUISE
Oh! en ce cas, Ludovic, vos affaires vont mal. Un colla-
SrJT'""*^*' ^''' ^ '''' '^"^P^^^^- Résignez-vous donc. D ailleurs U y aura pour vous une compensation : je vous rends les vers que vous venez de faire pour Berthe- ils pourront vous servir pour une meilleure occasion. '
LUDOVIC
£.?' 'l ri?. *'"■* ^'""*'' P"""" °°' •'^ ^^°°'^e occasion. (Béfléch.s3ant.)Nimporte! Donnez tout de même!
FI5 d'dr cousin db passagi
LA
PAR
M. ERNEST DEPRÉ
LA
On vient de demander ma main.
Qui? Je ne sais pas :... un jeune homme.
Il reviendra savoir demain
Si je veux lui donner ma main.
J'ai fait la moitié du chemin ;
Je n'ai pas dit oui... c'est tout comme :
Je ne puis refuser ma main
Qui fait envie à ce jeune homme.
Est-il blond, brun, joli garçon?...
Ce n'est pas, dit-on, mon affaire.
Je l'épouserai sans façon, Blond, brun, vilain ou beau garçon, c L'air ne fait jamais la chanson 1... »
M'a dit maman d'un ton sévère ; « Qu'il soit vilain ou beau garçon, » Un époux fait toujours l'affaire. »